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Billet de blog 16 avril 2015

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DE QUOI L'AFFAIRE LE PAON EST-ELLE LE NOM ?

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

De quoi "l'affaire Lepaon" est-elle le nom?

Si l'affaire se termine bien[1], grâce à l'intelligence collective dans la CGT, "l'affaire Lepaon" est révélatrice, entre autre, de la nature des nouvelles formes d'engagement. Si "la lutte des places" a toujours existé, il semblerait qu'aujourd'hui la motivation soit davantage dans les attributs de la fonction que dans l'aspiration au pouvoir pour faire. Trouverait – on dans le syndicat des avantages (salaires, voyages, réceptions,…) que l'on  n’a plus dans l'emploi? Ainsi, l'organisation syndicale serait une solution individuelle pour un ascenseur social, en panne dans l'entreprise!

Faute de droits interprofessionnels pour les salarié-e-s du privé, la CGT doit verser elle-même le salaire des permanents. Outre le lien de subordination, ce qui peut étonner c'est quand le salaire dans l'organisation syndicale est très largement supérieur à celui que "le – la camarade" touchait dans l'emploi. Les germes de la "bureaucratisation" de l'appareil sont là. Quelle vie démocratique possible, si le-la permanent-e s'accroche à sa place, faute de mieux?

D'ailleurs le MEDEF et les patrons encouragent à "la professionnalisation des syndicalistes", faisant ainsi la part du feu en rémunérant des "permanents en permanence" à condition qu'ils ne soient plus dans les ateliers et les bureaux au contact d'un salariat à qui ils font "suer le burnous"! Cette "professionnalisation" sous couvert de "dialogue social efficace", permet également de créer un entre-soi où la motivation notabilière n'est jamais très loin!

Ces dérives discréditent le mouvement syndical (et au passage ceux qui ont un engagement altruiste) et même plus largement tout engagement devenu suspect et résumé dans des formules lapidaires telles que "c'est que la place est bonne" et le funeste "tous pourris"!

Pour éviter de pourrir par la tête, les solutions sont connues: rotation et non cumul des mandats, rajeunissement et féminisation des responsables, renforcement pour avoir une organisation "de masse" et non pas des syndicats d'élus, et un fonctionnement démocratique où chacun-e compte pour un-e. Cette sinistre affaire Lepaon aura été un mal nécessaire, si la CGT, (et les autres syndicats? Et les partis politiques?), en tire les conséquences.

Par exemple ouvrir véritablement la CGT[2] à toutes et tous les salarié-e-s (des TPE, les précaires, les privés d'emploi[3],…), faciliter la formation économique, sociale et syndicale de tou-te-s les adhérent-e-s pour faire de chaque salarié-e, un-e- syndiqué-e et de chaque syndiqué-e, un-e militant-e!

Puisse cette "hygiène de vie collective" redorer le blason du syndicalisme et l'envie des salarié-e-s de rejoindre le mouvement!

Jean Claude Marseille


[1] Thierry Le Paon, N°1 de la CGT, grisé par l'ivresse du pouvoir, s'est laissé aller à l'obtention d'attributs "bling-bling" habituellement dénoncés par le CGT. Ses opposants à la direction de la centrale, ont fait fuiter l'affaire dans la presse. Démocratiquement la CGT a réglé "la crise" puisqu'on été demis les uns et les autres et que le bureau confédéral a été entièrement renouvelé, autour de Philippe Martinez, nouveau Secrétaire Général.

[2]  Une série de 2000 rencontres entre la direction de la CGT et les syndiqué-e-s est  prévue dans le cadre de la préparation du 51ème congrès qui aura lieu à Marseille en Avril 2016.

[3] La CGT est la seule organisation syndicale dotée d'un Comité National des Privé-e-s d'Emploi. Il revendique  10 droits fondamentaux pour les chômeur-euse-s.

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