«La bataille de Solférino», rencontre avec la cinéaste

Justine Triet: « J’ai écrit quelque chose de très précis sur un couple qui se déchire autour de ses enfants, mais en plongeant ce récit dans une journée qui nous concerne tous, en l’occurrence l’élection présidentielle. » Le film est actuellement dans les salles. Interview.

Justine Triet: « J’ai écrit quelque chose de très précis sur un couple qui se déchire autour de ses enfants, mais en plongeant ce récit dans une journée qui nous concerne tous, en l’occurrence l’élection présidentielle. » Le film est actuellement dans les salles. Interview.



Comment est née l’idée du film qui est de mêler l’histoire intime et l’histoire publique, la fiction et le documentaire ?

 

Je me souviens très bien du jour où j’ai eu l’idée. Tout est venu en même temps : l’histoire intime et le traitement de l’élection. Quelques jours avant, j’avais revu mon film documentaire, Solferino, avec une classe, pour une intervention dans le cadre scolaire. Je venais de terminer un premier court-métrage de fiction, et en rentrant, j’ai dit à mon copain que c’était plus excitant pour moi de réaliser des documentaires, comme je le faisais jusqu’alors que la fiction que je venais de tourner (le court-métrage Vilaine fille mauvais garçon, ndlr). Et c’est cette excitation, que je souhaitais retrouver dans le cadre d’un long-métrage de fiction.

Je me souviens que l’idée de mêler fiction et documentaire est venue oralement ce jour-là. Je souhaitais faire jaillir du réel dans une fiction très écrite. On parlait de la foule et de ces évènements que j’avais filmés précédemment (dans Solferino, ndlr), et de fil en aiguille, en revoyant mon documentaire, cette foule et ces nombreuses micro-scènes, une forme s’est imposée. Pour mon documentaire Solferino, j’avais tourné au siège du PS, rue de Solferino, les premiers et seconds tours, en 2007, avec Ségolène Royal. Je m’attachais qu’à la fabrication de l’événement : je filmais les journalistes, l’organisation, etc. De manière très simple. Il n’y avait pas d’histoire, juste l’enregistrement de ce qui se passait. J’aimais bien tous ces micro-évènements : les jeunes filles qui flippaient dans la foule, etc. Je me suis dit alors que ce serait un décor génial pour évoquer des évènements plus intimes. Parallèlement à cela, je souhaitais faire depuis un certain temps un film sur un mec qui serait éjecté par la société. Donc, en une journée, j’avais la trame générale du film. Au lieu de m’immerger dans un documentaire comme je le fais d’habitude, j’ai fait l’inverse : j’ai écrit quelque chose de très précis sur un couple qui se déchire autour de ses enfants, mais en plongeant ce récit dans une journée qui nous concerne tous, en l’occurrence l’élection présidentielle. Comme je connaissais très bien ce type d’événement, je prenais de l’avance sur la préparation. Puis, rapidement l’idée qu’elle soit journaliste est venue. Cela permettait de justifier sa présence sur place et de lui faire évoquer la tension que traversait le pays ce jour-là. Ce qui permet aux spectateurs de faire l’analogie entre ce que dit la journaliste de la tension, en ce jour, des français, avec la tension dans son couple. Toutes ces idées sont arrivées assez vite, et au même moment. Après, de manière plus intime, c’est un sujet qui me touche, même si ce n’est pas du tout autobiographique.

 

L’écriture du scénario s’est aussi passée rapidement ?

Je sortais de mon film précédent, Vilaine fille, mauvais garçon, qui se déroulait sur une nuit, et je souhaitais ce même type de forme, de course contre la montre. Les élections devenaient ainsi un sujet parfait dans la mesure où il y a une deadline.

 

Cette idée est née combien de temps avant l’élection ?

Un an avant, en mai, au moment où DSK s’est fait coincer. A ce moment-là, nous n’étions pas du tout certains que la gauche passerait, j’ai donc tout écrit, avec l’idée que Sarkozy gagnerait. L’héroïne du film devait être au milieu d’un parterre de jeunes filles en pleurs. Tout était imaginé et écrit autour de la victoire de la droite. D’autant que j’avais déjà filmé ces réactions en 2007. Je connaissais bien. Je trouvais super que l’héroïne subisse un drame intime, au centre d’un drame politique. La fin devait se terminer donc, dans un grand mouvement de rébellion ; une reporter de choc qui filme une nuit entière de rébellion. C’est devenu très différent dans le film. En même temps, le film reste proche au final : en dehors de la foule en liesse, la structure est très proche. La différence je pense, si Sarkozy avait gagné, est l’importance qu’aurait prit la part politique du film. J’aurais forcément beaucoup accentué sur la rébellion qui suivait l’élection – je pense que de nombreux groupes auraient manifesté pendant toute la nuit. L’écho en aurait été différent. Tout l’enjeu de ce type de projet réside justement dans cette impossibilité à figer le récit. Et de s’adapter. C’est ce qui m’intéressait.

 

Ce type de projet nécessite une préparation et une production singulière. Comment cela s’est il passé ?

Très vite, je me suis engagée avec Emmanuel Chaumet, producteur (Ecce films). Lui travaille de manière singulière, il ne lit pas les premières versions du scénario, par contre, on a mis en place ce qui est le plus compliqué : demander les autorisations de tournage, louer des appartements pour filmer d’en haut la rue de Solferino. C’était un enfer, nous ne savions pas où nous allions tourner une semaine avant le début : rue de Solferino ou l’autre QG de François Hollande ? Ils ne nous donnaient pas les informations pour des histoires de plan vigipirate. Jusqu’au bout, nous avons donc travaillé sur deux endroits. Plus l’UMP. On travaillait sur trois lieux potentiels. Les appartements à louer étaient très difficile à trouver : il était très important de pouvoir filmer d’en haut, de différents appartements, au cas où l’on se ferait virer d’en bas. On avait vraiment tout sécurisé. C’est un tournage très lourd en terme d’infrastructure et d’organisation, mais comme j’avais déjà fait ça en 2007, je ne partais pas de rien : nous étions 5 à filmer, je connaissais vraiment bien l’organisation de la journée. Ce n’était pas artificiel pour moi, c’était concret : j’avais déjà fait de nombreux films sur la foule, j’avais quelques notions. Emmanuel (Chaumet, le producteur, ndlr) me faisait confiance là-dessus.

 

Quel est votre budget au départ ?

Rien pendant très longtemps. Une semaine avant le début du tournage, on a eu Ciné + et une Sofica. Ciné + a vraiment été courageuse et nous a soutenu très vite après avoir vu mon film précédent, Vilaine fille, mauvais garçon. C’est très important de le souligner, ils ont joué un rôle moteur. On est parti avec 120 000 euros, ce qui est très peu pour un long métrage. Et nous avons eu une chance incroyable : une dérogation du CNC pour pouvoir tourner avant leur réponse officielle le jour du second tour, nécessaire au film. Ce qu’on a fait. Le 15 mai, nous avons la réponse du CNC (avance sur recette, ndlr) : positive. C’était inespéré. Au final, je crois que nous avons fait le film aux alentours des 800 000 euros.

 

Vous avez tourné en deux temps alors ?

Oui, heureusement le CNC nous a répondu assez vite après cette première journée de tournage. Nous avons enchaîné relativement vite. Nous avons donc néanmoins préparé et tourné une partie du film avec l’idée que nous n’aurions pas de thunes. Ce qui suppose beaucoup de  contraintes, notamment techniques : nous avons tourné avec des caméras un peu moins bonnes que celles que j’espérais. On s’est démerdé quoi.

 

Vous aviez combien de caméra ?

Huit caméras le 6 mai à Solferino : deux sur des balcons, l’une pour faire des zoom sur Laetitia, et l’autre qui ne s’intéresse qu’à Vincent. Deux caméras en bas pour les filmer ensemble lors des échanges, en plus du faux cameraman de Laetitia. Un mec qui fait uniquement les interviews. Un mec qui ne fait que les plans larges – dont on a perdu deux heures de rushes, ce qui explique en partie pourquoi il y a peu de plans larges. Un mec à l’UMP. Et enfin, quelqu’un sur une moto pour prendre des sons d’ambiance de Paris, et des images, en plan subjectif, de cette journée. On était obligé de fonctionner ainsi dans la mesure où on avait un temps de tournage très réduit. On a travaillé entre 16h et 2h du matin. On a vingt six heures de rushes pour cette journée. Sur cinquante-cinq en tout ! On a donc à la fois beaucoup de déchets, et beaucoup de plans que j’adore mais que nous n’avons pas pu garder parce que ça ne concernait pas le film. Il fallait baliser très large parce que j’étais terrorisée à l’idée qu’on ait pas assez de matière, ou qu’on rate quelque chose d’important.

 

Pour ces séquences tournées lors du second tour de l’élection, comment avez-vous travaillé en amont avec les acteurs, avant d’être projetée dans le direct et la foule ?

Pour Laetitia, c’est à part : son texte pour les séquences de présentatrice-journaliste est un condensé de phrases piochées à la télévision dites par de vrais journalistes, que j’ai récupérées et adaptées. Elle connaissait son texte par cœur, on a beaucoup répété. Elle avait suivi une journaliste d’i-télé qui lui avait notamment montré les manipulations d’oreillettes etc. C’était très rodé, il n’y avait aucune improvisation. Sauf quand les gens l’interpelaient. En revanche,  avec Vincent c’était très différent : lorsqu’il arrive sur le plateau, il connaît évidemment le texte, mais il a aussi besoin de casser un peu ce qui est trop préparé. Du coup, il apporte une grande spontanéité. Pour la séquence où ils se retrouvent ensemble au milieu de la foule, je restais très près d’eux pour pouvoir adapter la scène au besoin avec les réactions des gens autour. Vincent se faisait parfois dégager par les personnes autour de la journaliste, jouée par Laetitia, pensant qu’il l’agressait réellement. Tous les figurants du film sont les personnes présentes pour l’élection. Seule une personne, jouée par un ami, Aurélien Bellanger, fait une intervention lors des différents entretiens réalisés avec les personnes au PS et à l’UMP. Lui, joue un militant UMP et explique que les enfants sont naturellement de droite. J’ai fait ça car j’avais peur que les entretiens à droite soient trop caricaturaux, or ce n’est pas un film politique, ou un film sur Hollande. Il était important que la politique ne prenne pas le dessus sur l’histoire intime. Et donc, ne pas diaboliser l’UMP. Je tenais absolument aussi à éviter le côté Petit journal : on vanne, on se moque. Ce n’était pas du tout l’esprit. Même si j’ai un point de vue, je souhaitais proposer un regard critique sur chacun. D’ailleurs les personnes présentes à Solferino étaient sans illusions sur les possibilités profondes de changement. Ce n’était pas 1981.

 

D’ailleurs, vous ne vous attardez pas sur la victoire, assez vite viennent les séquences d’échauffourées, que l’on n’a pas vues dans les médias. Pourquoi filmer ces moments?

C’est vrai que je n’ai pas montré la grosse fête qui s’est tenue à Bastille, dans la mesure où Laetitia couvrait Solferino. Cela semble un peu plus triste du coup. Nous avions quelques scènes de Bastille que nous avons hésité à garder au montage, mais il fallait doser de manière assez minutieuse. Les scènes d’échauffourées sont très importantes parce qu’il s’agit du seul moment où l’on quitte quelques secondes les personnages. Dès l’écriture, ces séquences m’importaient sinon le film aurait pu devenir conceptuel et froid : ces séquences contaminent l’état des personnages. Je ne sais pas comment l’expliquer autrement. La gauche passe, les gens sont heureux mais très vite il y a quelque chose dans l’air qui relève de la tension.

 

Le film est effectivement très tendu. Dès le début.

Oui, et j’assume le côté tendu, je l’ai écrit comme ça, comme un film d’action ; ces deux personnes qui se déchirent et utilisent la loi pour se protéger. J’ai essayé de parsemer l’histoire principale de quelques moments drôles : tous les personnages secondaires relèvent, selon moi, d’un esprit comique. Concernant les deux rôles principaux, je travaillais beaucoup sur l’idée qu’on change de point de vue sur chacun. Vincent est au début considéré comme dangereux, on ne sait pas pourquoi. C’est elle, la victime. Puis, au fur et à mesure, on s’aperçoit qu’elle n’est pas très nette non plus. On se demande aussi si la violence de Vincent ne répond pas à ce que la société peut fabriquer : sa parole est remise en cause en permanence, on ne l’écoute pas, il sort le papier du juge pour se protéger et ne pas sombrer.

 

Notre rapport aux personnages ne cesse de changer dans le film

C’était extrêmement important.

 

La scène où Vincent est interrogé par le policier est assez éloquente : personne ne le croit. Jusqu’à l’absurde. On est plutôt avec lui à ce moment-là, cette séquence réopère une nouvelle bascule

Cette séquence m’amusait aussi, parce que souvent dans la vie, lorsqu’on explique quelque chose, que l’on doit justifier, on n’est pas cru. C’est terrible et drôle. Par ailleurs, le policier qui joue dans cette séquence, un vrai policier d’ailleurs, ne comprenait rien au scénario. Ce désarroi lui a permis de jouer parfaitement l’homme qui ne comprend pas. Cette séquence est effectivement importante pour cette raison : personne ne croit Vincent, même lorsqu’il dit juste. Et dans le même temps, Laetitia qui le laisse partir avec la police apparaît de manière un peu plus dure, accrochée à son droit. Alors que lui, essaie juste de faire valoir aussi ces droits. Il est important de savoir qu’il a pu être violent, mais que cela est amplifié par la condamnation de la société. Pour cette séquence, les répétitions que nous avons faites ont permis de faire évoluer un peu le texte : le policier amenait quelque chose de très burlesque et en même temps d’extrêmement  violent. Les répétitions ont vraiment permis à cette séquence, prévue pour être très courte au départ, de gagner en longueur.

 

C’est aussi une méthode de travail : écrire, puis travailler avec le réel.

Oui, mais la plupart de scènes écrites ne bougent pas beaucoup. Celle-ci a vraiment évolué. Il y a effectivement un peu d’improvisation, mais dans l’ensemble le film est très écrit.

 

La première séquence est particulièrement anxiogène en grande partie parce que les enfants pleurent.

Oui, mais cela n’a pas été écrit de cette manière. Les enfants ne pleuraient pas dans le scénario. Nous avons travaillé trois semaines avant avec les enfants et Laetitia de manière à ce qu’elles se connaissent. Le jour du tournage, les enfants étaient plus émues. Je me suis dit qu’il allait y avoir un problème, et très vite, Virgil s’est mis à rire, et à dédramatiser ce qu’il se passait. Laetitia était très tendue dans son texte, concentrée. Et tout ça a produit quelque chose de très juste et au lieu de réduire cette dimension, je l’ai amplifiée. Je n’ai pas voulu aller contre ce qui se passait. Mais si j’ai réussi à l’accepter, c’est parce que Virgil a tout de suite tourné ça en dérision. Bon, certains vont trouver ça horrible, mais après tout ce n’est pas si grave des enfants qui pleurent. Tout le monde connaît ça…

 

Ça rajoute une grande tension. Parce qu’en effet, même si ce n’est pas grave, c’est très stressant des enfants qui pleurent…

 

Mais j’aime bien ce que ça produit : on se dit d’abord qu’elle est complètement larguée, qu’elle ne sait rien faire et tout d’un coup on se rend compte qu’elle est journaliste. Le spectateur va se dire « encore une nana névrosée, à la maison ! » et en fait les pistes sont tout le temps déjouées. Laetitia n’est jamais dans la psychologie, elle n’est que dans des actions, mais c’est quelqu’un qui tient sa barque. C’est un autre exemple de ce que je disait tout à l’heure sur le fait que les personnages évoluent et tout ce que l’on croit savoir sur eux est démenti juste après.

 

Donc par rapport à la scène, telle qu’elle était initialement prévue, vous avez dû beaucoup improviser.

 

Pas tant que ça en réalité puisque Laetitia a certain nombre d’actions très précises à faire : s’habiller, préparer ses affaires pour aller travailler, etc.

Par contre Virgil n’étant pas comédien, je l’ai laissé libre avec des idées directionnelles et des choses à dire très précises. Mais avec les enfants, nous avons dû être très souples. Tout ce qui était prévu au découpage a bifurqué. Il a bien fallu s’adapter : aux enfants, au chien, à la foule, bref à tous les éléments perturbateurs du film. En définitive, ce qui compte, c’est que la scène soit faite, soit jouée. L’un de mes regrets, c’est que je voulais faire le film surtout en plans séquences et qu’en définitive il est très découpé. Cela est dû à tous ces accidents heureux ou malheureux. Dans mes précédents films, je travaillais toujours avec la caméra sur pied, des plans fixes, un côté très théorique et je pense que je reviendrai à ça dans mon prochain film.

 

Pourquoi avoir gardé les noms des acteurs ?

 

Pour deux raisons. La première est très pragmatique : Laetitia a été immergée pendant trois semaines avec les enfants avant le tournage et comme c’est des bébés, je ne voulais pas qu’il y ait de confusion pour elles. L’autre raison, c’est que j’ai écrit en pensant aux comédiens. Pendant très longtemps, j’ai mis des prénoms différents, mais ça me semblait complètement artificiel - peut-être parce que je viens du documentaire - et après ça m’a amusé de mettre Vincent Macaigne sur la lettre du juge, etc.

 

Pourquoi avoir choisi d’aller vers l’apaisement ?

 

Pour moi, ce n’est pas de l’apaisement, il y une forme de décompression, mais je ne voulais pas laisser le spectateur sur le moment où ils se quittent car cela aurait rendu cette journée exceptionnelle alors qu’elle est au fond extrêmement banale (même si on imagine qu’ils ne vivent pas de pareils moments de violence tous les jours) : à la fin on revient à la banalité, au quotidien.

 

Il y a d’un côté des acteurs très expérimentés comme Vincent Macaigne ou Laetitia Dosch et de l’autre des gens qui ne sont pas acteurs, mais qui sont des « natures ». Cela correspond avec la façon dont vous avez conçu le film qui est de confronter du réel avec des choses très écrites.

 

Exactement. A l’écriture, le rôle du baby-sitter devait être tenu par une fille un peu pimbêche, qui les regarde un peu de haut, l’avocat devait être interprété par un véritable avocat un peu sérieux et on aurait pu imaginer que Virgil soit l’archétype du nouveau mec, un peu moins border line. Et, très vite je me suis dit que je tombais dans l’archétype des comédies françaises. J’ai rencontré par hasard Marc (le baby-sitter, ndlr) et je me suis dit qu’il était parfait parce qu’il ne jugera jamais les personnages. Pour Arthur (l’avocat, ndlr), j’ai poussé un peu le côté dépressif du vieux garçon avec son chien. Pour Virgil, pareil : pourquoi on imaginerait forcément une journaliste avec un mec hyper-chiant, je vais la mettre avec un mec qu’elle a rencontré qui est complètement à côté de ses pompes, mais qui va lui amener un peu d’oxygène.

 

Comment s’est faite la dernière séquence ?

Ma fierté c’est le plan-séquence de la fin. J’aurai réussi à en faire un. Cette scène était très écrite, mais sans la blague au milieu. Elle a surgit au moment du tournage. Vincent devait juste dire à Arthur qu’il n’avait pas une gueule d’avocat, et en rire. On a fait dix prises, et, à un moment donné, il s’est adressé à la serveuse du restaurant chinois pour lui demander si elle trouvait qu’il avait une tête d’avocat. Nous ne savions pas qu’elle penserait au légume. Sa réponse a suscité un vrai fou rire. Par contre, Arthur devait finir le film en lui disant « c’est vrai qu’aujourd’hui, t’as été très difficile à défendre ». Ce qui était une manière de terminer avec Vincent, mais avec une nuance. Manière de ne jamais être à 100% avec l’un ou avec l’autre.

 

par Quentin Mével et Stratis Vouyoucas, Paris, septembre 2013.

 

 

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