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Billet de blog 18 juin 2021

Les assemblées de Loire, du 09 au 12 septembre 2021 dans le Val de Tours

Et si, pour la première fois en Europe, un fleuve avait la possibilité de s'exprimer ? Et si on imaginait des institutions interespèces pour réinventer notre rapport au vivant ? Quatre jours d’expériences entre arts, sciences et droits de la nature pour se mettre à l'écoute du fleuve.

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L’Assemblée immatérielle, une installation de l'artiste Zazü © Françis Vautier/Mission Val de Loire

Se mettre à l’écoute, cohabiter avec le fleuve, reconnaître la Loire : l'événement des assemblées de Loire

Un événement à l’initiative du POLAU-pôle arts & urbanisme

Les assemblées de Loire sont un rendez-vous public à Tours - du 9 au 12 septembre - proposant débats, expositions, performances artistiques et parcours pour se mettre à l’écoute du fleuve. Cette manifestation s’inscrit dans la démarche du parlement de Loire, un ensemble d’initiatives arts et sciences pilotées par le POLAU pour une reconnaissance du bassin versant. Fédérant des acteurs ligériens*, Les assemblées de Loire sont mues par cette volonté́ de “faire ensemble” pour se relier au fleuve et expérimenter nos interdépendances avec la Loire. Lors de cet évènement est présenté Le fleuve qui voulait écrire, ouvrage instituant issu des auditions pour un parlement de Loire et piloté par l’écrivain Camille de Toledo. Le texte est porté symboliquement par des mariniers sur une flotte de trente bateaux remontant la Loire.


* La programmation des assemblées de Loire s’élabore avec la Mission Val de Loire, la Rabouilleuse-École de Loire, le Petit monde, l’Université Populaire de Tours et de la Terre, la Maison des Sciences de l’Homme Val de Loire et est orchestrée par le POLAU-pôle arts & urbanisme.

Frédérique Aït-Touti et Bruno Latour lors des premières auditions du parlement de Loire © Apolline Fluck/POLAU

Débattre [tables-rondes + rencontres + plateau-radio]

Les assemblées de Loire sont une invitation à prendre le temps de penser et renforcer nos attachements à l’écosystème du fleuve à travers des tables rondes (avec des représentants de collectifs en lutte, des juristes de Notre Affaire à Tous mais aussi des anthropologues, des artistes, des écologues...), des ateliers débats (réflexions et discussions sur les droits de la nature ou de la Pachamama avec l’Université Populaire de Tours et de la Terre) ou encore des récits (expérience de dérive en radeau des Êtres Loire, un collectif de paysagistes - avec la Mission Val de Loire).
 

Habiter [expositions + installations + cabanes]

Les assemblées de Loire offrent une programmation pour renouveler notre regard sur le Val de Loire et apprendre à cohabiter avec le fleuve grâce à des installations dans l’espace public (Loir-ama de François-Xavier Richard, Cabane par les designers Alice et Nicolas Stadler) et des expositions telles que “Regards de Loire” au Château de Tours, “La couleur de l’eau” par Nicolas Floch à Eternal Gallery ou encore “Les Portants” par Natalia Jaime-Cortez au Prieuré de Saint-Cosme.
 


Expérimenter [ateliers + workshops]

Tester et inventer des nouvelles manières d’être avec le fleuve est une des ambitions des assemblées de Loire grâce à une programmation d’ateliers (cercle de justice restaurative avec le GARN - Global Alliance for the Rights of Nature), de lecture performée (Le chant-qui-soigne du peuple Loire par l’Université Populaire de Tours et de la Terre), de dispositifs ludiques (Les faiseurs de Loire par la Rabouilleuse) et d’œuvres immersives (Fusions, une plongée dans le fleuve mise en son et en mots par les artistes Manolo Chrétien, Bernard Chauvet et Boris Jollivet - sur une proposition de la Mission Val de Loire).
 

Se déplacer [navigations + déambulations + parcours]

Habitué à surplomber le fleuve, le public est invité à descendre à sa rencontre grâce par des balades et de visites : un parcours land art (Assemblée immatérielle par l’artiste Zazü), une excursion dans les coulisses de l’eau (avec les services techniques de la Métropole de Tours), une découverte à vélo sur le risque inondation (avec la Maison des Sciences de l’Homme Val de Loire) mais aussi des tyroliennes et des sessions de grimpe d’arbre (par La Rabouilleuse-École de Loire).
 
Fêter [bal + cinéma + banquet]

Ces quatre jours d'événements sont rythmés par l’arrivée-départ des mariniers – porteurs d’une « constitution à venir » avec l’ouvrage Le fleuve qui voulait écrire… . Apéritifs musicaux, banquet, scénographies des bateaux pour fêter le franchissement du pont ou encore un bal sur l’Ile Aucard sont autant de propositions joyeuses pour fêter la Loire (avec La Rabouilleuse, Le Petit Monde, Voiles de Loire...)
 
 
 

Paysage de Loire © Bruno Marmiroli/Mission Val de Loire


Le fleuve qui voulait écrire, l

e texte fondateur issu des auditions du parlement de Loire, sous la direction de Camille de Toledo 

D'octobre 2019 à décembre 2020, une commission constituante se voit confier la charge d’accueillir les éléments de la nature dans les enceintes humaines. Au nom du fleuve Loire (refaire loi, refaire Loire), les membres de la commission du parlement de Loire auditionnent des philosophes, des anthropologues, des biologistes, des juristes, des artistes pour réfléchir à une constitution où les éléments naturels accéderaient au statut de sujets de droit, et participeraient à la définition des règles de la vie commune.

Cet ouvrage constituant de 500 pages, dévoilant l’ampleur d’un soulèvement légal terrestre, donne à lire ces auditions pour un parlement de Loire et les premières pistes d’un changement institutionnel de grande ampleur. Sous la direction de Camille de Toledo, étoffé d’un vaste appareil critique, outillé et complété par les juristes de Notre Affaire à Tous, Sarah Vanuxem, Christine Marcandier (écopoétique), Pauline Briand (éco journalisme) et Oiara Bonilla (anthropologie), cet ouvrage est un socle pour penser de nouvelles institutions : la première saisie d’ampleur d’un mouvement qui voit des rivières, des lacs, des forêts accéder au statut de « sujets de droit ».
 

L’approche juridico-fictionnelle développée au fil des années par Camille de Toledo, choisie par le POLAU pour mettre en mouvement le territoire et se ré-attacher au fleuve, offre des puissances d’agir aux milieux et à celles et ceux qui souhaitent recoudre les fils distendus entre humains et monde naturel. Elle est une narration d’avenir qui ouvre la voie à une constellation de projets contributifs et génère des ondes d’intérêt de la part de groupements et d’organisations territoriales en charge de la gestion du fleuve et des transitions écologiques.


Les membres de la commission : Stéphane Cordobes (conseiller-expert à l’ANCT-Agence Nationale de la Cohésion des Territoires et enseignant-chercheur, associé à l’École Urbaine de Lyon), Pascal Ferren (philosophe et urbaniste), Bruno Marmiroli (paysagiste, directeur de la Mission Val de Loire), Joan Pronnier (Cheffe de projet COAL art et écologie), Virginie Serna (archéologue subaquatique), Lolita Voisin (Paysagiste, Directrice de l’École de la nature et du paysage de Blois-INSA Centre Val de Loire)
 


Les auditionné·es : Bruno Latour (sociologue), Frédérique Aït-Touati (metteuse en scène), Jaques Leroy (juriste), Jean-Pierre Marguénaud (juriste), Catherine Larrère (philosophe), Catherine Boisneau (écologue), Valérie Cabanes (juriste), Matthieu Duperrex (artiste et philosophe), Gabrielle Bouleau (socio-politiste), Sacha Bourgeois-Gironde (chercheur en sciences cognitives), Marie-Angèle Hermitte (docteur en droit).
 
  

Le parlement de Loire, une démarche territoriale

pour une fiction institutionnelle et une reconnaissance juridique 

En 2019, dans le cadre du programme artistes-ingénieurs·es GÉNIES-GÉNIES, le POLAU, laboratoire d’urbanisme culturel animé par Maud Le Floc’h, fait appel à Camille de Toledo et à sa pratique dite des « institutions potentielles ». En vue de la création d’un parlement de Loire, l’écrivain propose un cycle d’auditions publiques menées par une « commission constituante ». Ces auditions cherchent à définir les contours d’une transformation institutionnelle pour faire des milieux, les parties prenantes d’un nouvel équilibre des pouvoirs. Elles prennent appui sur plusieurs précédents législatifs et jurisprudentiels qui ont reconnu dans le monde des sujets de la nature comme sujets de droit (dont le Whanganui en 2018).
 
Cette recherche-création suscite de l’enthousiasme, fédère des acteurs ligériens faisant naître une réflexion sur « les peuples de Loire » et participe à l’émergence d’initiatives arts et sciences à l’échelle du bassin versant. Le POLAU coordonne ces initiatives dans le cadre d’une démarche territoriale intitulée parlement de Loire.


Acte 1 [2019 > 2020] les auditions pour un parlement de loire

Sur la proposition de Camille de Toledo - écrivain et juriste, une commission pluridisciplinaire s’est réunie pour animer une série d’auditions publiques. Leurs objectifs : tenter de modéliser les principes de fonctionnement d’un parlement de Loire dans lequel les entités de la nature seraient représentées et envisager la reconnaissance de la personnalité juridique du fleuve. Ces auditions sont restituées dans l’ouvrage collectif piloté par Camille de Toledo, Le fleuve qui voulait écrire.


Acte 2 [2021] les assemblées de loire

Rendez-vous public du 09 au 12 septembre 2021 à Tours. Différentes structures liées à la Loire imaginent un temps partagé pour se ré-attacher au fleuve. Événement en résonance avec les 20 ans de l’inscription du Val de Loire au patrimoine mondial de l’Unesco, la performance de trente bateaux qui remontent la Loire et la publication de l’ouvrage Le fleuve qui voulait écrire.


Acte 3 [2022 > ...] un écosystème de projets

Le POLAU accompagne des initiatives arts, sciences et droits de la nature sur le bassin ligérien pour faire communauté autour des enjeux du fleuve et créer des nouveaux récits de Loire.


Mentions | La programmation des assemblées de Loire s’élabore avec la Mission Val de Loire/Avoir 20 ans dans le Val de Loire, la Rabouilleuse-École de Loire/Le grand retournement, le Petit monde, l’Université Populaire de Tours et de la Terre, la Maison des Sciences de l’Homme Val de Loire, le CCC OD-Centre de Création Contemporaine Olivier Debré, Les Liens qui Libèrent et Manuella Éditions (éditeurs du rapport Le Fleuve qui voulait écrire, les auditions du parlement de Loire) et est orchestrée par le POLAU-pôle arts & urbanisme.
L’événement des assemblées de Loire bénéficie des soutiens de la Ville de Tours, du Département d'Indre-et-Loire, de la DRAC Centre-Val de Loire - Ministère de la culture, de la Région Centre-Val de Loire/Nouvelles Renaissance(s], de l’Union européenne avec le Fonds Européen de Développement Régional, de la Fondation Un Monde par Tous, de la Fondation Danielle Mitterrand, du Groupe des Verts/ALE au Parlement européen, en partenariat avec Notre Affaire à Tous, le GARN-Global Alliance for the Rights of Nature, Voiles de Loire, l’ATU-Agence d’Urbanisme de l’agglomération Tourangelle, Ciclic Centre-Val de Loire, COAL, les Archives Départementales d’Indre-et-Loire, Eternal Gallery, le Prieuré de Saint-Cosme.
POLAU-pôle arts & urbanisme | Structure ressource et de projets à la confluence de la création et de l’aménagement des territoires, le POLAU-pôle arts & urbanisme, fondé par Maud Le Floch, développe en actes un laboratoire d’urbanisme culturel à destination des artistes et opérateurs culturels, des chercheurs, des collectivités et des aménageurs, en France et à l’étranger. Par son activité d’incubations et expérimentations, il accompagne des projets artistiques liés à la ville et aux territoires. Au titre d’urbaniste spécialisé, il développe un volet d’études urbaines. Enfin, il produit et diffuse les ressources émanant de ces croisements. Depuis sa création, il explore notamment les registres du fleuve autour du risque inondation, de ses représentations et de ses usages.
Relations presse : Apolline Fluck | apolline.fluck@polau.org / coordination.polau@gmail.com

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