Grisé par les aimables commentaires suscités par les brefs résumés des chapitres d'un récent feuilleton paru ici même dont je lui avais confié la rédaction, le jeune Totor (10 ans) s'est pris au jeu et souhaite maintenant "revisiter" certain classiques de la littérature pour enfants. Comme je ne voudrais pas décourager une si louable et si précoce vocation littéraire, c'est bien volontiers que je le laisse s'exprimer.
Le petit chaperon rouge
Pour commencer, faut comprendre que ça se passe à l'époque des antiquités. Qui c'est qui voudrait qu'on l'appelle " sweat à capuche rouge", aujourd'hui ? Et puis alors, question débrouille, c'est pas ça non plus. Elle pouvait pas les faire livrer, la galette et le petit pot de beurre ? Après, on décongèle et c'est réglé. Pas très fute-fute, la gamine.
Donc, elle va voir sa grand-mère malade et, en chemin, elle rencontre un loup. Déjà, ça sent l'embrouille et elle aurait dû faire gaffe. Même le soldat de "Danse avec les loups" il s'approche pas trop. Mais non, elle, elle lui déballe tout : le nom, l'adresse ... pourquoi pas le numéro de portable, tant qu'elle y est ? Ah, les filles !
Le loup, pas bête, il lui dit : "Tiens, on va faire la course", parce qu'il sait bien qu'il court plus vite. Et elle, elle tombe dans le tonneau - vu qu'elle a pas inventé l'eau tiède, ni le fil qui coupe le beurre.
Pendant qu'elle perd du temps à faire des bouquets et à essayer d'attraper des papillons (encore des trucs de quilles, ça !), le loup pique un sprint et arrive bien avant elle.
Après, c'est fastoche, il répète bien comme il faut la formule cabilastique, la porte s'ouvre et il s'avale la Mère Grand comme s'il se goinfrait un "Big Mac". Il avait rien mangé depuis 3 jours, alors il avait trop faim.
Et voilà l'autre neu-neu qui arrive enfin et qui toque à la porte. Le loup, il lui récite les formules cabilastiques et - Bingo ! - elle retombe dans le tonneau. Mais le meilleur de l'histoire, c'est quand le loup lui dit : " Tiens, viens donc te coucher dans mon lit". Et l'autre pomme, là, au lieu de se dire : "ce serait pas un pédo-fille, ce loup-là ?", elle y va direct !
En fait, le meilleur, c'est après. Elle est quand même surprise, la fille à la capuche rouge, et elle lui fait remarquer tout ce qui va pas : les grands bras, les grandes oreilles, les grands yeux, les grandes dents... enfin tout trop grand et pas tellement ressemblant. Elle aurait mieux fait de s'acheter des lunettes chez Ouaflelou, je trouve !
Mais le loup, il s'affole pas et il lui balance des explications à la gomme qu'elle gobe comme une bêtasse qu'elle est !
Alors fatalement, à la fin, comme il a encore faim, il la croque ...
La morale de cette histoire, c'est que c'est bien fait pour elle. Ca lui apprendra à nous faire passer pour des canards de sauvages, nous, les enfants. Parce que franchement, des tarées comme elle... ça n'existe plus !