Colissimo : de l'incompétence à l'escroquerie?

La Poste traite mal ses client

"Colissimo – Des services d'envoi et de livraison pour vos colis - La Poste » … Voilà l'intitulé qui présente sur une page Google le service d'envoi de La Poste, qui forte d'une modernisation à marche forcée, se targue de fournir une prestation précise et efficace à ses « clients », le mot « usager » étant passé de mode. Sur le plan du coût d'un envoi, le terme « client » est de toute évidence plus adapté.

Pour ce qui est de l'efficacité, « il y a à dire »... La preuve par un triste exemple (prouvable hélas!) :

un citoyen français ayant choisi de vivre en Hongrie le temps de sa retraite est en visite chez son frère dans le Sud de la France. Il décide de s'envoyer (à l'adresse de son domicile hongrois, près de Budapest) un colis de produits français et se présente pour cela à la poste de Peypin (Bouches du Rhône). Poids de l'objet, un peu plus de 6 kg. Prix à payer : 35 euros. Nous sommes le 17 septembre 2017. Il remplit le formulaire idoine, le nom de son frère vivant en France figurant en tant qu'expéditeur, le sien en tant que destinataire.

Le 18 septembre 2017, il reprend l'avion vers Budapest, confiant dans les services de Colissimo, et assuré de recevoir son colis qui devrait arriver dans une semaine au plus, dixit la préposée de service qui l'a accueilli à la Poste de Peypin. Mais voilà, point de colis en Hongrie à la date annoncée. Le « client » fait confiance à Colissimo et attend, jusqu'au jour où son frère lui apprend que son colis est arrivé... chez lui, son frère, qui pourtant était l'envoyeur officiellement enregistré par les services postaux. Et ce le 14 octobre suivant. Donc, ce colis a mis une trentaine de jours pour retourner d'où il venait (en étant passé par la Hongrie), ce qui est une médiocre performance, à tout le moins !

La logique du plus fort

L'expatrié, depuis son domicile hongrois, entreprend d'user d'internet pour alerter les services Colissimo. Qui fort courtois, lui conseillent... d'enquêter en Hongrie auprès de l'entreprise chargée de l'acheminement des colis français (vers la Hongrie?), et en Hongrie même.

Le client répond à ses interlocuteurs que Colissimo étant le donneur d'ordre, c'est à cette entreprise de savoir pourquoi l'envoi est un échec et réclame le remboursement des 35 euros, indûment perçus par Colissimo. Le dernier message dans ce sens est envoyé par mail à la mi décembre 2017. Et alors, que se passe-t-il ? Rien. Plus de son, plus d'image. On sait bien dans ces « grosses boîtes » qu'un particulier n'entamera pas une coûteuse action en justice pour récupérer ses 35 euros. On s'y fiche apparemment de la réputation de Colissimo qui, de toute évidence, reste inerte face à ses responsabilités quand il s'agit de rembourser une prestation non fournie. En cette fin janvier 2018, le préjudice subi par le client n'est pas réparé, et ce dernier doute fort qu'il va faire l'objet d'un rappel véhément lui enjoignant d'encaisser un chèque de remboursement.

Ce modeste article est donc la dénonciation de ces petits « trucs » qui agacent les citoyens de bonne foi, et d'une pratique commerciale inepte, dans la mesure où il existe apparemment dans cette boutique une crispation sur le « fric », au détriment du service rendu et du respect de la clientèle.

Pour résumer, non seulement Colissimo fait semblant de ne pas savoir ce qui se passe dans ses réseaux de distribution mis en place en Europe, mais en outre, capte l'argent de ses clients toute honte bue en leur demandant d'enquêter à sa place, ce qui est un comble. A la lumière de cette expérience, mieux vaut donc se méfier de cette antenne de La Poste, qui paraît plus intéressée par la facturation que par l'exécution de ses missions, en l'occurrence, envoyer un colis français dans l'UE. Car, pour ceux qui l'ignoreraient, la Hongrie est membre de l'UE. Une jolie performance à souligner.

 

 

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