Mediapart : mes doléances et mes condoléances

Comme il apparaît clairement que, pour d'obscures raisons censées favoriser la participation, la demande de nombreux contributeurs réclamant l'autogestion des commentaires sur leurs billets restera lettre morte, l'annonce par MDP de mirifiques changements m'est plutôt équilatérale. J'adresse néanmoins mes condoléances à tous ceux qui comme moi, avaient cru possible, voire souhaitable, d'être traités en adultes responsables et capables de modérer les ardeurs envahissantes des divers trolls et propagandistes qui sévissent sur les fils. Le bandeau stipulant que MDP n'est en rien responsable des commentaires qu'il laisse publier nous confirme d'ailleurs que tel Ponce Pilate, il s'en lave les mains.

Toutefois, étant depuis toujours du côté des minoritaires et ayant peu de goût pour la participation façon Facebook, où le nombre de "followers" et de "like" tient lieu d'identité et de pensée, je trouve intéressant d'aborder la question des contacts du point de vue de ceux qui, pour des raisons personnelles, professionnelles ou même par principe, ont choisi l'option "O contact".

Quelle forme de participation peuvent donc espérer ceux qui, croyant qu'un billet devrait pouvoir susciter l'intérêt en fonction de ses qualités propres et non du soutien systématique de nombreux contacts ? Devront-ils, pour être lus, renier leurs valeurs et s'empresser d'étaler une liste de contacts allant d'Edwy Plenel aux contributeurs les plus influents, les mieux organisés, les plus actifs ou les plus omniprésents ? Est-il encore permis de poser la question ou faut-il déja préparer une petite nécro ?

Quel espace participatif restera-t-il à ceux qui n'ont rien à vendre et qui, loin du prosélytisme, veulent simplement proposer ou faire découvrir des plaisirs simples et des moments ludiques ? Je crains fort que le "qu'ils reposent en paix" ne soit leur seul horizon.

Enfin, et pour revenir au positionnement politique, j'avoue que j'ai de plus en plus de mal à constater que mon abonnement permet aussi d'offrir une tribune quotidienne à tous les extremismes, de gauche comme de droite, qui appellent à l'abstention et favorisent de fait l'avènement du F.N.

Dit autrement, je me sens sur ce site "comme un manouche sans guitare", comme un sans voix parmi les sans voix, comme un migrant en partance.

Alors oui, condoléances à Mediapart : l'entreprise commerciale a fini par enterrer l'espoir d'un media à part.

Dommage, c'était un beau rêve.

 

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