Peillon fait rouler la tête du Roi des on

Ouf, ça y est ! Ce n'est pas trop tôt. Jouez hautbois, résonnez, musettes.

A défaut d'avoir retrouvé celle de Platon, nous avons enfin, en même temps que la dernière sortie des classes, attaqué la fin du cycle de cette République des "on" qui nous a bien pourri l'ambiance ces cinq dernières années.

L'heure du réveil de l'école de la République a sonné. Fini, les "on" sans nom.

Bonjour Peillon, concertation, refondation : changement de partition.

Outrés, nous l'étions devant les exactions de cette bande de "on", cousine germaine (par alliance, branche teuton) de celle des "faut qu'on" (ou faux-cons; c'est selon), ces instances censées veiller sur la République mais qui en étaient réduites à essayer de marchander sa présence à l'école, ces "on" marchand de tapis discutant le bout de gras avec le client-école, ou encore ces "on", tapettes à mouches populistes déroulées dans des rêves de portiques magnétiques à l'entrée de nos établissements scolaires.

Ce sont ces mêmes "on" qui, en même temps qu'ils bradaient les valeurs de l'école publique, laïque et républicaine, tentaient de la soumettre aux lois des marchés.

De l'école publique, "on" s'était affairé à liquider toutes différences avec l'école privée, accouchant d'une loi obligeant les municipalités d'une commune à payer pour ses enfants scolarisés dans l'école privée de la ville d'à côté, à liposucer Nanterre pour engraisser Neuilly.

Côté laïcité, "on" avait déjà passé Jules Ferry par-dessus bord, agrandissant la famille des oxymorons en inventant un nouveau concept théologique à la con : la laïcité religieuse. Une sacrée trouvaille, quand même! Invitée, la laïcité, à franchir désormais les portails des églises, synagogues ou  mosquées et non plus celui de l'école du village, de la ville ou du quartier, pour y écouter le sermon permanent de la sainte parole républicaine au filtre du chanoine de Latran.

Et pour la République, "on" caressait même l'idée secrète de la brader, dilapidant ce trésor républicain éminemment collectif que représente son école publique en lui coupant ses moyens de subsistance, humains et budgétaires, jetant par-ci des wagons d'un personnel dont nous sommes fiers, grignotant sournoisement par-là le contenu de ses services!

Seulement voilà! Y'a comme un os dans le bouillon...Qu'"on"se le dise : c'en est fini de la République des "on" !

Fini, le temps où, jour après jour, il fallait accepter sans broncher que ces valeurs qui font la grandeur de notre pays fondent au soleil d'un libéralisme omniprésent (néocon; ou pas, c'est selon), qui ne prenait même plus la peine de s'imposer un cache-sexe au nom de la pudeur républicaine la plus élémentaire, livré à un voyeurisme effréné?

Qu' "on" redonne à l'école républicaine les moyens qu'elle mérite, au lieu de les lui enlever !

Qu' "on" range un peu la règle à calcul si "on" veut qu'elle ait de réelles possibilités de prendre en charge la formation de nos chères têtes blondes, brunes, rasées, frisées, multicolores, multiethniques, nues ou encapuchonnées et qu' "on" commence par lui redonner tout le fric qu' "on" lui a piqué au nom de la rentabilité du service public!

Qu' "on" redonne aux enseignants la considération qu'ils méritent au lieu de taper sur le fonctionnaire, tout comme en d'autres époques on" tapait sur des catégories bien ciblées en les montrant du doigt !

Qu' "on" réhabilite les valeurs humanistes élémentaires sur ces fondations dont nous sommes si fiers, bien plus que celles de ce CAC 40 qui ont tenté de faire de notre école un grand supermarché de la connaissance!

Et, qu' "on" ait cessé de nous prendre pour des "on", nos enfants et nous, c'est quand même un cas d'école méritant au moins les Encouragements.

Voire même les Félicitations.

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