Présidentielles

Sondages présidentiels : Quelle presse libre ?

 

En 2002 la gauche avait réuni près de 43% des suffrages, et, en 2007, entre 36 et 37 pour cent. Ce dernier chiffre s’explique par la conjugaison des effets « Bayrou » et « Sarkozy» et aux divisions du PS qui n’a pas accepté le « hold-up » de Royal-Hollande par les votes des militants de la dernière heure.

Après 5 ans de Sarkozysme, la victoire des municipales, des cantonales, des Européennes, des régionales, après la dissipation des deux effets mentionnés ci-dessus, il est difficile de croire que les votes de gauche soient inférieurs à la fourchette 42-43%. Le probable effet « renouveau fasciste » de la Le Pen correspond plutôt à une reconquête de son étiage de 2002 et, sans le surestimer, un niveau de 18 à 19% ne semble pas irréaliste.

La question qui se pose concerne le score des candidats de droite non sarkozystes. Aussi, la remontée de Bayrou à 12 ou 13% ne semble pas, elle non plus, irréaliste. Les autres candidats de Boutin à Villepin et autres Morin et Dupont-Aignan devraient rassembler entre 4 et 5 pour cent des votes.

Au total la somme de ces estimations « raisonnables » correspond, pour une fourchette haute à 80 % et pour une fourchette basse à 77-78 %. Que reste-t-il au candidat Sarkozy au premier tour ? Entre 20 et 22 pour cent. Nous sommes loin des 24% que lui donnent les instituts de sondage amis. Ainsi, Opinion Way (16-19 décembre) qui est loin d’être un adversaire acharné de Sarkozy, crédite la gauche d’un peu plus de 40 pour cent et Bayrou de 14 %... avec une Le Pen à…16% c'est-à-dire moins que son père en 2002. Ce sondage laisse songeur. Même avec cette vision très optimiste pour elle, la droite ne parvient pas à faire remonter Sarkozy qui a tout de même, malgré ce score flatteur, baissé par rapport au sondage Opinion way du 13-15 décembre (25%)…

 

Au total, les sondages font fi des tendances de fond et ce qui est communiqué aux français doit être pondéré. Les médias acceptent ces sondages sans esprit critique sur les propriétaires de ces instituts, leurs liens avec le pouvoir en place, etc.. En les communiquant sans cette analyse critique ils participent à la manipulation des esprits. Que le Figaro le fasse, il est sinon dans son droit, du moins dans la logique de son propriétaire. Que Libération, Le Monde et autres s’y prêtent, cela pose des questions sur leur nature de journaux d’information.

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