Avec la nouvelle version ( revue et augmentée) d’un de ses anciens ouvrages, Marina Yaguello confirme la réponse affirmative à cette question. Le sous-titre « Pourquoi marmotte n’est pas le féminin de marmot et autres curiosités de genre » suffira à rassurer ceux que les exposés universitaires rebutent. Son lectorat sait d’ailleurs à quoi s’en tenir depuis qu’elle prit soin de déclarer :
« C’est en découvrant les travaux de l’Ouvroir de littérature potentielle (Oulipo) que je me suis convaincue que la langue n’était pas seulement du ressort des linguistes, qu’elle était décidément du côté du jeu. Les travaux de l’Oulipo (…) constituent une réflexion linguistique authentique, dans laquelle la théorie se cache derrière le jeu. Les Oulipistes (sic) sont sans doute des linguistes plus vrais que les vrais car la langue n’est pas pour eux un simple objet d’analyse abstrait. »
On en trouvera un succulent exemple à l’entrée « vertu », ainsi commentée par Marina Yaguello :
" Vertu ( du latin virtus « mérite de l’homme » )
On voit que le sens étymologique s’est perdu. Seules les filles perdent leur vertu. Seules les femmes l’ont petite."
Il sera aussi possible, au fil des pages, d’apprivoiser des mots qui sonnent étrangement. Ainsi du style hypochoristique qui, en dépit de sa drôle de musique, sert à exprimer une intention affectueuse. Par exemple : alors, on a bobo à ses mimines ? Et on saura tout sur les mots épicènes qui, d’après moi, sont au langage ce que la bisexualité est aux rapports.
Après cette passionnante et réjouissante lecture, il m’est venu une idée.
Comment faire pour créer des équivalents masculins aux mots définitivement féminins ?
Le masculin de virago, par exemple ? Ou de pétasse ?
C’est parce qu’ils n’existent pas qu’il est possible de les inventer.
On essaye ?