Gabon: Ali Bongo Ondimba reçu par Manuel Valls et Jean-Yves Le Drian

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Invité à prendre part à la cérémonie d’ouverture du Salon de l’aéronautique et de l’espace aux côtés de François Hollande, le Président de la République a rencontré ce mardi le Premier ministre français quelques heures après avoir été reçu à l’hôtel de Brienne par le ministre de la Défense.

Des entretiens politiques de haut niveau qui interviennent dans le contexte du regain de tension consécutif à l’attentat meurtrier de N’Djamena.

Alors qu’un double attentat-suicide vient de frapper la capitale tchadienne, faisant plusieurs dizaines de morts et une centaine de blessés, tous les regards se tournent vers Boko Haram, un groupe suspecté d’avoir voulu faire d’une pierre trois coups contre le dispositif anti-djihadiste du Tchad, le site d’implantation du poste de commandement interarmées de théâtre (PCIAT) de l’opération française Barkhane et la ville qui abritera le quartier général de la future force multinationale chargée de lutter contre ce groupe désormais rallié à l’État islamique.

C’est donc autant en qualité de président en exercice de la CEEAC qu’en tant que président de la République gabonaise que le Chef de l’État a conduit une série d’échanges avec l’exécutif français.

Avec Manuel Valls mardi, avec Jean-Yves Le Drian lundi soir, Ali Bongo Ondimba a eu l’opportunité de rappeler ses ambitions à la tête de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale : progresser vers l’intégration économique et la mobilité des personnes dans un espace géographique sécurisé.

Comme le Secrétaire général de la CEEAC, le président Bongo Ondimba « condamne avec la plus grande fermeté un acte ignoble dirigé contre les institutions et les symboles de l’État tchadien ainsi que contre des civils innocents ».

Devant ses interlocuteurs français, il a salué l’action des médecins militaires de l’antenne médico-chirurgicale de la force Barkhane qui ont appuyé les secours tchadiens en prenant en charge sept victimes civiles.

Dans le cadre de Barkhane, trois structures de ce type sont déployées pour assurer le soutien médical des militaires engagés dans cette opération : l’une à N’Djamena au Tchad, l’autre à Madama au Niger, la dernière à Gao au Mali.

Barkhane regroupe 3 000 militaires dont la mission, en partenariat avec les pays du G5 Sahel, consiste à lutter contre les groupes armés terroristes dans la bande sahélo-saharienne (BSS).

La présence des forces françaises est maintenue au Mali comme au Tchad, mais les moyens présents dans ces pays sont désormais mutualisés et les zones d’engagement étendues à l’ensemble de la BSS.

Concernant la Centrafrique, autre sujet de forte préoccupation régionale, la France a annoncé la réduction de 1700 à 900 du nombre de ses soldats mobilisés en Centrafrique dans la force Sangaris.

Un certain nombre de sites où étaient présents les soldats français vont passer sous l’autorité de l’Onu.

Avec Manuel Valls, le Chef de l’État a encore évoqué les aspects économiques et commerciaux de la relation bilatérale, souhaitant une attention renforcée des investisseurs français aux opportunités du marché gabonais en pleine phase de diversification.

Des missions ministérielles dédiées et croisées devront garantir ce saut quantitatif et qualitatif.

Il a par ailleurs, en cette année 2015 des choix internationaux pour le climat, souligné son engagement à participer à la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques ‘COP 21’ programmée dans six mois à Paris. « Il n’y a qu’une option, la réussite ! ».

Chaleureusement accueilli lundi par Jean-Yves Le Drian dans la cour de l’hôtel de Brienne – où siégèrent Clémenceau et de Gaulle –, Ali Bongo Ondimba a rendu hommage à l’action décisive des Éléments français au Gabon (EFG) depuis plus d’un demi-siècle.

En septembre 2014, les EFG sont devenus un pôle de coopération opérationnelle à vocation régionale.

Tout en restant un point d’appui opérationnel et logistique, les EFG portent désormais leur effort sur les actions de coopération régionale, visant plus particulièrement à accompagner les États africains dans le renforcement de leur sécurité collective et, ainsi, à contribuer à la stabilité régionale.

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