Donald Trump est bien un agent Russe ! La preuve par le F35...

Histoire de se poser des questions et de statuer si possible entre David (Poutine) et Goliath (Trump). Étant entendu que M. Trump hérite d'un désastre économique, militaire, stratégique, et qu'il va devoir faire avec. Dans le contexte actuel, garder si possible votre sens de l'humour.

Si l'on en croit les documents ci-dessous (extraits), les États Unis auraient réussi l'exploit extraordinaire d'avoir dépensé une fortune pour produire un jet peu fiable, qu'ils vendent à tour de bras et au prix fort. Les onze pays concernés à ce jour sont l'Australie, la Corée du Sud, le Danemark, les Etats-Unis, Israël, l'Italie, le Japon, la Norvège, les Pays-Bas, la Turquie et le Royaume-Uni. Cinq pays d'Europe (Danemark, Italie, Norvège, Pays-bas et Royaume-Uni) qui n'ont pas hésité à acheter le F-35 de Lockheed Martin, même si M. Trump avait dénoncé un programme et un coût « hors de contrôle". Un gros travail de lobbying aurait lieu en ce moment même en Belgique pour caser ce « bijou » hors de prix. Le F-35 serait le programme d'armement le plus cher de l'histoire militaire, avec un coût estimé à 400 milliards de dollars pour le Pentagone. A ce titre, constatons que le contribuable US paie très cher pour la mise au point (difficile) du chasseur de cinquième génération et pour son acquisition par l'US Air Force. Et que les contribuables de nombre de pays acquéreurs aussi.

Passons sur la dernière sortie du nouveau né en ce mois d'octobre 2017 dans le cadre d'une opération israélienne au Liban, qui se serait fait égratigner par un missile antédiluvien de l'ère soviétique.

Le problème est évidemment plus grave que ce dernier incident ne le montre. La première puissance militaire du monde n'arrive apparemment plus à fabriquer convenablement un avion de guerre alors qu'elle ne cesse de montrer ses muscles et conduit l'OTAN à la confrontation avec la Russie qui, pour sa part, sait apparemment encore produire des jets susceptibles de faire le poids en toutes occasions.

Revenons sur notre F35, que M. Obama présentait comme une arme insurpassable. Et soyons assurés que le génie US surmontera des problèmes (sans doute en voie de résolution?) qui ont de quoi inquiéter au moins les familles des pilotes à défaut de terroriser les ennemis de la « nation indispensable ».

Depuis 1996, date du lancement du projet, les présidents des Etats Unis seraient-ils tous en fait les agents de Moscou, affaiblissant objectivement les capacités défensives de leur pays et des Occidentaux du « camp du Bien » acheteurs fortunés du F35 ? Voyons en tout cas ce qu'en disait Mme Smithberger en 2015. A chacun de se faire une idée sur le sujet, qui vaut le détour.

 

Récapitulatif

par Mandy Smithberger – Le 12 mars 2015–- Source pogo.org (extraits) Mandy Smithberger est directrice du projet de réforme militaire Straus au Centre d’information de la Défense en charge de la surveillance du gouvernement. Mandy Smithberger
Director, CDI Straus Military Reform Project, Project on Government Oversight
« Le projet US du F35, appelé aussi JSF [Joint Strike Fighter] auto-désigné par l'Empire du Bien et de la Vertu comme unique avion de combat universel du XXIsiècle globalisé, a été lancé en 1996. Soit depuis bientôt vingt ans. (...) Fruit de l'orgueil technologique post-moderne, il a dès l'origine été conçu pour ne pas avoir de prototype, étant entendu que la nation exceptionnelle ne pouvait produire que des objets exceptionnels, loin des tâtonnements et expérimentations vulgaires auxquels la réalité soumet les industriels des nations ordinaires. Résumons: un projet, entièrement conçu par algorithmes informatiques, donc parfait dès son immaculée conception technocratique, qui a coûté, pour l'instant, mille quatre cent milliards de dollars au contribuable américain et européen, (...) qui est déjà produit à 125 exemplaires et acheté ! Cette aventure est typique du système politico-mafieux étasunien. Complicité entre les politiciens, le complexe militaro-industriel, les multinationales, bancaires et autres, pour racketter le monde. À l'instar des banques trop grosses pour faire faillite, ce projet F35 ne peut être ni arrêté, ni amendé, ni réussir. Il ne sert qu'à faire tourner la lessiveuse à essorer les contribuables étasuniens et européens qui ont décidé d'acheter cet avion. À l'instar aussi d'une grande guerre globalisée contre la terreur qui n'a jamais fabriqué autant de terroristes en enrichissant autant de monde. L'important c'est la bottom-line, la ligne du bas, le résultat, le bénéfice ou la perte »

Quelques affirmations décoiffantes (constats 2015. extraits)

« La sagesse, au cœur de Washington, affirme que le programme d’avion de combat F-35 Joint Strike Fighter, d’un coût de $ 1 400 milliards est trop important pour être annulé et sortira bientôt de sa convalescence. Mais le dernier rapport du Directeur des essais opérationnels et d’évaluation (DOT & E) du Département de la Défense fournit une litanie de raisons qui montre que la sagesse conventionnelle doit être considérée comme une simple propagande politiquement motivée. La presse a déjà parlé d’un logiciel défectueux qui entrave la capacité de l’avion à utiliser des armes, à communiquer des informations, et à détecter les menaces ; problèmes si graves que le F-35 a une dépendance excessive à la maintenance du constructeur et aux solutions de contournement inacceptables (payantes), et ne peut voler que deux fois par semaine ; et un calendrier de production prématuré à forte cadence sans savoir si le programme a démontré des capacités de combat essentielles ou prouvé qu’il est sûr de voler. Tous ces problèmes augmentent évidemment les coûts et des risques pour le programme. (...)

À un certain point, les défauts inhérents et l’escalade des coûts d’un programme deviennent si grands que même avec un système massif de buy-in politique [lire corruption en novlangue, NdT], le programme atteint un point de basculement. Les problèmes décrits dans le rapport de la DOT & E montrent que le F-35 a atteint un stade où il est maintenant évident que le flot incessant des corrections partielles, des correctifs logiciels et solutions ad hoc sont insuffisantes pour livrer un avion de combat digne de ce nom, ayant des chances de survie, et qui soit facilement mis en œuvre. (...)

Des risques de sécurité importants restent en suspens

Des essais et des évaluations en environnement réel ont confirmé que le système de réservoir de carburant qui remplit les ailes et entoure le moteur comporte un risque important d’incendie et d’explosion catastrophique en combat. (…) . Le système électrique de 270 volts dans le F-35, sans précédent dans un avion de combat, augmente aussi les risques d’incendie en raison de la forte probabilité d’étincelles à cause de fils endommagés par des erreurs de maintenance, ou des frappes de combat, même mineures. (…) DOT & E écrit : «Les tests de qualification de tolérance à la foudre sont en cours, mais l’avion continue à être restreint de vol à moins de 25 miles [40 km] d’un orage, créant un problème majeur à la base d’entraînement de Eglin Air Force Base, une zone où des orages intenses se produisent régulièrement. (...)

Le F-35 a un niveau élevé de vulnérabilité aux incendies, catastrophique face aux deux aléas que sont le combat et les conditions météorologiques ; son niveau de vulnérabilité peut être élevé au point d’être sans précédent. Ce problème est tellement essentiel que des tests exhaustifs et des comparaisons avec des avions éprouvés, en situations réelles, doivent être menés dès maintenant et achevés avant la fin des tests opérationnelle initiaux du F-35 et des tests d’évaluation (combat réaliste) en 2019.

Mandy Smithberger (Traduit par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone)

Problèmes de décrochage d’aile !

L’année dernière DOT & E ont indiqué que toutes les variantes du F-35 ont rencontré des décrochages d’aile inopinés lors de manœuvres à des vitesses subsoniques et transsoniques élevées. (...) Le rapport (...) note que les trois variantes nécessitaient des «modifications des systèmes de contrôle des effets des vol transsoniques [décrochement] et des vibrations[buffeting]». Malheureusement, les modifications nécessaires du système de contrôle vont réduire la manœuvrabilité du F-35, ne faisant qu’exacerber les problèmes de performance de l’avion dans ce domaine. (…)

Les vibrations lourdes pendant les attaques avec un angle de manœuvre élevé (comme lors de combats aériens pour déjouer la menace des missiles, ou en appui rapproché) ont été relevées comme un problème permanent grave avec le F-35 depuis au moins 2009. Ces vibrations peuvent provoquer des fissures, suite à la fatigue des matériaux, et conduire à une défaillance structurale, elle  peut dégrader la précision des armes, la perte des missiles et des capacités de combat aérien. Les tests étudiant l’impact des vibrations et des décrochages transsoniques sur l’écran intégré des casques, et les manœuvres offensives et défensives ont révélé que «les vibrations affectaient l’affichage des symboles, et auraient le plus de conséquences dans les scénarios où un pilote manœuvre pour éviter un tir de missile». Le tremblement dégrade également les gyroscopes dans les plates-formes d’inertie qui sont essentielles pour le contrôle de vol, de navigation, et les armes visantes. DOT & E a expliqué que c’était là un problème récurrent : «Dans des conditions de vibrations lourdes, qui se produisent entre 20 et 26 degrés d’angle d’attaque, des défaillances sont apparues dans les unités de mesure inertielle (IMU) de l’avion, qui dégradent le système de commande de vol (deux des trois canaux de contrôle de vol deviennent invalides), nécessitant une interruption de vol.»

Il est invraisemblable qu’un aéronef avec ces problèmes inhérents dans l’utilisation la plus élémentaire de ses armes et dans les manœuvres d’un duel puisse être approuvé pour la mise en service, et pourtant, le Corps des Marines et la Force aérienne insistent avec leur calendrier pour une homologation des capacités opérationnelles initiales en 2015 et 2016, respectivement. Si la surveillance interne et externe du Pentagone et du Congrès avait un quelconque effet opératoire, ces problèmes seraient des feux rouges.

Défaillances du logiciel ALIS

Le logiciel du F-35 comprend plus de 30 millions de lignes de code de programmation informatique, entre ses diverses versions, dans son Système d’information logistique automatique basé au sol (ALIS), système de données et de la logistique de combat ordinateur. Pour mettre cela en perspective, le GAO (Cour des comptes US) a témoigné en 2012 que la quantité de code embarqué dans l’avion était environ trois fois supérieure que sur le F-22A et six fois plus que sur le F-18E / F Super Hornet. (...) Ces défaillances concernent des inexactitudes de navigation du système, des instabilités qui retardent les tests de précision des armes, des échecs dans la collecte par le logiciel des données en provenance de capteurs multiples qui créent de fausses alarmes et des fausses pistes sur les cibles, et une telle croissance de la taille et du poids du système multi-ordinateur ALIS que cela l’empêche d’être installé sur le F-35. La taille et le poids de ALIS sont si importants qu’ils nécessitent la conception et le développement d’un nouvel ensemble d’ordinateurs ALIS plus miniaturisé, ce qui nécessitera une toute nouvelle série de tests de validation. (...)

Comme l’avion lui-même, sa composante logicielle de soutien essentiel, ALIS, n’est pas prête pour l’emploi opérationnel. »

Mandy Smithberge

L'avis d'un journaliste israélien (extraits)

 

Judah Ari Gross Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël. (Avril 2016)

Un avion de combat furtif F-35 a abattu deux jets MiG-29 avant d’abattre une batterie de missiles sol-air dimanche matin. Enfin, dans un simulateur à l’Hôtel Hilton de Tel-Aviv.

(...) Le programme pour élaborer le F-35 devrait coûter plus de 1,5 millier de milliards de dollars – oui, millier de milliards – et l’avion n’est pas encore pleinement opérationnel, et ne le sera pas dans les prochaines années, selon les propres projections de Lockheed Martin. Ce chiffre comprend 400 milliards de dollars qui seront investis dans le développement et la production de l’avion de combat de prochaine génération et les coûts d’exploitation de la flotte d’avions de guerre.

Bien qu’il puisse être mis en service en Israël dès l’année prochaine, la plupart estiment que le F-35 ne sera complètement fonctionnel qu’en 2021. Les sièges éjectables du F-35 ont été jugés dangereux pour les pilotes pesant moins de 75 kg. Il y a des bugs de programmation dans les 8 millions de lignes de code du système avionique et du système d’armes de l’avion. Le casque, conçu par Elbit Systems d’Israël, est si grand qu’il serait difficile pour les pilotes de tourner la tête dans le cockpit. (...)

De graves lacunes

L’avion de combat furtif F-35 est conçu pour effectuer une variété de missions – courses de bombardement, appui aérien rapproché pour protéger les troupes sur le terrain, combat et reconnaissances aériens. (...) Pourtant, dans plusieurs de ces catégories, les avions préexistants restent mieux adaptés à la tâche, ce qui a été reconnu par les membres de l’équipe du F-35. Les bombardiers, par exemple, peuvent voler plus loin avec de plus grandes charges. Pour l’appui aérien rapproché, il y a peu d’options qui surpassent les hélicoptères, y compris la flotte d’hélicoptères israéliens d’attaque Apache, qui peuvent effectuer des missions antichar ainsi que fournir une couverture pour les troupes terrestres.

Le F-35 a également été considéré comme « sensiblement inférieur » au F-15, vieil avion de chasse de plus de 40 ans, avec lequel a été organisé un accrochage, selon un document non classifié écrit par un pilote d’essai du F-35, qui a été obtenu et publié le site de nouvelles militaires « War is Boring » en 2015. (…) Le F-35 a de nouveau été inondé de critiques et a fait l’objet d’une certaine dérision, à la suite de la publication du rapport critique qui a trouvé des dizaines de déficiences graves dans l’avion, comme il l’a également été rapporté aux Etats-Unis. Jusqu’à présent, seule la version de l’US Marine Corps de l’avion, le F-35B, a été jugée opérationnelle. Toutefois, cette désignation peut être uniquement une expression. Le F-35 de la Marine Corps ne peut pas encore fonctionner par lui-même dans des scénarios de combat, selon le rapport. Il a du mal à identifier et à répondre aux menaces, et en raison de son stockage d’armes limitées – il ne peut contenir que deux missiles ou bombes à la fois – il nécessitera un appui aérien supplémentaire « si les opérations sont contestées par des avions de combat de l’ennemi », (...). Un soutien peu encourageant pour un avion qui devrait arriver en Israël dans un peu plus de huit mois. (…) »

Encore des problèmes techniques...

19/06/2017 La Tribune

Lockheed Martin espère donc vendre pour plus de 37 milliards d'euros 440 F-35 à onze pays. Cinquante-cinq avions de chasse F-35 de Lockheed Martin vont pourtant rester cloués au sol jusqu'à nouvel ordre sur une base de l'armée américaine dans l'Arizona en raison de problèmes avec les masques à oxygène, a annoncé lundi dernier un porte-parole de l'US Air Force. Les vols d'entraînement avec ces appareils (...) sont désormais suspendus sine die. Ces 55 avions représentent environ un quart des plus de 220 F-35 utilisés à travers le monde. Les vols de F-35 se poursuivent sur les autres bases de l'armée de l'air américaine. (...)

Le fric plus fort que les enjeux stratégiques fondamentaux

La Russie peut donc à priori dormir tranquille. Équipant son armée de l'air et celle de nombre de ses alliés avec ce type d'appareils, la puissante Amérique se désarme et conduit son camp au désastre en cas de conflit. La France ne reste pas si mal placée avec son Rafale. Mais dans la dérive otanienne actuelle, peut-être achètera-t-elle le F35 un de ces quatre pour complaire au « patron » ? Soyons assurés que le choix du F35 par certains alliés des Etats Unis doit beaucoup à la corruption et peu à une réflexion géostratégique et militaire raisonnée. Est-ce l'une des formes de la décadence occidentale tant décriée ici et là par des oiseaux de mauvais augure ?

Cet appareil mal conçu est donc avant tout une très juteuse opération financière, symbolique du capitalisme mondialisé structuré autour de la financiarisation sans frontières qui caractérise notre époque. On mesure en tout cas à quel point les rodomontades et les menaces militaires cachent parfois de vils intérêts financiers qui, une fois encore, peuvent précipiter l'humanité dans une guerre catastrophique.





Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.