Dernier billet

Depuis la fin de l'année dernière, le club de Médiapart a vu partir un nombre important de ses blogueurs, ce n'est sans doute pas tout-à-fait un hasard. Je viens de résilier moi-même mon abonnement; tout comme d'autres l'ont fait avant moi, je souhaite m'en expliquer ici.

Je reprends en guise d'adieu ce commentaire au billet de Annie Lasorne

https://blogs.mediapart.fr/annie-lasorne/blog/080316/petit-message-aux-abonnes-clubbeurs-qui-nous-quittent

 

 

 

Je n'avais pas non plus prévu d'effacer mes billets,  qui ne sont en rien des chefs-d'oeuvre, mais qui avaient été souvent suivis de commentaires fort interessants.

Je remercie tous ceux qui m'avaient fait l'amitié d'accepter le dialogue avec moi;   je te remercie Annie pour ce punch et cette bonne humeur qui sont ta marque de fabrique,  je ne manquerai pas de passer chercher tes coordonnées puisque tu acceptes de les communiquer en MP.

C'est vrai que nos échanges ne seront désormais plus possibles, mais déjà tout s'était méchamment compliqué depuis quelques mois pour savoir où et comment tous nous retrouver.  Je compte venir lire encore quelques-uns de de ces blogueuses et blogueurs que je suivais régulièrement et qui résistent  (pour l'instant,  le club reste lisible ... )    Pas tous, en effet mais moi aussi je saurai en retrouver quelques-uns.

En ce qui me concerne, la page est tournée,  je n'apprécie plus suffisamment le petit jeu de la direction pour poursuivre cette expérience.  Comme j'ai pu le dire ailleurs, la confiance n'est plus là,  donc je me retire;  ma lettre a dû arriver maintenant,  cela devrait s'arrêter vite.

Jean-Paul a été profondément choqué par le Médiaparthon,  assez semblable dans la méthode au Sarkothon que MDP dénonçait.  C'est vrai.    Le SOS lancé aux abonnés, qui s'est immédiatement révélé bidon (dès que la monnaie s'est mise à tomber) et qui n'a finalement financé que le détricotage de nos liens, c'était un vrai coup de canif dans le contrat de confiance (comme dit l'autre).  Sans doute n'avions-nous pas assez "l'esprit maison", puisque nous osions ruer dans les brancards?  

 Le coup de grâce pour moi,  c'est de les avoir toujours vu chercher à débusquer les magouilles (avec beaucoup de  talent,  là n'est pas la question) sans en montrer toutes les implications à l'échelle internationale.   Tous les arrangements des puissants qui se moquent bien des lois qu'ils font pour les autres -la France a les siens,  ce ne sont pas les moindres-   c'est surtout au club que nous avons voulu les pointer à-travers le monde,  avec toutes les conséquences sur les peuples spoliés.   Bombardés maintenant pour certains, massacrés ... et rejetés de chez nous avec la dernière violence quand ils cherchent un abri.    C'est le club surtout qui monte au créneau,  ce club qui à présent dérange, en dépassant les questions franco-françaises, pour chercher les vrais responsables du grand désordre général.   

Les journalistes MDP sont de plus en plus nombreux, et talentueux pour la plupart,  ils ont le savoir-faire des professionnels et une certaine protection en tant que journalistes,  dont nous ne bénéficions pas (ce que l'on nous rappelle en permanence au bas du moindre écrit).  Ont-ils donc peur de trop bousculer un système où finalement ils ont leur place? (MDP n'est pas une entreprise philanthropique,  elle vient de nous le rappeler), n'en blâmant que les excès vraiment insupportables?  

Cette frilosité pour établir un lien entre les convulsions qui agitent le monde d'aujourd'hui,  et tenter d'en rassembler les victimes, je la leur reproche car ils ont les moyens que nous n'avons pas d'éveiller les consciences et de lutter réellement contre la montée de la xénophobie.  C'est infiniment plus grave que de nous avoir bernés.

Pardon pour cette longue explication,  mais je ne pars pas sur un coup de tête.

 

 

 

 

 

Si j'ai quelque chose à regretter, ce sera de ne plus hurler ici toute l'horreur que m'inspire l'égoïsme des puissants du monde,  qui n'hésitent pas un instant à sacrifier des milliers d'autres humains.   Nous devrions être tous vent debout pour dénoncer cette abomination.

Des semblables souffrent et meurent,  dont un nombre immense d'enfants.

Une civilisation qui sacrifie ses jeunes ne mérite pas de se perpétuer,  elle ne le fera pas.  La fin de la nôtre s'annonce lamentable,  sauf un sursaut bien tardif de prise de conscience.  

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