Mort subite

Eyjafjallajökull pfuttt ! L'éruption du charmant volcan islandais a donné lieu à un tohu bohu du tonnerre dans les airs mais aussi sur la terre ferme. Outre les millions d'euros partis en fumée pour les compagnies aériennes et l'explosion de business parallèles, comme celui des « marshrutkas » en Europe de l'Est [jusqu'à 500 euros l'aller Vilnius-Berlin dans un mini-bus réservé généralement aux migrants clandestins], l'incroyable cacophonie des transports sur le continent européen a donné des idées à certains. Jon Worth vient par exemple de lancer un site de « brainstorming » pour les passagers lésés par la SNCF, la Deutsche Bahn ou Eurostar, afin d'améliorer les informations données aux passagers en temps de crise. Participation bienvenue sur Railrights.eu.

Pendant ce temps, à Bruxelles comme ailleurs, c'était les vacances. Comme le rapporte e-toile avec son post « SOS session fantôme », le Parlement un jour d'école buissonnière généralisée », c'est « sérénité » à tous les étages. « Faute de députés, le Parlement a décidé, certes de maintenir la session, mais d'ajourner et de reporter l'intégralité des votes. Faute de votes, beaucoup de députés ont donc décidé de sécher les travaux parlementaires cette semaine. Et faute de vote ET de députés, les journalistes sont également restés chez eux. » En attendant, la Belgique s'atomise avec la récente démission du gouvernement d'Yves Leterme, dernier épisode d'une crise linguistique et identitaire qui n'en finit pas. « Une crise de plus mais cette fois-ci sur Twitter, » souligne Public Affairs 2.0, rapportant que « le ministre belge des Télécoms Vincent Van Quickenborne a probablement été le premier politicien dans l'histoire à annoncer l'effondrement d'un gouvernement » sur l'outil de micro blogging. Charlemagne's Notebook ne comprend pas « la politique d'auto-destruction de la Belgique. La Belgique que je connais est un pays relax, détendu avec un sens de l'autodérision très développé. Malheureusement, il est entravé par d'étranges hommes politiques irresponsables. »

« Ainsi sont les Belges », prophétise La Oreja de Europa qui retrace l'histoire d'un « pays inachevé ». Quant à The EU Lobby, il lance THE pavé dans la mare européenne. « Que va-t-il se passer si un Etat membre censé prendre la présidence tournante de l'UE n'a pas de gouvernement ? » Date limite : le 1er juillet, ce qui signifie que Bruxelles a un peu moins de quatre mois pour régler le différend politique qui empoisonne le pays depuis plusieurs années.

Autre pulvérisation, monétaire cette fois, celle de la Grèce qui se noie dans les déficits. « La tragédie grecque continue », affirme A Fistful of Euros avec des trémolos dans la voix, mentionnant que « le problème n'est plus une simple question économique : il s'agit de la crédibilité de chacun, qui fait quoi, et quand et comment chacun réagit. » Pas de pitié pour la Pythie ! Mutti Merkel est loin de faire l'unanimité : « les marchés et l'Allemagne ont mis la Grèce à genoux », souligne encore Coulisses de Bruxelles, rappelant que « le Premier ministre grec s'est résolu, la mort dans l'âme, à demander l'activation du plan d'aide européen qui permettra de couvrir l'ensemble des besoins de financement de son pays pour 2010 et éventuellement jusqu'en 2013. » Son coût ?« 30 milliards prêtés par les quinze partenaires d'Athènes sur trois ans à un taux proche de 5% auxquels s'ajouteront 15 milliards provenant du FMI. » Une broutille pour des vétilles ?

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