CARTE DE PRESSE OU CARTE DE SONDEUR ?

La profession de sondeur est réglementée depuis ses débuts, mais rien n'a été fait ensuite lorsqu'elle s'est développée, essentiellement pour répondre à des commandes publiques, et le plus souvent par de sociétés liées au pouvoir politique (OpinionWay, Ipsos, IFOP, BVA).

 

La loi interdit de publier un sondage 48 heures avant une élection... mais 49 heures avant vous pouvez publier n'importe quoi. La "Commission des sondages", est payée (avec l'argent des contribuables) à ne rien faire. Paradoxal, non ? Mais cessons les pleurnicheries. Ce qu'attendent les français de l'opposition (et des scientifiques et des personnalités de la société civile), c'est une proposition de loi réglementant strictement cette activité:

 

 

1 - libéralisme : interdiction du dumping (sondages gratuits)

2 - libéralisme : interdiction du dumping, par un prix minimum par nombre de personnes interrogées, pour favoriser les sondages de visu

3 - indépendance : création d'une carte sondeur comme il existe une carte de presse, avec une clause de conscience

4 - transparence et intégrité : obligation de rendre publics les résultats "bruts" des sondages (avant redressement)

5 - transparence et intégrité : obligation à tout site web qui reproduit un chiffre de sondage à faire un lien clicable vers l'ensemble des questions du sondage

6 - transparence et intégrité : tout lancement de sondage doit être public, afin de permettre à l'opposition ou aux personnes mises en cause de se défendre

7 - professionnalisme : possibilité de retirer son habilitation à un institut (ce sont bien des instituts, pas des échoppes) après plusieurs manipulations

8 - professionnalisme: principe du consens par un droit de veto de l'opposition sur les nominations à la commission des sondages

9 - professionalisme : interdiction des sondages par Internet

10 - indépendance : interdication de réaliser + 30% de son activité par commandes publiques

 

Chacun de ces 9 principes est indivisibles des autres.

 

Je fais le pari qu'une telle réforme augmentera le nombre d'instituts (par moins de dumping et moins de favoritisme d'état) et le nombre de sondeurs (par des enquêtes plus sérieuses et plus longues), même s'il y aura in fine un peu moins de sondages publiés/assénés... et donc un peu plus de curiosité des journalistes et de leurs lecteurs, qui apprendront à nouveau à se poser des questions sans se faire asséner sur tout sujet la réponse automatique "l'opinion pense" qui comporte en filigrane l'obligation de rentrer dans le troupeau de moutons.

 

 

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