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Le Club de Mediapart dim. 24 juil. 2016 24/7/2016 Édition de la mi-journée

Breton et fier de l’être : samedi j’étais à Carhaix. Par Yves-Marie Le Lay

Je suis breton et fier de l’être. Samedi, j’étais à Carhaix, pas à Quimper. Pourtant, parait-il, l’avenir de la Bretagne, se jouait dans la capitale de la Cornouaille. Ce grand bal pour l’emploi était organisé par les pollueurs de nos rivières et de notre littoral, et par les exploiteurs de la force de travail bretonne. Avec un tel passif, qu’est-ce qui les autorisait à défendre notre région qu’ils ont tant abîmée ?

Je suis breton et fier de l’être. Samedi, j’étais à Carhaix, pas à Quimper. Pourtant, parait-il, l’avenir de la Bretagne, se jouait dans la capitale de la Cornouaille. Ce grand bal pour l’emploi était organisé par les pollueurs de nos rivières et de notre littoral, et par les exploiteurs de la force de travail bretonne. Avec un tel passif, qu’est-ce qui les autorisait à défendre notre région qu’ils ont tant abîmée ? On pouvait encore penser hier que c’était le prix à payer pour une économie florissante. Forts alors de ce seul actif, ces acteurs de premier plan donnaient l’illusion d’une certaine compétence, les autorisant à un grand rassemblement pour l’emploi. Mais devant l’effondrement de l’économie bretonne dont ils sont les seuls responsables, quelle légitimité ont-ils encore à parler d’économie et d’emplois ?
 Il leur aura suffi de casser quelques portiques d’éco-taxe pour redorer leur blason et trouver le coupable idéal. Comme les garnements dans la cour de récréation, pris la main dans le sac, ils disent alors : c’est pas nous, c’est les autres. Et les autres, ce sont toujours ceux qui sont loin : Paris, la République, l’Europe, la mondialisation, tout ce qui mettrait des freins à l’économie. Se dessine alors le cadre idéal : les autres sont les méchants responsables de tous nos malheurs. Faisons bloc entre nous Bretons contre eux. Et il faudrait croire à cette fable battue et rebattue qui a conduit à tant de tragédies ?
 Je suis breton et fier de l’être, et me voilà invité par ceux qui ont apporté à la Bretagne la pollution de l’eau, les troubles musculo-squelettiques et maintenant la fermeture d’usines agroalimentaires, malgré des aides publiques massives. Me voilà invité à Quimper par tous ceux qui ont perdu la Bretagne depuis 40 ans et qui n’ont comme avenir à lui proposer que de continuer à la gérer comme avant pour la perdre demain encore et toujours ! Me voilà invité à Quimper par des décideurs publics et privés incompétents et cyniques qui cachent mal sous leur bonnet rouge les oreilles de leur bonnet d’âne !
 Quant aux salariés de l’agroalimentaire, on est triste pour eux, tant leur désarroi les égare.  Les voilà mariés, bras dessous bras dessous, avec ceux qui ont cassé leur corps pour trois francs six sous et qui leur promettent pour avenir de continuer à le faire pour encore moins cher ! Inutile de se voiler la face. Samedi à Quimper, ce n’était pas un bal de mariage, seulement et tristement le bal des cocus...
 
 C’est parce que je suis breton et fier de l’être que je n’en peux plus de cette Bretagne qui souffre et surtout de tous ceux qui la font souffrir ! Je n’en plus de tous ces bateleurs d’une bretonitude rabâchée et racoleuse qui s’en servent pour mieux asservir les corps et les esprits ! Etre breton, c’est autre chose que d’être supporter d’un club de foot et d’applaudir  les vedettes payées à prix d’or ! Etre breton, c’est respecter la dignité des femmes et des hommes. Etre breton, c’est respecter l’environnement dans lequel ils vivent et qui les fait vivre ! Etre Breton, c’est avoir l’humanité comme maison, et la Bretagne comme berceau.
 C’est parce que je suis breton et fier de l’être que je veux que tous les enfants de cette terre aient un avenir différent de celui qu’ont connu beaucoup de leur parent. Et pour cela, qu’on ne me demande pas de faire confiance à ceux qui portent depuis 40 ans ce modèle économique et humain qui a tant failli en Bretagne. Il faut en changer et ce changement se fera sans eux.
 C’est pour cela que j’étais à Carhaix. Samedi, c’est là que je me suis senti breton, avec toutes les organisations syndicales et politiques qui pensent un autre avenir pour notre région.
 Dans la capitale du Poher, loin de tous les démagogues nationalistes qui agitent le gwen a du et le bonnet rouge pour mieux masquer qu’ils sont les auteurs de la crise sociale, environnementale, économique et politique, loin des fossoyeurs de la Bretagne, il faisait bon être breton.
 Yves-Marie Le Lay Locquirec le 03 novembre 2013

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Citoyen lucide et acide

Le blog

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Lettre du Collectif des Citoyens Indignés au maire de La roche Derrien

À propos du blog
Monsieur le Maire,    Le 19 mars prochain sur le parvis de la mairie de Morlaix à midi, le Collectif des Citoyens Indignés organise son tocsin trimestriel contre la dégradation des bâtiments publics et l’impunité dont jouissent leurs auteurs. Il a choisi cette date en mémoire du saccage de l’Hôtel  des Impôts le 19 septembre 2014 en cette même ville de Morlaix, sans qu’aucun coupable n’ait été identifié à ce jour. Et comme l’impunité appelle la récidive, personne ne peut être surpris des dégradations commises récemment par les mêmes organisations syndicales qui ont pignon sur rue et entrée aux ministères quand ce n’est pas au domicile des ministres eux-mêmes.    Votre commune a été victime, comme bien d’autres, de ces violences gratuites sur le rond-point d’accès au centre bourg, avec brûlage toxique de pneus, dépôt sauvage de détritus de toutes sortes et en particulier de résidus amiantés. Nous saluons votre protestation publique devant ces actes inadmissibles dont on doit craindre qu’ils restent impunis comme tous les autres. Et cette crainte est d’autant plus fondée que le Président du Département des Côtes d’Armor, qui gère cet espace public, s’honore de ne pas porter plainte contre les auteurs de ces dégradations commises à La Roche Derrien, comme ailleurs. Le représentant de l’ordre public encourage le désordre public et incite à le continuer demain ! Mais c’est aussi dire aux contribuables costarmoricains qu’ils pourront toujours payer les dégâts, même si pour des raisons d’économie, ils ont auront droit à moins d’activités culturelles.    Monsieur le Maire, dans un État de droit, vous nous répondrez que vous n’avez fait que votre devoir. Et la question qui se pose à la Bretagne et à notre pays tout entier est de savoir comment se fait-il que parmi tant d’élus de la République vous soyez le seul à le faire ? Quand vos collègues ne se taisent pas, ils commettent pire, le soutien affiché aux auteurs de ces violences ! Et pour eux, le prétexte est la juste cause qui les motiverait. Là, encore, nous saluons votre réponse : on peut et même on doit comprendre le désespoir d’une profession. On ne peut pas excuser et encore moins soutenir sa manifestation violente. Sinon, qu’attendent les petits commerçants, les petits entrepreneurs et bien d’autres qui eux aussi vivent mal ou pas de leur travail pour casser à tout va les biens publics qui profitent à toutes et à tous ? Que diront demain ces élus devant le geste désespéré contre un bâtiment public ou pire contre un fonctionnaire d’un chômeur en fin de droit ? Parce que tous ceux-là ne sont pas exploitants agricoles adhérents d’un syndicat majoritaire, ils n’auront droit qu’à la stricte application de la loi ? Et ce que nous comprenons aussi à travers la fermeté de vos déclarations, c’est la manipulation dont est l’objet ce légitime désespoir de toute une profession. Qui est responsable de la chute des cours du lait sinon ceux qui soutiennent aujourd’hui le syndicat qui leur a susurré hier à Bruxelles la fin des quotas ? Qui est responsable de la chute des cours du porc, si ce ne sont les coopératives de producteurs qui imposent les prix les plus bas ? Mais tout cela ne se dit pas, parce qu’il faut que tous ces désespérés qui cassent à tout va des rond-points à la Roche-Derrien détournent leur regard de tous ceux qui les ont conduit là où ils en sont et acclament les mêmes qui les conduisent là où ils sont.    Monsieur le maire, pour toutes ces raisons, nous serions très honorés de votre présence à nos côtés samedi 19 mars à midi à Morlaix. Ensemble nous sonnerons le tocsin, cette alerte aux pouvoirs publics pour que la République vive et qu’aucune violence aux biens et aux personnes ne reste impunie. Nous dénoncerons ces accommodements déraisonnables entre gouvernants de collectivités territoriales et un syndicat agricole. Que ce soit aussi l’occasion à toutes les citoyennes et les citoyens responsables ne nous rejoindre. Collectif des Citoyens Indignés Ouest-France : La Roche-Derrien. Crise agricole : « Pas élu pour me taire » http://www.ouest-france.fr/bretagne/la-roche-derrien-22450/la-roche-derrien-crise-agricole-pas-elu-pour-me-taire-4066132 Album photos Centre des Impôts de Morlaix et MSA 20.09.14 https://www.flickr.com/photos/pyb29/albums/72157647434587667