De l’insondable bêtise de la revendication du droit du sang…

Ceux qui revendiquent le droit du sang ne manquent pas de références historique, de rappels à des traditions (en général d'un autre âge), à des exemples, des analogies… comme si tout cela pouvait justifier l’iniquité et… l’instauration d’une mesure pleine de bêtise. Comme si la logique, les arguments de bon sens devaient plier devant des pratiques iniques revigorées au gré des circonstances.

Ceux qui revendiquent le droit du sang ne manquent pas de références historique, de rappels à des traditions (en général d'un autre âge), à des exemples, des analogies… comme si tout cela pouvait justifier l’iniquité et… l’instauration d’une mesure pleine de bêtise. Comme si la logique, les arguments de bon sens devaient plier devant des pratiques iniques revigorées au gré des circonstances. Que signifierait établir (je ne dis pas restaurer ou discriminer en fonction de l’origine européenne) le « droit du sang » ? De tout temps, les immigrés qui, légalement, ou non, s’installent dans ce pays s’installent pour très longtemps. Cela fait des siècles qu’il en est a été ainsi dans le royaume de France et, par la suite, dans les Républiques françaises.

Un droit du sang conduirait rapidement, à l’échelle de moins d’une génération, à créer une situation insupportable en France. En effet, il faudra gérer à la fois la faute morale de cette discrimination institutionnalisée, mais aussi ces effets négatifs faits de conflits permanents entre nationaux et « non-nationaux », des contentieux juridiques constants qui finiront immanquablement devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme avec, à la clef, la condamnation quasi systématique de la France. Un autre effet pervers de cette mesure sera de renforcer le communautarisme. Cette conséquence est amusante (en un sens) car elle est un uppercut à la figure de ceux qui prônent le droit du sang au nom de la lutte contre le communautarisme. En effet, placés au ban de la société des « nationaux » les « étrangers nés en France » n’auront d’autre recours que de développer une société parallèle, à la marge de celle des nationaux. On peut imaginer, aussi, que parmi ces exclus, beaucoup développent des aptitudes à la création d’entreprise, à l’initiative économique. Comment leur reprocher d’embaucher des gens de leur communauté plutôt que nos « nationaux » ? Avancera-t-on (sans rire) l’interdiction de la discrimination à l’embauche à ceux même à qui on interdira d’accéder à la nationalité française ?  Ajoutera-t-on le ridicule à l’ignominie ?

Poussons plus loin le raisonnement. A l’échelle de deux ou trois générations, avec des populations discriminées sur la base de leur nationalité, comment pourra-t-on interdire aux pays tiers de vouloir défendre sur le territoire national leurs ressortissants dès lors que ceux-ci seront victimes d’injustice ? A terme, cette stupide référence au droit du sang, véritable appel à l’apartheid, ne pourra amener qu’instabilité intérieure, désordre, instabilité géopolitique et surtout… le déshonneur d’un pays. Les exemples ne manquent pas.

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