La "gauche de gauche" et la campagne BDS : Un peu de cran, que diable!

Suite à la publication dans Mediapart le 11 mars d'une tribune (1) signée par quatre conseillers de Paris, Danielle Simonnet (Parti de Gauche), Raphaëlle Primet (PCF), Léa Filoche (PS) et Jérôme Gleizes (EELV) intitulée "Pour la reconnaissance du droit au boycott et à la liberté d’expression " j'ai envoyé à deux des auteurs le message suivant :​

Chers Danielle Simonnet et Jérôme Gleizes,

Je salue votre combat, car cette cause est juste.

Hélas, à 600 km au Sud du périph'
elle ne l'est plus du tout.

Je veux dire qu'elle ne l'est plus à Grenoble,  seule ville  française pilotée par une alliance EELV-PG-Ensemble!-Ecolocitoyens.

Vraiment, vous devriez en dire un mot à vos collègues de la majorité municipale grenobloise, qui préfère se retrancher derrière la position française (sic), la circulaire d'Alliot-Marie aux préfets, et le respect du code des marchés publics, lorsqu'elle est interpellée.

Le boycott des soutiens actifs à la colonisation de la Palestine (investisseurs étrangers, CRIF, Conseil de Paris, communes israéliennes d'extrême-droite, telle la commune de Rehovot jumelée à Grenoble, etc.), et le soutien aux militants BDS menacés sont pour elle "hors-sujet".

Voici la position officielle -un peu repeignée par rapport à son intervention en séance- énoncée le 29 février 2016 au Conseil Municipal par un élu de la majorité, sans jamais prononcer le mot BDS, en réponse à un voeu piégé déposé par la droite (2) :

Conflit israélo-palestinien : la majorité réaffirme son attachement à la paix et rejette les instrumentalisations politiciennes

Cette frilosité (ou disons-le, cette lâcheté politique)  ne laisse pas d'interroger sur le décalage entre les valeurs proclamées quand on est dans l'opposition et ce qu'on en fait lorsqu'on est aux responsabilités.

Elle inquiète et déçoit beaucoup les militants BDS grenoblois, cibles depuis plusieurs semaines d'une campagne d'intimidation du CRIF relayée par les plus hautes autorités de l'Etat.

Bien à vous.

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(1) Tribune " Pour la reconnaissance du droit au boycott et à la liberté d’expression"

(2) VOEU déposé au nom du groupe Les Républicains, UDI et Société Civile le 29 février 2016 :

" Grenoble a vocation, dans la mesure de ses moyens, de contribuer à l'amitié entre les peuples.  Grenoble est une ville internationale qui développe des relations de jumelage et
de coopération et notamment avec la ville de Rehovot en lsraël et le District de Bethléem en Palestine.
Ici même à Grenoble de nombreux habitants sont très attentifs à la situation dans cette région du monde et se sentent directement concernés par son évolution. C’est pourquoi, Le Conseil Municipal :

- 1.Réaffirme son attachement à la promotion d'une solution pacifique au conflit israélo-Palestinien se manifestant par la coexistence paisible de deux États viables, dans des frontières sures et reconnues;
- 2. S'oppose à toutes les tentatives d'isoler lsraël du concert des nations, notamment par des appels au boycott,
- 3. Décide de poursuivre et renforcer ses relations avec les villes israéliennes et palestiniennes dans tous les champs des politiques publiques municipales. "

[ Ce voeu a été rejeté en bloc, le vote point par point a été rejeté d'office.]

L' enregistrement de la séance du Conseil Municipal de la Ville de Grenoble du 29/03/2017 - Séquence à 03:14:00 / 06:11:45

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