«Si vous en touchez une nous répondrons toutes» du #24A à Mexico au 9 mai en France

Libération de la parole des femmes sur le harcèlement sexuel, France, 9 mai 2016. Enfin. Grâce à elles. En écho, miroir et espoir, article magnifique, illustrations folles, sur la manif #24A, 24 avril 2016 à Mexico où des milliers de femmes ont défilé contre les violences sexuelles et féminicides. Le monde a besoin de femmes entières, et émancipées. Qui se respectent et qui se font respecter.

https://remercimientos.wordpress.com/

En ce jour de sororité très spécial en France où des femmes politiques, élues ou collaboratrices, s'élèvent ensemble pour dire stop au harcelement sexuel, je voulais partager cet article sur cette manifestation de milliers de femmes au Mexique, dont personne n'a parlé ici.

Je voulais dire un merci du fond des tripes à ces femmes : Sandrine Rousseau, Isabelle Attard, Annie Lahmer, Elen Debost, et aux autres femmes qui ont parlé, merci de la leçon, et merci du cadeau que vous nous faîtes à toutes : les anciennes victimes, qui doivent bien se marrer (jaune) et se trouver (un peu) vengées en imaginant la journée très spéciale qu'ont vécu aujourd'hui leurs anciens harceleurs en lisant par le menu tous les textos dans tous les articles avec des gouttes de sueur et de peur qui perlent sur leur front ; l'immense cadeau aussi à celles qui sont actuellement dans ce cas, et toutes les futures qui seront confrontées, qui pourront renvoyer un simple texto avec le lien de l'adresse mediapart sans autre commentaire pour toute réponse.

Les comportements de ces individus ne changeront pas, en revanche, avec une parole ferme et claire, ensemble, nous pouvons faire face. Comme vous l'avez fait. Libérer la parole, se positionner, se donner du courage les unes les autres pour tenir debout, faire un pas en avant en prenant des risques, les partager, les rendre plus supportables à plusieurs et protéger ainsi les autres, actuelles et futures. Merci du fond du coeur à vous toutes et à Mediapart et France Inter d'avoir fait leur travail.

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Affiche #24A : « Si vous en touchez une nous répondrons toutes » © Inclusión México @inclusionmex sur twitter Affiche #24A : « Si vous en touchez une nous répondrons toutes » © Inclusión México @inclusionmex sur twitter

Merci maintenant à l'auteure de ce blog, https://remercimientos.wordpress.com/,  qui nous transmet tant sur cette manifestation du #24A à travers des photos et des textes magnifiques qu'il faut aller voir sur le lien ci dessus ou en dessous. Dans cet article, les germes d'un nouveau genre de mouvement de femmes, qui défile avec les mouvement féministes plus traditionnels, avec des approches différentes. Espoir.

3 extraits :

"Ce jour-là ce sont les cris de colère qui s’élancent et s’affirment dans l’espace public, des banderoles teintées de violet de la même façon que celles qui les portent s’élèvent pour prôner « La Révolution Violette », cette révolution dont beaucoup de Mexicains et de Mexicaines rêvent encore, une autre, une nouvelle qui fera naître un monde plus juste. Cependant cette fois-ci on entend dans les rues que « La révolution sera féministe ou ne sera pas ». Révolution oui mais pas sans nous. Pas sans nous, nous les femmes mises à l’écart systématiquement, à qui on enlève la parole, qu’on soumet, qu’on décrédibilise, qu’on provoque pour mieux menacer et réprimer. Cette violence machiste doit s’arrêter et les femmes mexicaines sont bien décidées à se solidariser pour y mettre fin."

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"Au Mexique, dans les manifestations de femmes, une banderole revient régulièrement et envoie un message aux hommes plutôt clair: « la verga a la licuadora » soit « la bite dans le mixeur ».

Ne faites pas cette tête-là messieurs, calmez-vous, personne ne vous fera rien. Même si l’image qui est en train se créer dans vos têtes en ce moment même est particulièrement violente il faut aussi comprendre pourquoi des femmes peuvent en arriver à cette violence verbale et symbolique. Il vous faut, messieurs, prendre en compte la violence quotidienne vécue par les femmes et l’incapacité qu’on de nombreux hommes à ne pas suffisamment chercher pourquoi une femme peut devenir aussi insupportable lorsqu’on essaie de lui ôter la parole. Pour éclairer ce point on retiendra alors une des pancartes portée par une femme et un homme lors cette journée violette « no es que yo veo sexismo en todos lados es que tu nunca lo ves !” « ce n’est pas moi qui vois toujours du sexisme partout mais toi qui ne le vois jamais ! »."

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"Ces femmes construisent donc un féminisme, différent, parfois qualifié de non occidental et qu’on définira comme étant plus respectueux de l’homme et où la recherche de l’égalité est basée sur le bien-être de la communauté. Un féminisme construit sur d’autres bases, un féminisme plus ample, et qui passe par la libération d’un peuple de l’oppression dans la construction d’une autre vie, à part, plus égalitaire, plus saine que celle qui régit le monde en ce moment. Ce mouvement de femme on le retrouve dans le Sud du Mexique, et quand bien même on peut difficilement le définir comme mouvement on peut sans hésiter le définir comme révolutionnaire. Révolutionnaire dans son parcours, révolutionnaire dans ses exigences, révolutionnaire dans ses conséquences, révolutionnaire dans son essence et qui ne peut que nous aider à ouvrir et élargir nos perspectives de vie et nos champs des possibles…

 

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