Pointvirgule
Une parmi d'autres
Abonné·e de Mediapart

85 Billets

1 Éditions

Billet de blog 10 mai 2015

LA VIE DES MOTS (Version 2.0)

Pointvirgule
Une parmi d'autres
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Autant  le dire cash : personnellement question vocables, j’ai une position irrévocable, avec tendances irrévérencieuses.  Aux antipodes d’Etiemble et de son « Parlez-vous franglais ? » qui, rappelle Claude Hagège, « dénonçait comme une invasion l’afflux des termes étrangers en français », je préfère l’expression libre et vivante qui, irriguée par les trouvailles langagières, donne sève et vigueur à la langue d’ici.

Faudrait-il, pour apaiser les nostalgies et « sauver  la vraie langue des vrais Français », rétablir les frontières linguistiques ? Opérer une sorte de protectionnisme bannissant toute introduction de mots « NOT made in France » ? J’espère bien que non. Parce qu’il y a là-dedans une dimension plutôt réac qui frôle dangereusement le «  On est chez nous ! » d’une famille dont on parle beaucoup ces temps-ci et évoque, c’est funeste, l’épopée des Atrides.

Alors oui, j’ose le dire, j’aime voir vivre les mots quand ils viennent bousculer la syntaxe, malmener la grammaire et offrir des lectures multidirectionnelles. J’ai trouvé formidable, par exemple, que quelqu’un, un jour, traficote un superlatif pour mettre en circulation les formules «  moins pire/ plus pire » qui, après moult réactions outragées ont fini par entrer dans l’usage (ou presque) en gagnant en concision.

Je ne suis pas choquée de lire ces expressions qui parlent toute seules  et donnent l’image avec le son : « un truc de la mortkitue », « il m’a pas calculée », « tu vas prendre cher », « ça me gave grave », etc.

Les temps changent : les mots le disent. Faudrait-il rester sourd ?

D’autant que ces expressions nouvelles jettent un regard impitoyable sur les tendances de la société d’aujourd’hui. Sa violence, notamment, avec les très employés «  c’est une tuerie !,  c’est mortel !, ça déchire ! », ou le consumériste galopant : être ou ne pas être « client » de tel ou tel artiste ou parti politique. Ou encore le célèbre « trop » qui, de négatif, est  étrangement devenu hyper positif. Avec le  « c’est trop bon ! » ou trop génial, l’orgasme se relativise et devient quasiment obligatoire.  Et la liste est longue...

Les mots disent nos maux et tels les miroirs  nous renvoient notre image. Mieux vaut s’y faire et, plutôt que de croire que nous les maîtrisons, admettre que nous sommes parlés par eux.

Cela étant, il peut m’arriver, en cas d’urgence, d’utiliser sans frémir l’imparfait du subjonctif. Et me servir des couverts à poisson si nécessaire ne me semble pas ressortir de la trahison de classe.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Comment combattre l’enracinement du Rassemblement national
Guillaume Ancelet et Marine Tondelier, candidats malheureux de l’union de la gauche dans des terres où l’extrême droite prospère, racontent leur expérience du terrain. Avec l’historien Roger Martelli, ils esquissent les conditions pour reconquérir l’électorat perdu par le camp de l’égalité. 
par Fabien Escalona et Lucie Delaporte
Journal — Parlement
Les macronistes et LR préfèrent les amendes à la parité
Moins de femmes ont été élues députées en 2022 qu’en 2017. Plutôt que respecter les règles aux législatives, des partis ont préféré payer de lourdes amendes : plus de 400 000 euros pour Ensemble, et 1,3 million pour Les Républicains, selon nos calculs. Certains détournent aussi l’esprit de la loi.
par Pierre Januel
Journal
La nomination d’Éric Coquerel suscite une polémique parmi les féministes
Plusieurs militantes ont affirmé que le député insoumis, élu jeudi président de la commission des finances, a déjà eu un comportement inapproprié avec des femmes. Mais en l’absence de signalement, aucune enquête n’a abouti. L’intéressé dément, tout en admettant avoir « évolué » depuis #MeToo.
par Lénaïg Bredoux et Mathieu Dejean
Journal — Éducation
Au Burundi, un proviseur français accusé de harcèlement reste en poste
Accusé de harcèlement, de sexisme et de recours à la prostitution, le proviseur de l’école française de Bujumbura est toujours en poste, malgré de nombreuses alertes à l’ambassade de France et au ministère des affaires étrangères.
par Justine Brabant

La sélection du Club

Billet de blog
Les services publics ne doivent pas être les victimes de l’inflation
L’inflation galopante rappelle que le monde compte de plus en plus de travailleurs pauvres dans la fonction publique. Les Etats ont pourtant les moyens de financer des services publics de qualité : il faut faire contribuer les plus riches et les multinationales.
par Irene Ovonji-Odida
Billet de blog
L’inflation, un poison qui se diffuse lentement
« L’inflation est un masque : elle donne l’illusion de l’aisance, elle gomme les erreurs, elle n’enrichit que les spéculateurs, elle est prime à l’insouciance, potion à court terme et poison à long terme, victoire de la cigale sur la fourmi », J-Y Naudet, 2010.
par Anice Lajnef
Billet de blog
Pourquoi les fonctionnaires se font (encore) avoir
3,5 % d'augmentation du point d'indice, c'est bien moins que l'inflation de 5,5%. Mais il y a pire, il y a la communication du gouvernement.
par Camaradepopof
Billet de blog
Oui, l’inflation s’explique bien par une boucle prix – profits !
Il est difficile d’exonérer le patronat de ces secteurs de l’inflation galopante. C’est pourquoi les mesures de blocage des prix sont nécessaires pour ralentir l’inflation et défendre le pouvoir d’achat des travailleurs. Par Sylvain Billot, statisticien économiste, diplômé de l’Ensae qui forme les administrateurs de l’Insee.
par Economistes Parlement Union Populaire