L'APRES E.I.

E.I.: LA TENTATION COLLABORATIONNISTE...

L'e.i., exclusivement aux mains de djihadistes suprématistes ô combien déterminés, disposant d’une riche culture plurimillénaire, n'est pas une bande de va-nu-pied excitée perdue dans le désert... il a une stratégie, et il est efficace…

Avec ses "frappes molles" et son problème majeur (la "hollanderie" pro-"rebelles" syriens), la France, positionnée de manière spectaculairement aberrante et si facilement "terrorisable", fait tristement sourire. Hélas !...

Le reste de l'Europe est couché devant la Turquie-terre-d'acceuil... et les USA font, là où on leur dit de faire, le minimum tolérable... pour l'image et le confort de fin de mandat de l'actuel "gendarme du Monde".

Le lit ayant été fait par les 3 plus fins géopoliticiens que la terre ait jamais portés, après donc, la "busherie" irakienne, la "sarkonnerie" libyenne et la "hollanderie" pro-"rebelles" syriens, en l'état, et mise à part la Russie, rien n’empêche, sérieusement s'entend, l'e.i. d'atteindre l'évident et premier objectif de la conquête d'un arc syrie/irak/libye...

Objectif certes sévèrement, mais seulement et simplement, contrarié en Syrie davantage d’ailleurs en raison des ambitions gazières des émirats qui ont eu le don d'irriter gravement Poutine... que pour des considérations géopolitiques désintéressées...

Cela durera tant que l'e.i. ne sera pas considéré comme cible prioritaire par une coalition occidentale, appuyée par la Russie et structurée dans sa coordination comme dans sa détermination.

Ici on ne peut que remarquer un air de "déjà vu" qui témoigne, peut être pas d'une répétition, mais certainement d'un bégaiement de l'Histoire... que l’on entend, aussi et non sans quelque effroi, dans les discours des tenants d'un "Munich" new-look, persuadés qu'ils sont que l'arrêt des hostilités occidentales signifierait la fin d'une guerre... sainte, donc infinie, ne l'oublions pas... assortie d'un terrorisme à considérer, non pas comme arme de guerre au service d’un but mais bien comme fin en soi... (La nuance est de taille car on ne converti pas les "mécréants" avec des frappes militaires... et que les islamistes suprématistes ne sont pas de "gentils" missionnaires...).

Il importe également de considérer, au plus tôt, l’alternative à cette non-guerre si tentante…, pour l’heure menée essentiellement à base de « pactes de non-terrorisation », aujourd’hui implicites, non-dits, et qui paraissent « garantir » une absence de dommages aux pays « bénéficiaires », car elle est le cœur même de la stratégie de l’e.i. dans son rapport à l’occident.

L'absence d'attentats en Russie est directement imputable à une décision purement tactique de l'e.i. qui n'est pas prêt à courir le risque du retour d'un Poutine, aujourd’hui seul à même sur le terrain, de contrecarrer, efficacement s'entend, son évidente volonté de conquête d'un large territoire faisant base arrière... à d'autres ambitions décidément pas, peu ou mal mesurées par un occident absurdement sourd et aveugle à la réalité... géopolitique... De ce point de vue et contrairement à ce que croit la majorité de l'occident et plus particulièrement probablement une majorité du peuple américain, la survenue de Trump serait une excellente chose... pour nous... et une très mauvaise nouvelle pour l'e.i. (également pour les américains... mais pour d'autres raisons...) inversement Clinton...

L’absence d’attentats dans les pays non engagés militairement relève quant à elle d’un choix stratégique important, quasi-idéologique, de l’e.i., véritable champion de la manipulation par l’exemple, de « l’orchestration sans chef d’orchestre » (Bourdieu). L’allégeance, en creux, des pays non engagés militairement sert ainsi parfaitement un e.i., fort occupé par ailleurs et peu regardant sur des moyens si peu coûteux… et si parfaitement efficaces…

La très remarquable absence d’attentats aux USA quant à elle, témoigne essentiellement de la qualité des stratèges de l’e.i., le message étant passé qu’un « engagement supportable » et très localisé, propre à satisfaire instances et opinion internationales, sans toutefois dangereusement compromettre la mise en place de la structure, était parfaitement tolérable…

La volonté de conquête de l’e.i, qui ne porte ici et encore une fois, que sur la constitution d’une large base arrière support logistique et idéologique à d’autres ambitions, ne rencontrant pas de forces coalisées efficaces, l’issue, à terme rapproché et sur fond d’opportunisme économique ne parait pas faire le moindre doute : une « normalisation » des relations après « d’âpres » négociations et… une intégration diplomatique de l’e.i. dans le « concert des Nations », ce jusqu'à ce qu’il devienne évident aux yeux d’occidentaux effarés que l’e.i. n’est pas un état mais bien une « église » du genre « évangélisatrice »… version « musclée »…

Dans ce contexte, dont la survenue est quasi déjà écrite faute d’une prise de conscience de l’étendue du réel éminent et imminent péril, Il y a fort à parier que les « choix » de chacun rendront assourdissant le bégaiement de l’Histoire…

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