Aux bienfaiteurs, la patrie éternellement reconnaissante…

Faut-il "aimer l'entreprise" ?

Aux bienfaiteurs, la patrie reconnaissante…

La France de tous les records, en matière de prélèvements obligatoires comme de prélèvements sur PIB, pour et par l'état, épargne... ses amis bienfaiteurs... toujours !... Un réflexe... toujours !...

Aimer l'entreprise n'est pas seulement le credo d'un Valls... mais celui de la totalité des politiques aux affaires... depuis... longtemps.

Pourquoi pas ?

Au temps soi disant béni des "30 glorieuses"... ces chères disparues... cela pouvait se concevoir... production, consommation, croissance, production, croissansommation, production etc... le cycle qui va bien, et les miettes obligées de la combinaison capital/travail tombant dans l'escarcelle des "prolos" à conscience de classe et ambitions mesurées... ça pouvait le faire... voire même continuer... sur un "trend" plus branlant il est vrai, après les "chocs pétroliers" ... allez, bon an mal an,... jusqu'en 2000...

Mais là, aujourd'hui... la bonne question du 21ème siècle, vraiment de gauche, celle que personne ne veut entendre, est clairement devenue la suivante : qui doit payer et pourquoi ?

Depuis disons 2000 (Explosion de la croissance chinoise) désertification industrielle et casse sociale attachée ont une cause unique : l'exploitation occidentale éhontée des productions de finis et semi-finis délocalisées en Chine. La "valeur ajoutée" se mérite... et nous en sommes réduits à militer pour un retour au "capitalisme à l'ancienne" à une combinaison capital-travail (A la Trump... un comble qui aurait bien fait rigoler Marx... économiste "classique" mais intelligent...).

Puisque les "miettes" obligées de la rémunération du facteur travail ne sont aujourd'hui et pour longtemps ni plus "nécessaires", ni même donc plus distribuées... il devient urgent d'y substituer... autre chose... de pallier.

Spécialement dans cette France de tous les records la solution consiste à remplir la sébile mais sans faire payer les responsables. Pourquoi ?

La collusion état/système économique ne nécessite pas de commentaires, spécialement depuis 2008 et la crise des subprimes où masques et faux nez sont brutalement tombés.

Reste, à "gauche" une peur irraisonnée de voir partir les "entreprises"... censées produire comme si ce n'était pas, et de plus en plus, le marché, l'important.

Le comportement économique, nouveau, des entreprises commerciales ET pseudo industrielles occidentales, atteste la mutation fondamentale du système capitaliste occidental générée par l'exploitation éhontée des productions chinoises et asiatiques d'une manière générale, de finis comme de semi finis.

Il convient de le prendre en compte, au sens littéral, en ne s’arrêtant pas à une taxation des profits d'entreprises devenue non significative.

En France, si j'ignore tout de celui qui, un temps (dans les premiers mois du regrettable quinquennat de F. Hollande) préconisât la taxation de l'EBE* une chose est sûre : L'érection d'une statue à cet "économiste inconnu" est une nécessité historique tant sont rares ceux qui savent quoi faire.

Hélas ! Comme manifestement il n'aimait pas l'entreprise cet hérétique visionnaire, assurément galliléo-copernicien, fut promptement jeté aux oubliettes... avec, je le pressens, un "Ouf !" lobbyisé des "médefiens" réunis et soulagés de ne pas l'être.

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EBE*: L'Excédent Brut d'Exploitation (EBE) est l'endroit comptable et économique, l'agrégat c'est plus chic, où se concentre la marge réalisée par les entreprises capitalistes commerciales et pseudo industrielles qui, dans tout l'occident, importent désormais et quasi exclusivement des artefacts (finis et semi-finis), principalement chinois, qu'ils blanchissent sous labels nationaux et revendent directement, ou indirectement sous forme de pseudo exportations, aux consommateurs occidentaux (mais pas que...), tels quels ou après assemblage, sans plus rien produire d'autre que casse sociale et désertification en occident.

Pour mesurer l'enjeu il faut savoir que les artefacts industriels représentent directement et indirectement 80 % de l'activité économique mondiale. La taxation de l'EBE, couplée à une réforme de la récupération de la TVA d'amont sur les importations hors UE, et sans négliger la "part chinoise" des soi disant exportations intra-européennes (Allemandes notamment), est un dispositif de nature à résoudre nombre de problèmes économiques et spécialement celui de la dépense publique fut elle contestable dans son volume comme dans ses emplois... mais à une seule condition : Ne pas "aimer l'entreprise"... fantôme.

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"L'avenir occidental" c'est le consumérisme subventionné sur un marché vassalisé, pas la production. La question est : qui paye ? Le contribuable ou le responsable ? Celui qui subit ou celui qui crée la situation ?

La réponse de gauche à cette vraie question de gauche n'attend qu'une vraie volonté politique de gauche et devrait ressembler à ça :

- Majoration immédiate des taux de tva portés à 40 % sur les produits et services de luxe  pour mettre fin à une scélératesse administrative ancienne, leur suppression, et pouvoir enfin proclamer à nouveau que la TVA n'est pas un impôt aussi "injuste" que ça...

- Suppression de la récupération de TVA d'amont sur la totalité des importations de biens et services  hors UE, directes ET indirectes afin de traquer sans aucun répit tout ce qui ne maintient pas emploi, croissance et innovation en Europe...

- Taxation de l'EBE à 25 % de manière à rogner les marges éhontément réalisées sur le dos des chinois (à l'achat) et des consommateurs (à la vente) par les pseudos industriels et les vrais commerçants responsables au premier chef de la désertification industrielle ET de la casse sociale.

Le reste, c'est turlutaine et pusillanimité...

 

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