Si nous sommes condamnés à subir les conséquences des décisions politiques alors nous voulons décider. Démocratie VS Guerre

Nous vivons chaque jour les conséquences des décisions qui sont prises par quelques uns (bien ou mal intentionnés peu importe), pour le meilleur parfois, et pour le pire. Le pire nous y sommes.

Ces décisions prises par quelques uns engagent nos vies, et celles de nos enfants, et celles de leurs potes, et celles des générations futures.

Il est plus que jamais insupportable que nous soyons réduit à rôle de spectateurs de toutes les politiques menées en notre nom sans que nous ayons jamais notre mot à dire.

La guerre, en notre nom, vraiment ? Tu es sûr qu’on est d’accord ? Tu es sûr qu’on est OK pour choisir l'engrenage de la violence ? Tu es sûr que nous adhérons à cette idée que c’est super efficace de bombarder des gens à l’aveugle et que ça ne va pas du tout lever les armées de futurs gosses qui vengeront leurs mères, soeurs, frères, pères, potes explosés sous des bombes de l’armée Française ?
T’as déjà vu une fois que ça marchait cette méthode ? Vas-y, raconte nous.
Je ne sais pas mais ça me fout la peur au ventre que tu décides tout seul ou avec quelques uns de tes collègues pour nous tous. Et je suis sûre aussi que malgré ce que tu te racontes, ça te fout la frousse à toi aussi. Que tu te dis merde, merde, merde.
Hey, Monsieur, je veux te dire que tu n’es pas tout seul. C’est trop lourd, c’est trop risqué.

Les cerveaux de tes concitoyens marchent à plein régime. Après le bug de l’inimaginable, la peur au ventre, oui on a peur, les larmes, on sait qu’il faut bouger. Créer. On n'a pas le choix. Alors oui, il y a tout un tas de conneries qui sortent, c'est vrai. Les pulsions les plus glauques sortent. Je crois profondément que moins nous sommes acteurs, plus on se laisse gagner par des sentiments d'horreur.

Je vois aussi beaucoup d'intelligence, de compassion, de solidarité.
Qu’il faudrait élargir la zone de réflexion, d’idées, de pistes. Concrètes. Il y en a plein. Les sources de financement, le circuit de l’argent, de la drogue, nos banques, les clearstream, le circuit des armes, l’éducation, le lien social, le prendre soin les uns des autres… On regorge de talents qui oeuvrent chaque jour pour inventer, réfléchir, proposer. Partout, dans tous nos quartiers.

Plus tu nous plantes dans le décor, à nous paralyser par des lois liberticides, aux états d’urgence, aux lois d’exception, plus ça va partir en vrille : plus on s’isole, plus on se coupe les uns des autres.

Tu ne peux pas décider pour nous. Nous ne te demandons pas ça. Nous n’attendons pas de toi que tu règles quoique ce soit. Ton job n’est pas d’être dieu ou le père Noël, Merlin l’enchanteur avec une baguette magique. Ton rôle est celui de chef d’orchestre. Et là, on est 66 millions à vouloir jouer de nos instruments (l’intelligence, le coeur, la créativité, le bon sens), pour survivre à la peur, à l’infinie douleur et tristesse et vivre, pleinement notre rôle.

Si nous sommes immobiles, nous sommes morts. Si nous nous planquons en attendant des autres qu'ils trouvent des solutions, on a perdu. Toute dignité, tout respect de nous mêmes. Je m'en fous qu'on me dise que c'est utopique de dire tout ça. S'il nous reste une chose c'est l'espoir. L'autre, soi, sont nos seules options.

Nous aimerions tant qu’au lieu de nous parler de guerre, de surveillance de masse, de bombardements, tu laisses la place aux mots démocratie, liberté. Pour qu'on décide ensemble ce qui nous semble adapté.

Il avait eu la classe ce monsieur premier ministre de Norvège, un homme comme toi, un politique, quand un criminel a massacré tant de jeunes engagés. Un semmeur de terreur comme les criminels de janvier, de vendredi, et de tous ceux qui tuent chaque jour des femmes, des hommes libres dans le monde.


    «J’ai un message pour celui qui nous a attaqué et pour ceux qui sont derrière tout ça: vous ne nous détruirez pas. Vous ne détruirez pas la démocratie et notre travail pour rendre le monde meilleur.»

    «Nous allons répondre à la terreur par plus de démocratie, plus d’ouverture et de tolérance.»


Nous sommes debouts, on se sent très mal, mais nous voulons contribuer.

Nous voulons pouvoir assumer LES DECISIONS collectivement, surtout si on se plante.

Nous savons que le cours de l’Histoire se joue là, dans chacune de nos mains. Les tiennes, comme chacune des nôtres. Pas plus pas moins.
Chacun lié, interdépendant, et d’égal à égal, un être vivant égal un autre être vivant, peu importe son statut, son titre, sa responsabilité, sa fonction. Chacun faisant sa part.

Nous sommes tous face à notre miroir : que vais-je faire pour aider à sortir de ce bordel. Quelle est la part qui me revient ? Où que je sois.

Nous voulons être associés à notre destin.
Nous le sommes de fait.

Avec ou sans toi. A toi de voir : ou tu discutes avec tes homologues, chefs du monde, ou tu puises dans la ressource inestimable, infinie, plus puissante que n’importe quelle cellule de semeurs de morts : nous tous.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.