Quentin Laurent
Journaliste étudiant à l'Ecole Supérieure de Journalisme de Lille
Abonné·e de Mediapart

8 Billets

0 Édition

Billet de blog 29 avr. 2011

François had a dream - Le "rêve français" d'Hollande

Quentin Laurent
Journaliste étudiant à l'Ecole Supérieure de Journalisme de Lille
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Salle comble pour accueillir l'ancien premier secrétaire du Parti Socialiste, récemment déclaré candidat à la primaire pour la présidentielle de 2012. Plus de deux mois avant le début officiel des primaires socialistes, François Hollande a décidé d'ouvrir les hostilités en tenant son premier meeting à Clichy, en banlieue parisienne.

Levier. Mercredi soir, le Corrézien n'a pas fait de chichi. Il est en campagne et sait ce qu'il veut: aller jusqu'en 2012, et plus si affinités avec les Français. Fiscalité écologique, un "pacte productif" pour relancer la croissance par l'investissement, indexation du SMIC sur les prix et la croissance. Et au coeur de ce fleuve ininterrompu de propositions: les jeunes. Depuis la petite enfance, création de 500.000 places en crèches, jusqu'à la lutte contre l'échec scolaire en primaire et le développement de filières professionnalisées au lycée, François Hollande a dit souhaiter "faire de la jeunesse un levier pour la France".

En citant les grandes étapes de la victoires de la gauche, du Front Populaire jusqu'à 1997 en passant par la présidence de Mitterrand, l'autre François, Hollande s'est affirmé et a émis le voeu de faire "que 2012 soit le nouveau 1981". Cru mystique de la légende socialiste.

Eloge de la constance. Il s'est également attardé sur le rôle et les qualtiés du chef de l'Etat, nécessaire modèle "de constance d'équilibre", qui doit "faire appel à la raison plutôt qu'à l'émotion" dans son action quotidienne. En filigrane, une pique directe à Nicolas Sarkozy, également accusé de légitimer l'extrême droite en chassant sur ses terres. Hollande a également eu quelque pensée pour le Front National, dont Marine Le Pen ne représente "qu'un coup de jeune aux mêmes thèmes, aux mêmes illusions, aux mêmes idées" a déclaré le socialiste. Insistant sur le fait que la droite et l'extrême droite sont les "deux seuls adversaires" à combattre, il a montré sa volonté d'être le candidat du Parti Socialiste, avant d'être candidat pour lui-même.

Mise en scène & interprétation. Ce n'est a posteriori pas un heureux hasard si le candidat socialiste a choisi le théâtre Rutebeuf pour sa première sortie, tant la prestation délivrée semblait relevé d'un acting bien travaillé. Tour à tour offensif et calme, appuyant ses envolées lyriques de grands gestes, François a voulu dévoilé un Hollande orateur, leader et maître de lui. Adieu "Flamby", le député corrézien s'essaie au costume de président(iable) pour faire taire ceux qui ne lui reconnaissent pas la stature pour prétendre à la fonction suprême. Et quitte à soigner le déroulé, autant ne pas lésiner sur la sortie: le challenger socialiste a quitté la scène sur L'avenir c'est nous du rappeur Rost. Un peu de méthode Coué et un clin d'oeil un poil caricatural aux jeunes, plus value revendiquée de son programme.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Des titres de séjour suspendus aux « principes de la République » 
Le ministre de l’intérieur veut priver de titre de séjour les personnes étrangères qui manifestent un « rejet des principes de la République ». Cette mesure, déjà intégrée à la loi « séparatisme » de 2021 mais déclarée inconstitutionnelle, resurgit dans le texte qui doit être examiné d’ici la fin de l’année. 
par Camille Polloni
Journal
Le gouvernement rate l’épreuve du feu
Le début du second quinquennat Macron n’aura même pas fait illusion sur ses intentions écologiques. Depuis le début de cet été catastrophique – canicules, feux, sécheresse –, les ministres s’en tiennent à des déclarations superficielles, évitant de s’attaquer aux causes premières des dérèglements climatiques et de l’assèchement des sols.
par Mickaël Correia et Amélie Poinssot
Journal — États-Unis
L’auteur britannique Salman Rushdie poignardé
Salman Rushdie était hospitalisé vendredi après avoir été poignardé, alors qu’il s’apprêtait à prendre la parole sur une scène de l’État de New York.
par La rédaction de Mediapart
Journal — Conjoncture
Le nouveau plein emploi n’est pas le paradis des travailleurs
De l’emploi, mais des revenus en berne et une activité au ralenti. La situation est complexe. Pour essayer de la comprendre, Mediapart propose une série de deux articles. Aujourd’hui : pourquoi le nouveau plein emploi ne renforce pas la position des salariés.
par Romaric Godin

La sélection du Club

Billet de blog
« Les Crimes du futur » de David Cronenberg : faut-il digérer l'avenir ?
Voici mes réflexions sur le dernier film de David Cronenberg dont l'ambition anthropologique prend des allures introspectives. Le cinéaste rejoint ici la démarche de Friedrich Nietzsche qui confesse, dans sa "généalogie de la morale", une part de cécité : "Nous, chercheurs de la connaissance, nous sommes pour nous-mêmes des inconnus, pour la bonne raison que nous ne nous sommes jamais cherchés…"
par marianneacqua
Billet de blog
« As Bestas » (2022) de Rodrigo Sorogoyen
Au-delà de l’histoire singulière qui se trouve ici livrée, le réalisateur espagnol permet une nouvelle fois de mesurer combien « perseverare » est, non pas « diabolicum », comme l’affirme le dicton, mais « humanissimum ». Et combien cette « persévérance » est grande, car digne de l’obstination des « bêtes », et élevant l’Homme au rang des Titans.
par Acanthe
Billet de blog
DragRace France : une autre télévision est possible ?
Ce billet, co-écrit avec Mathis Aubert Brielle, est une critique politique de l'émission DragRace France. Il présente la façon dont cette émission s'approprie les codes de la téléréalité pour s'éloigner du genre en matière de contenu et de vision du monde promue.
par Antoine SallesPapou
Billet de blog
33e Festival de Fameck - Mounia Meddour, Présidente du jury et l'Algérie, pays invité
L’édition 2022 du Festival du Film Arabe de Fameck - Val de Fensch (qui se tiendra du 6 au 16 octobre) proposera sur onze jours une programmation de 30 films. La manifestation mettra à l’honneur l’Algérie comme pays invité. Le jury longs-métrages du festival sera présidé par la cinéaste Mounia Meddour.
par Festival du Film Arabe de Fameck