Non, désolé...

Je savais qu’il se passait des choses pas nettes chez les socialistes du Nord-Pas-de-Calais, mais je ne me doutais pas de leur ampleur. Hier, dans le Canard enchaîné de la semaine dernière (j’avais un peu de retard de lecture), je suis tombé sur un petit article qui a au moins un mérite, celui de résumer clairement les choses. Je vais essayer de faire court, mais ce n’est pas simple :

1) soit, en 2009, un maire PS, Dalongeville, poursuivi pour détournement de fonds publics, incarcéré et révoqué [et dont les révélations mouillent un député-maire PS aussi (mais exclu depuis lors), Kucheida] ;

2) soit, après les municipales de 2001, une coalition PS-UMP (on dirait presque du Le Pen dans le texte) — avec, à sa tête, le glorieux Kemel, un proche d’Aubry, oui, oui, celui qui était opposé à Mélenchon au 1er tour des législatives de cette année —, bref, soit une coalition contre nature (vraiment ?), qui avait pour seul objectif d’éjecter une maire communiste (objectif atteint) ;

3) soit une primaire destinée à désigner le candidat du PS aux législatives de cette année et pourrie de fraudes en tout genre : liste pleine d’électeurs en double ou triple, d’encartés de la dernière heure ou venus d’ailleurs, de mecs de droite, de communistes inscrits au PS à leur insu, et même de morts — donc, toute une clique acquise de gré ou de force à Kemel —, vote sans isoloirs et à bulletins découverts, etc. ; même Kemel est obligé de reconnaître qu’il y a eu des irrégularités.

Et c’est ce Kemel, désigné frauduleusement, que l’on oppose sans hésiter au FdG. C’est ce Kemel qu’Aubry vient soutenir pendant les législatives. C’est cette Aubry qui couvre ce marécage et qui se permet de critiquer Mélenchon, de lui donner des leçons de morale républicaine (elle aime beaucoup ça, Aubry). C’est cette Aubry qui reproche à Mélenchon de faire la promotion de Le Pen en venant dans le Pas-de-Calais (parce que, bien sûr, la popularité acquise par Le Pen dans le coin depuis des années, c’est aussi la faute à Mélenchon). C’est cette Aubry haineuse et rancunière qui prive les gens de gauche d’un de leurs plus fervents défenseurs.

Eh bien, je vais vous dire : le vote utile, le désistement républicain, tout le toutim, j’en ai soupé. Mélenchon et le FdG sont trop sympas d’appeler sans hésiter à voter pour ceux qui les ont trahis sans vergogne. Non, désolé : je serais électeur du FdG dans la 11e circonscription du 62, et même dans les autres, je voterais blanc ou je m’abstiendrais, ce coup-ci.

Post-scriptum (que j’écris en entier, des fois que…) : L’article du Canard avait un mérite, celui de résumer clairement les choses. Et il a évidemment un défaut, c’est de se terminer ainsi : « Jean-Luc Mélenchon a fait son miel de cette affaire (...) » [Ah bon ?] « Déjà, les dépouilles du PS excitent les convoitises du Front de gauche. » Ah, ce choix des formules insidieuses… Ils ont aussi leur Stéphane Alliès, au Canard ?

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