M. Perrault, mobilisez-vous !

Le part-pris est-il compatible avec l'objectivité?

 

Un mur de plus ! Et celui-là ne doit rien au libéralo-fascisme d'un voyou comme Victor Orban, ce dirigeant haï qui ceinture son pays d'une clôture infâme. Ce mur sera bien de chez nous, sans une ombre de « magyarité » et en béton, pas seulement en fil de fer barbelé. Caramba, M. Hollande aurait-il pris conseil auprès du despote hongrois ?

On attend donc des hérauts autoproclamés des droits de l'homme une réaction tonitruante dénonçant sans ambages ce pas très visible vers une société de surveillance généralisée où l'  « étranger », tellement célébré ici et là, devient l'ennemi pas encore à abattre, mais à tenir vigoureusement en respect. M. Perrault, à vous de jouer !

 

(L'information sur ce futur mur financé par nos amis anglais m'a été communiquée par la rédaction de Médiapart, source RFI, suite à ma demande, l'info ayant filtré sur le Net. Merci à la rédaction.)

 

A remarquer que la présence de la « jungle de Calais » ne doit rien au hasard, mais à l'incapacité de nos gouvernants (MM; Sarkozy et Hollande, à priori!) de gouverner dans un sens ou dans un autre. A remarquer également que le gouvernement hongrois n'est pour rien dans la panique créée par l'incurie de l'UE sur des territoires où il n'a pas autorité et qu'il ale droit de décider souverainement ce qu'il doit faire en la matière. Tout comme la France et l'Angleterre.

 

Après tout, que chacun pense ce qu'il veut de ce morcellement sans fin de l'UE (est-elle en soins palliatifs?), mais un nouveau mur va voir le jour à quelques encablures des salons parisiens, ce qui ne saurait manquer de susciter un fronde de bon aloi. Si M. Orban est un voyou, gageons qu'il a trouvé à qui parler auprès de ses homologues Ouest-européens.

 

« Calais: construction prochaine d'un mur anti-migrants financé par le Royaume-Uni

 

Par RFI

 

mediaL’une des extrémités de la jungle longe la rocade menant au port de Calais, fin 2015. Au début de l’été 2015, la Grande-Bretagne a financé l’installation de barrières empêchant ainsi les migrants de grimper dans les camions lors des embouteillages. Alice Pozycki

 

Londres a annoncé la construction d'un mur dans le port de Calais pour empêcher les migrants et réfugiés de monter à bord des camions à destination de la Grande-Bretagne. Les travaux vont commencer ce mois-ci et devraient être terminés à la fin de l'année, mais déjà les associations de poids lourds ont critiqué un projet coûteux et totalement inefficace.

 

Déjà surnommé « la grande muraille de Calais » par certains médias, ce mur haut de quatre mètres sera érigé le long de la rocade portuaire sur un kilomètre. Présenté comme une construction anti-bruit et anti-intrusion, il sera construit en béton lisse pour décourager les tentatives d'escalade et recouvert d'un côté de végétation pour tenter de se fondre dans le décor. Un système anti-franchissement a également été prévu, ainsi que des caméras de surveillance et des éclairages permettant de visualiser clairement les abords du mur la nuit.

 

La direction interdépartementale des routes a été désignée comme maître d'ouvrage et les travaux ont été confiés à la Société d'exploitation des Ports du Détroit, une société de travaux publics française, a confirmé à RFI la préfecture de la région de Pas-de-Calais.

 

Près de trois millions d'euros endossés par Londres

 

Robert Goodwill, le ministre britannique de l'Immigration, a précisé ce mercredi que le coût de ce mur, évalué à 2,7 millions d'euros, serait intégralement pris en charge par les autorités britanniques, indique notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix. L'argent sera prélevé sur la contribution britannique à un fonds conjoint franco-anglais. Un fonds de 20 millions d'euros qui a pour vocation de renforcer les infrastructures de sécurité à Calais.

 



 

Le ministre a aussi assuré que le dispositif de sécurité à Calais était en cours de renforcement alors que de nombreux migrants et réfugiés qui vivent dans le camp de la Jungle à proximité du port continuent de tenter quotidiennement de passer de l'autre côté de la Manche.

 

Quelle efficacité ?

 

Mais loin de calmer les esprits, l'annonce de la construction de ce mur a immédiatement provoqué la colère des premiers concernés, les chauffeurs routiers. Plusieurs associations de poids lourds britanniques estiment que le mur ne règlera pas le problème et critiquent un gâchis financier.

 

Leurs responsables dénoncent le manque de sécurité alors que les agressions contre les chauffeurs de la part de migrants se multiplient. Les routiers demandent eux une plus forte présence policière et un endroit sûr pour stationner et vérifier le contenu de leur camion avant d'embarquer pour le Royaume-Uni.

 

Craintes des associations

 

Pour Christian Salomé, président de l'association l'Auberge des migrants qui vient en aide aux réfugiés dans la lande calaisienne, la construction de ce mur est un non-sens. « On a déjà 50 kilomètres de barbelés autour du port et autour du tunnel. [...] On ne va quand même pas construire des barbelés tout le long de l'autoroute jusqu'à Paris », dénonce-t-il. Pour lui, il faudrait « prendre le problème à la base et se reposer la question de l'opportunité du blocage de la frontière anglaise ».

 

L'association craint aussi pour la sécurité des migrants. Le fait que ce mur de béton soit construit le long de la rocade pourrait s'avérer « dangereux » pour les migrants, prévient Christian Salomé, « parce qu'actuellement les migrants bloquent la circulation sur la rocade où la vitesse est normalement limitée à 90 km/h ». Le fait d'ériger ce mur tout autour de la route « va repousser ces barrages sur l'autoroute A16 ». Ce qui pourrait entraîner « des accidents beaucoup plus graves », étant donnée la vitesse bien plus élevée des véhicules sur l'autoroute. »

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.