Quentin Laurent

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Billet de blog 5 avril 2011

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Le dimanche à Hénin-Beaumont, c'est le soir des cantonales

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"On va pas vous manger hein" lance une sexagénaire trapue au journaliste qui lui emboite le pas dans les escaliers.

A l'étage: le QG héninois du secrétaire général du Front National Steeve Briois. Noir... de monde. Des militants, avachis dans les canapés en cuirs, regardent s'affairer le bataillon de journalistes qui courent dans tous les sens. Betacam sur l'épaule pour lui, bloc notes en main pour elle. Il est 19 heures passé, tout ce petit monde attend avec impatience les résultats du second tour des élections cantonales.

L'enjeu: la possible élection de Steeve Briois comme conseiller général dans le canton de Montigny en Gohelle (dont fait partie Hénin-Beaumont). Une première pour le parti frontiste qui n'en compte jusqu'à présent aucun en France. Déjà membre du conseil municipal de la ville d'Hénin Beaumont, fief de Marine Le Pen, il a obtenu 35.88% des voix au premier tour des élections cantonales, devançant tous les autres candidats.

Trois mamies qui papotent sur des chaises "ah non pas de photos hein", d'autres convives aux visages figés, patientent sur la terasse couverte. Peu de jeunes, un public majoritairement composé de quadra-sexa, look populaire ou vétéran de guerre.

La défaite en chantant

Ca commence à gribouiller sur les calepins. Les résultats parviennent petit à petit au QG... Briois ne sera pas élu. Battu par le candidat socialiste Jean-Marie Picque, il frôle les 45%. Le responsable frontiste sort de son placard, sourire aux lèvres.

"L'appel à faire barrage n'a pas fonctionné. Le Front Républicain n'a pas marché! Les vainqueurs aujourd'hui, c'est nous!" lance le joyeux vaincu. Tout le monde applaudit, des clap-claps en cascade viennent accueillir la bonne parole du hardi déconfit. "Au bureau d'Hénin Beaumont nous avons réalisé 52% des voix! En 2004 c'était 36%! En 2012, nous pulvériserons les scores assène-t-il. C'est un véritable vote d'adhésion, les habitants d'Hénin me font confiance!"

Une méthode Coué de rigueur ce soir pour les frontistes nordistes. Une technique de communication bien rôdée, ne rien laisser paraitre et jouer à fond sur la progression, réelle, du FN. Mais derrière le faux sourire de leur candidat et de son staff, certains militants peinent, eux, à cacher leur désarroi: "Les électeurs ils ont rien compris, ils aiment bien qu'on les encule".

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