2017, la politique française ne sera plus jamais comme avant

Peu l’ont encore bien réalisé : 2017 marque un tournant décisif dans l’histoire politique de la France. Un long épisode politique touche à sa fin.

L’affrontement bipartite PS - RPR.UMP.LR s’achève sous nos yeux, dans une campagne ahurissante, indigne, du niveau des pires télé réalités, mais prévu et prévisible.
Libération.
Plus personne ne peut faire semblant de ne pas avoir vu. Jamais les gens n’auront été aussi perdus. Nombreux sont celles et ceux qui ne supportent plus d’être instrumentalisés par les acteurs de ce spectacle humiliant.

Cette libération peut faire craindre le chaos. Mais du chaos naît la lumière pour autant qu’on ne cède pas à la peur. De ce chaos institutionnel généralisé peut naître une ère nouvelle. Nous ne pouvons plus reculer. Nous avons considéré notre démocratie représentative comme un aboutissement, un objet fini. Il est temps de retravailler pour une démocratie vivante, si tant est que ce soit possible, nous avons déjà basculé dans la post démocratie : un monde livré aux transnationales qui font et défont les règles du vivre ensemble sur l’ensemble de la planète. L’autre voie est l’autoritarisme et la dictature, de nombreux pays en font actuellement la dure expérience.

Revenons à nos moutons en France : le spectacle politique connaît ses derniers soubresauts avant le grand saut vers le futur. Pas d’autres choix ;-).
Les partis les plus anciens sont exsangues de militants. Les primaires utilisées comme remède à la désertion de ceux-ci se révèlent être la dernière balle dans le pied définitive. Si les militants ne choisissent plus leur chef, mais les gens, à quoi sert-il encore de se faire chier à tracter sur les marchés, à faire la claque dans les meetings, même plus d’idées dans les partis, même plus d’éducation populaire, tout a été externalisé, et l’argent s’évapore dans les micro partis des uns et des autres, les finances des partis sont elles aussi exsangues.

Fin des partis. Done.

Pour la 1ère fois sous le quinquennat, le prochain président de la République n’aura pas de majorité au Parlement. Quel qu’il soit. Les législatives n’étaient qu’une simple formalité, époque révolue, crise systémique et blocage à venir. Les Français et les Françaises entraveront très probablement le prochain candidat élu.
Ce sera le blocage de l’exécutif, revalorisation du législatif sacrifié jadis sur l’autel de l’inversion de calendrier quinquennal. Enfin.
Fin de règne. Fin de monarchie républicaine. Fin d’une ère.

Fin d’un exécutif tout puissant. Done.

Game over

Start a new game with 47 000 000 players

Occasion en or de se faire confiance, de ne pas se raidir sur la peur et d’inventer le futur de dans 2 mois.

En 2017 plus rien ne sera comme avant, pour la première fois, une toute petite musique de plus en plus insistante se fait entendre.

« La puissance n’émerge que lorsqu’on abandonne l’idée de pouvoir »*

Un nombre de plus en plus grand de gens se lèvent pour s’émanciper de toute représentation.

Ces femmes et ces hommes coupent le cordon avec des représentants qui parlent en leur nom et décident pour eux de leur présent, de leur avenir et celui des générations futures. Ils et elles n’attendent plus rien de ceux qui les gouvernent.

Contrairement à leurs voisins de Grèce, d‘Espagne, d’Islande, d’Italie, ces femmes et ces hommes ne se fédèrent pas en parti, n’ont aucun adhérent, ne jouent pas le jeu de la personnification médiatique, et surtout, surtout, n’ont aucunement l’objectif de prendre le pouvoir, mais d’exercer leur puissance.
Ils ne veulent pas gouverner, ni prendre le pouvoir sur les autres.

Ne plus déléguer, ne plus subir, mais choisir et décider.

Révéler leur singularité, se respecter eux-mêmes, se considérer comme des êtres pensants, capable d’agir et de se déterminer sans plus jamais renoncer à leur authenticité, explorer dans la pratique et l’apprentissage leur capacité à exercer leur responsabilité.

Hommage aux femmes et aux hommes de #MAVOIX qui construisent à mains nues cette expérimentation inédite, sans jamais céder aux sirènes de la facilité et des méthodes habituelles. En juin 2017, elles et ils auront prouvé ce que jamais personne n’avait fait auparavant : construire une action politique d’envergure nationale sans parti, sans chef, sans porte parole dans les médias, sans star, sans adhérent, sans marketing, sans base de données, sans compétition, avec coopération, intelligence collective, horizontalité, formation pair à pair, entraide, autonomie et exercice de sa responsabilité individuelle et collective, respectant les ingrédients exigeants pour protéger l’intégrité de chacune et de chacun et l’intégrité de l’expérimentation.

Plus personne ne pourra dire que la fin justifie les moyens. Car si une chose est sûre et certaine, en politique comme dans la vie, les moyens préfigurent  la fin.
Lorsque les bulletins #MAVOIX arriveront dans des bureaux de vote d’une quarantaine de circonscriptions, ces femmes et ces hommes auront prouvé qu’on peut faire différemment.
C’est déjà inédit.

Les 11 et 18 juin prochains, nous saurons si la méthode inédite aura permis de réaliser leur rêve historique d’offrir aux 47 000 000 de Français.es la possibilité de devenir acteurs et actrices des lois sur toutes les lois, quand ils et elles le souhaiteront.

Pour la 1ère fois dans le monde peut-être, des simples citoyennes et citoyens, auto-géré.e.s, s’inviteront à la table des décisions, ayant conquis des sièges dans un parlement, leur permettant de décider directement sur quelques sièges gagnés leurs décisions.

La question de ces législatives de 2017 se résume à : « allons-nous continuer à subir en déléguant nos voix à des représentants de tous bords, ou voulons-nous décider nous-mêmes enfin des lois. »

"Si ce n’est pas maintenant quand ?
Si ce n’est pas vous, qui ?"*

#NousSommesCellesetCeuxqueNousAttendions

Dis tu veux bien être ma députée, dis tu veux bien être mon député ? #MAVOIX © Femmes et hommes qui contribuent bénévolement à #MAVOIX

* Citations tirées de l'oeuvre essentielle "les Suspendu.e.s" de Sandrine Roudault

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