Birmanie : Fausses promesses, vraies violences

Il est temps de libérer tous les prisonniers politiques et de cesser les arrestations arbitraires !

Publié le 21 décembre 2013

 

Communiqué d’Info Birmanie – 21 décembre 2013

Lors de sa visite en Europe en juillet 2013, le président Thein Sein s’était engagé devant François Hollande à libérer tous les prisonniers politiques.

Si de nombreux prisonniers politiques ont été libérés depuis, Info Birmanie reste vivement préoccupée par le nombre alarmant de nouvelles arrestations de paysans, activistes, défenseurs des droits de l’homme et membres des minorités ethniques. Le gouvernement birman continue de condamner les personnes qui exercent leurs droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion  en totale contradiction avec ses promesses.

Le gouvernement birman applique une stratégie qui consiste à libérer les prisonniers politiques et à les arrêter de nouveau. Les militants Htin Kyaw et Thein Aye, amnistiés le 11 Décembre 2013, ont été de nouveau arrêtés quelques heures après leur libération. Ce harcèlement judiciaire est destiné à faire taire les voix dissidentes.

« La France doit veiller à ce que le gouvernement birman libère tous les prisonniers politiques de façon inconditionnelle et cesse les arrestations arbitraires », a déclaré Info Birmanie. « Tant que les lois répressives ne sont pas abrogées, tous les défenseurs des droits de l’homme se trouvent constamment sous la menace d’une nouvelle arrestation ».

Tout au long de l’année écoulée, le gouvernement birman a ciblé spécifiquement les personnes s’élevant contre les violations des droits de l’homme résultant de projets industriels menés par le gouvernement birman et soutenus par des entreprises étrangères.

Naw Ohn Hla est une militante birmane arrêtée à plusieurs reprises pour avoir participé à une manifestation pacifique contre un projet de mine controversé. La mine de Letpadaung est exploitée par une entreprise chinoise et un groupe contrôlé par l’armée birmane. Le projet a eu pour conséquences directes la confiscation de terres et des dégradations environnementales

Le gouvernement birman a également arrêté des centaines d’individus issus des minorités ethniques pour des raisons politiques. Brang Yung  Lahpai Gam sont deux paysans issus de la minorité kachin, arrêtés en juin 2012 aux alentours du camp de déplacés internes où ils vivaient, ils ont été brutalement torturés et forcés à faire de faux aveux sur leurs liens avec l’Armée d’indépendance kachin et leur implication dans différents attentats dans la région

Ils ont été inculpés en vertu de l’article 17/1 de la Loi sur les associations illégales.  Détenus pendant plus d’un an, ils ont  été condamnés en novembre dernier à 2 ans de prison. Le 19 décembre, ils se sont vus attribuer une peine supplémentaire de 5 ans de prison.

Environ mille Rohingyas ont aussi été détenus illégalement dans l’État d’Arakan après les violences de juin 2012. La plupart restent en prison, et au moins 68 sont morts en détention avant le mois décembre 2012. Les centaines de détenus Rohingyas qui ont été accusés et condamnés ont été discriminés et  privés de leurs droits à une représentation juridique et au droit d’être jugé de façon équitable.

« L’Union européenne a levé les sanctions économiques notamment en raison des efforts du gouvernement birman pour libérer de centaines de prisonniers politiques, elle ne doit pas fermer les yeux sur l’arrestation de centaines d’autres », a déclaré Info Birmanie.

Le gouvernement français doit empêcher toutes nouvelles relations économiques ou investissements supplémentaires en Birmanie tant que les lois birmanes ne sont pas modifiées, afin de fournir une protection adéquate aux travailleurs, aux agriculteurs, aux militants et aux minorités ethniques les plus vulnérables.

 

Autres informations sur le site de Info-Birmanie

http://www.info-birmanie.org/

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