Il a sillonné le continent du nord au sud, de l’est à l’ouest, ce journaliste d’investigation est comme tous les néo colons qui ont connu l’Afrique post coloniale, il est nostalgique de la belle époque où tout ou presque leur était permis.
Futé, il a su utiliser les confidences et les ouïes dires qu’il glanait auprès des messieurs bien placés dans les nouveaux palais présidentiels des jeunes états africains dont l’architecture politique reposait essentiellement sur les réflexions des coopérants blancs et de la cellule africaine de l’Elysée, sous le regard terrorisant et froid de Jacques Foccart.
Il se signalera avec ses écrits à une époque l’information ne sortait pas du cercle fermé des partis au pouvoir et des impressionnants palais présidentiels. Les révélations préfabriquées et inventées de Péan sur la vie des dirigeants africains et sur les rapports entre les jeunes états francophones d’Afrique et la France, mélanges de fictions et de ragots, susciterons la curiosité du public à cause de la difficulté d’accès à l’information.
Les titres attribués à ces publications feront de Péan un homme bien intégré des réseaux de la France-Afrique. Vieilli, appauvrit et dans l’âge de la retraite, à plus de soixante seize ans, l’homme s’est souvenu des chapitres de sa vie qui lui ont permis de garnir son porte feuille.
Il sait les africains attachés à la dignité de leur nom et à l’honorabilité de leur personne, en réalité le contenu des bouquins de Péan préoccupait peu les chefs d’états africains. Toutefois, certains animés par la culture du dialogue, délaisseront l’option des tribunaux pouvant permettre de mettre à nue les affabulations de l’écrivain, ils feront par contre le choix controversé d’inviter Péan à des explications en privé.
Généralement, il s’amendait et avouait son forfait et sans que cela lui soit demander il se proposait de servir de relais et d’agent pour ces derniers.
Malheureusement pour l’écrivain l’Afrique change et les nouveaux dirigeants africains ont bien pesé le pour et le contre des relations sombres qui ne sont d’aucune utilité depuis que le suffrage universel et la bonne gouvernance sont devenus l’unique voie pour accéder au pouvoir et entretenir des rapports et une collaboration moins brumeuses et plus profitable aux états africains et à la France.
L’ère des dirigeants tout puissants est révolue, l’Afrique s’est engagée à dépoussiérer son image et la nouvelle génération des chefs d’états africains ont décidé de rompre avec les méthodes et les pratiques qui ont donné naissance à la nébuleuse France-Afrique.
Nostalgique, Péan refuse de voir les formidables bonds réalisés par nos états depuis les revendications populaires de démocratie de 1990. L’homme est têtue, il s’accroche aux histoires à sensation, l’Afrique est certes devenue mature, mais le scandale séduit toujours et peu importe si on raconte des canulars habilement maquillés surtout que les éléments de référence n’existent pas ce sera donc in fine, parole contre parole.
Le blanc a toujours raison, il sait tout, il connait tout, il fréquente les palais et les chancelleries depuis plus de cinquante ans, tous les africains ont au moins une fois entendu son nom. Ses mensonges grossiers qu’ils soient, troubleront d’autant plus qu’il s’agit du pays d’Omar Bongo.
Aujourd’hui ce qui peut être surprenant et troublant, ce n’est pas le fait que Péan prenne ses rêves pour des réalités, c’est la facilité avec laquelle, alors que les chefs d’états ont décidé de fermer leur porte à ces marchands de certitudes, nous nous empressons de nous faire les relais à nouveau, des mêmes vieilles histoires que nous avons déjà entendues.
À quoi servent tous les mensonges que l’on veut nous faire accepter, si ce n’est à faire naitre de nouvelles possibilités de nourrir tous les parasites qui comme Péan, affectionnent l’Afrique des génocides, des maladies, des famines, des régimes militaires.
Jacques Chirac avait déclaré que l’Afrique n’est pas prête pour la démocratie, Nicolas Sarkozy n’en pensait pas moins en affirmant que les africains n’étaient pas suffisamment rentrés dans l’histoire. La question qu’il faut se poser est de savoir qu’est ce qu’il y a de nouveau par rapport aux ragots que les colons nous ont servi sur notre histoire.
Quels sont les objectifs recherchés par ceux qui se sont décrétés être nos maîtres de conscience ? Bien au-delà des affabulations grossières de Péan, demandons-nous à quel moment, avons-nous vraiment eu le choix d’être et de demeurer nous-mêmes. De souffrir de nos choix, de corriger nos erreurs, d’avancer dans le labyrinthe de l’histoire sans une intrusion.
Aujourd’hui encore l’histoire semble se répéter et souvent avec notre naïve complicité, cinquante ans après les indépendances, alors que les jeunes africains sont cités parmi les meilleurs étudiants dans les campus des plus grandes universités et instituts du monde, nous croyons encore que tout ce que les occidentaux disent est vrai et bien pour nous.
L’esclavage, la colonisation, les frontières arbitraires, les guerres fratricides, les génocides et les scandales d’expulsions par charters, les maladies, la famine, être le souffre douleur de la planète voila le statut du bon africain.
Les chinois ont su avec courage se donner les moyens pour s’affranchir des politiques qui ont fait le pari de toujours dominer le reste de l’humanité. Trente ans ont suffit pour que toute la langue du commerce passe de l’anglais au mandarin, aujourd’hui les dirigeants chinois ne sont plus des dictateurs, mais ceux sans lesquels l’économie du monde ne peut se concevoir. Et nous africains, que faisons nous ?
Nous polémiquons sur l’authenticité d’un diplôme, comme s’il fallait avoir un QI égal à celui d’Einstein pour être un bon chef d’état, nous nous chamaillons sur le lieu de naissance de tel, sur la nationalité de tel autre, l’ivoirité en côte d’Ivoire, le génocide au Rwanda et les guerres entre musulmans et chrétiens au Nigeria constituent des exemples concrets de nos errements.
Franchement, quel rapport direct y a-t-il entre ces questions annexes et superfétatoires avec les défis liés à l’objectif de développement pour mener nos états au stade des pays émergents.
Non, je crois que nous sommes idiots d’être un peu intelligents, agissons, pensons et considérons l’ensemble des reformes et des réalisations opérées au Gabon en cinq ans et rendons nous à l’évidence et aux faits de l’histoire, chaque fois qu’un chef d’état africain engage son pays sur la voie de la modernisation, il survient toujours un fait singulier dont le but est de créer un climat propice aux troubles et l’eternel cycle du recommencement sans fin se répète encore et encore !
Regardons aux actes et ensemble disons que ça suffit, ça suffit, il y a un temps pour tout, l’Afrique et les peuples africains ont payé, nous avons trop payé ça suffit.
Maintenant c’est à nous de jouer, c’est à nous de décider sur la base de notre ressenti, de nos objectifs, des conseils de nos chercheurs, sur les écrits de nos universitaires, nous meublerons tous les vides de notre histoire et ce sera notre histoire mauvaise ou glorieuse nous l’assumerons. Parce que nous voulons enfin être comptables de notre destin.
Pierre Péan, Robert Bourgi et tous ceux qui comme eux écument le continent pour distiller leur pestilence doivent savoir que les temps changent, et l’africains du 21ème siècle est une partie entière de l’humanité que l’occident nous a si souvent renié.
Affaires Africaines, Nouvelles Affaires Africaines, Post Nouvelles Affaires Africaines, peu importe ces histoires fausses ou vraies appartiennent à un passé dont nous n’avons été que des instruments dans les mains machiavéliques des colons.
Ces faits inventés ne nous concernent pas, ils ne nous ont jamais concernés, et nous ne nous laisserons plus distraire, dommage pour toi, tes rêves et ceux de tes commanditaires ne se réaliseront jamais, les africains en général et les gabonais en particulier savent bien qui porte la responsabilité de la partie sombre de notre histoire.
Nous avons tourné la page. Mais vous en bon charognard, vous pouvez continuer de demeurer avec la meute. Le Président OMAR Bongo que vous avez bien connu disait « le chien aboie, la caravane passe ».
Vos aboiements ne sont pas assez forts continuez peut être que l’on finira par vous jeter un os, avant que vous ne soyez conduit dans une maison de retraite pour grabataire.