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Billet de blog 20 déc. 2022

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Vampirisation des retraites

Nous manquons aujourd’hui de médecins et si le système ne s’écroule pas complètement, c’est notamment grâce au cumul emploi-retraite de près de 15 000 médecins. Dans sa logique libérale des « charges trop lourdes qui handicapent l’emploi », le gouvernement a décidé d’exonérer ces derniers de cotisations de retraite pour l’année 2023. Mesurons les conséquences.

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Billet d'humeur de la semaine

Nous manquons aujourd’hui de médecins et si le système ne s’écroule pas complètement, c’est notamment grâce au cumul emploi-retraite de près de 15 000 médecins.

Dans sa logique libérale des « charges trop lourdes qui handicapent l’emploi », le gouvernement a décidé dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale d’exonérer ces derniers de cotisations de retraite pour l’année 2023. Ces médecins libéraux en cumul représentent près de 10 % des cotisants à la Caisse autonome de retraite des médecins de France (CARMF).  

Les dirigeants de ce régime particulier soulignent qu’en cas d’exonération des cotisations, le manque à gagner pourrait représenter jusqu’à 7,3 % du montant global des cotisations, soit 73 millions d’euros. Le manque à gagner serait du même ordre de grandeur pour un système complémentaire qui se dénomme allocation supplémentaire vieillesse (ASV).

Au total ce sont près de 200 millions de perte de recettes potentielles et même si le plafond de revenus vient réduire ces pertes, elles impacteraient à coup sûr les résultats du régime complémentaire déjà déficitaire et du régime ASV tout juste proche de l’équilibre.

Leur analyse est très intéressante dans le débat politique actuel, surtout venant de représentants d’une profession libérale : « De surcroît, il n’est pas certain que ces exonérations entraînent un supplément de médecins en cumul et les cumulants actuels, dont la situation financière n’est pas défavorable par rapport aux médecins actifs, bénéficieraient d’une rente de situation injustifiée. ».

Ce qui est encore plus intéressant est la décision qui explique le titre de cette chronique : « En tout état de cause, si cette exonération devait être confirmée, elle devrait donner lieu à compensation financière du budget de l’état aux différents régimes concernés, conformément à l’article L 131-7 du code de la Sécurité sociale. A défaut, la CARMF serait dans l’obligation d’annuler la revalorisation du point de retraite complémentaire envisagée au 1er janvier 2023. »

Dans le cadre du débat actuel sur l’avenir de notre système de retraite, cet exemple illustre parfaitement la logique libérale qui anime E. Macron, appuyé par la droite et l’extrême droite. En effet, une des propositions de ces derniers est d’augmenter les salaires en diminuant les cotisations sociales. Or nous voyons ici les conséquences directes, moins de cotisations, cela signifie une baisse des pensions.

C’est assez croquignolesque que ce soit ce type de régime de retraite qui appuie nos arguments contre les exonérations de cotisations.

Face aux arguments du gouvernement pour justifier sa réforme des retraites, il est important de disposer de contre-exemples de ce type pour montrer que le problème du déséquilibre des régimes est avant tout lié à la diminution de ressources sciemment organisée depuis des années par le biais des exonérations de cotisations.

L’allongement de l’espérance de vie est un faux argument face à l’augmentation de la productivité qui doit nous permettre de travailler moins longtemps pour bénéficier d’une retraite à taux plein… même si dans certaines professions particulières certains font le choix de continuer à travailler, car ils peuvent le faire encore avec plaisir. 

Dr Christophe Prudhomme

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