Quand pouvoir rime avec impunité et irresponsabilité

Qui jugera les dirigeants des 200 pays du monde sur leurs actes, ceux qui sont positifs comme leurs crimes, et leurs conséquences indélébiles ? Qui jugera Netanyahu ? Qui jugera Trump ? Qui jugera Poutine ? Qui jugera Macron ? Qui jugera Erdogan ? Qui jugera Bachar el Assad ? Qui jugera Orban ? .....

Qui jugera ces quelques individus, leurs prédécesseurs et les futurs ? (Liste des dirigeants de tous les pays)
Et TOUS les autres dirigeants d'institutions ? De groupes d’intérêts, business, religieux, politiques, marchands d'armes, les leaders d'orga qui passent leur temps à instrumentaliser l'objet des causes portées pour leur intérêt personnel ou satisfaire les pulsions des membres les plus extrêmes puisque tous les gens censés se sont normalement émancipés de leur emprise....
Qui jugera les actes de facebook ? Le patron de Monsanto ? De la NSA ? De Total, de Bayer, de Dassault, de Clearstream ? Les narco trafiquants ? Les responsables des subprimes ? Les entreprises impliquées dans l'effondrement du Rana Plaza ? Les décisionnaires de Fukushima ?

Qui jugera ceux qui misent contre la dignité humaine et la survie de la civilisation ?
Qui jugera ceux qui s'arrogent le droit de vie ou de mort sur leurs contemporain.e.s ? Arrivé.e.s à la même époque sur la même planète ? Disposant chacune et chacun du droit le plus fondamental à la vie.

Qui jugera de ceux qui misent contre l'humanité ?

Réponse : PERSONNE.

Alors que chaque être humain sur terre est soumis là où il vit (et fort heureusement) à des règles de vie, comme par exemple pour les plus anciennes et plus communes : "tu ne tueras point" "ne fais pas à l'autre ce que tu ne veux pas qu'on te fasse", des lois, etc... quelques hommes s'affranchissent de toutes règles communes chaque jour, tous les jours, chaque seconde, au nom de leur pouvoir suprême sur nos vies.

Cette impunité est insupportable.

Les instances de co-gestion ou co-construction des pouvoirs mondiaux sur terre sont anachroniques, inadaptées, ne marchent PAS !!! Rien ne marche pour stopper les massacres ! Ni les régimes "démocratiques", ni les dictatures, ni les instances supranationales, ni rien du tout. Les dirigeants du monde ont le droit de contrôler leurs populations, mais qui les contrôle ? Comment n'avons-nous pas été capables au XXIème siècle juste après des exterminations de millions et de millions de civils, d'inventer une régulation de ces pouvoirs démentiels par celles et ceux qui sont soumis à leurs décisions arbitraires ?

Si la démocratie électorale veut dire chèque en blanc, absolution à priori et à posteriori, irresponsabilité et impunité, comme les régimes dictatoriaux alors il faut arrêter immédiatement cette folie.

Il n'existe aucun contrôle ou contre-pouvoir des êtres humains venant arrêter le délire de super puissance, nous sommes nu.e.s et condamné.e.s à regarder des enfants, des femmes et des hommes se faire tuer en direct sur nos écrans sous des balles, des bombes, de la famine, des pesticides et des catastrophes industrielles et/ou climatiques, résultant de décisions humaines.

Tous les jours, cette poignée d'individus dirigeants décident de nos destinées communes, influant directement, concrètement, sur notre survie immédiate et celles des générations futures.
Nos vies dépendent de la santé mentale d'individus aux comportements psychopathiques ou sociopathiques.
Nos destins sont dans leur main ! Comment la communauté humaine peut-elle l'accepter ?

Si ces dirigeants ne sont pas prêts à se soumettre à un contre pouvoir alors qu'ils ne prennent pas ce pouvoir !
Si on n'est pas prêt à assumer sa responsabilité juridique quand on est patron d'une multinationale, alors on ne prend pas ce pouvoir !
Si on n'est pas prêt à répondre de ses actes et leurs conséquences, alors on n'exerce pas de leadership.

Qui paye la guerre en Irak ? Bush ? Celui qui a appuyé de facto sur le bouton GO ? Bah non. Beaucoup de monde, beaucoup de morts, mais pas lui.

L'Histoire les jugera ? Mais non ! L'Histoire ne cesse d'être effacée, reniée, lavée de nos crimes passés, nos erreurs, nos atermoiements. Jamais de pardon. Jamais "on s'est collectivement planté". Jamais de "voici les conséquences de nos actes".

Alors que la base de tout leadership, de tout pouvoir = être comptable de.
Ces gens-là ne sont comptables de rien.
Ni des morts, ni des assassinats, ni de la destruction des services publics, ni de la destruction du lien social, ni de vendre des armes à des dictateurs qui se retourneront contre leur peuple, ni de la corruption, ni du détournement de biens publics, ni de l'encouragement à l'évasion fiscale, ni de l’exploitation des sols, des êtres humains, des mers, de l'eau, de l'air, du pillage des ressources offertes par notre terre au nom de la privatisation des communs et de leur exploitation pour faire toujours plus de profitset ressources offerts par notre terre.

Qui jugera notre propre démission devant nos responsabilités ? Le #NotInMyName ne suffit plus.
Pardon mais ça n'est plus assez.
Tout est fait en notre nom, contre notre consentement peut être, et c'est ce qui provoque une immense rage et un sentiment d'impuissance, mais c'est fait en notre nom quand même. Et nous sommes condamné.e.s à en subir les conséquences sur des jeux d'échec ou de Risk mondiaux où nous ne sommes que des pions ou des objets.

Je suis aux côtés des femmes et des hommes sur cette planète qui se battent pour vivre dans des conditions dignes, et qui souhaitent la même chose pour leurs contemporain.e.s et les générations futures. Qui veulent vivre avec, trouver les manières de vivre ensemble sans s'entretuer, ni céder à la peur, à la haine de l'autre.
Si tu penses que c'est en soumettant l'autre, en niant sa qualité d'être, en mettant en danger sa vie, tu me trouveras sur ton chemin. Radicalement.

Quand je vois autour de moi, et partout dans le monde, des femmes et des hommes, des justes partout, qui prennent soin, qui accueillent, qui œuvrent dans la non reconnaissance la plus totale, tous les jours, à un monde meilleur, je pleure de rage devant les forces contraires, l'asymétrie des pouvoirs, notre tonneau des danaïdes.

Je veux voir de mon vivant quelque chose qui vienne mettre fin à l'irresponsabilité des pouvoirs. Je ne sais pas, moi, il faudrait essayer plein de choses, expérimenter. Une assemblée mondiale citoyenne, de gens non élu.e.s dans leurs pays, tiré.e.s au sort, de chaque pays, de chaque région du monde, autant de vieux, de jeunes, de femmes et d'hommes, un jury citoyen civilisationnel, qui défende les communs de l'humanité et le droit à vivre dans la dignité pour chaque personne née sur cette terre.

Ou alors introduire ce principe au sein d'une extension de la CPI, une réinvention de la Cour pénale internationale aux pouvoirs étendus, sur les états, les multinationales, où siègeraient des sortes de jury d'assises composé de femmes et d'hommes du monde, tiré.e.s au sort dans chaque région du monde.

Je n'y connais pas grand chose, comme vous pouvez le voir. Mais il doit bien y avoir des espaces à investir, à créer. Si ce que nous avons comme outils ne marche pas, inventons-en d'autres !!

Si nous avons échoués, prenons-en acte, et mettons-nous au travail ! Pourquoi considérer le monde comme fini en terme institutionnel ? N'avons-nous plus aucun rêve ?
Mais qui bosse encore là-dessus ? Où ? Rassurez-moi, dîtes-moi où.
Nos batailles d'innovations démocratiques nationales et locales sont épuisantes, ingrates, probablement un peu vaine à court et moyen terme, mais magnifiques. Malheureusement, mais nous savons qu'elles sont et seront tributaires des échelons supérieurs, voire inexistants. Nous sommes dans l'obligation de penser local et global. Liant les expérimentations à travers le monde, nous devons travailler à l'émergence d'une société civile mondiale organisée, qui trouve dans la reconnaissance de chaque combat singulier pour la dignité, un message universel.

Je veux voir l'impunité des pouvoirs politiques nationaux, financiers et économiques transnationaux cesser.

Je veux une assemblée humaine qui nomme les actes indignes à défaut de les contraindre.

Je veux une reconnaissance civilisationnelle pour tous les actes allant dans le sens de la dignité humaine.

Puisque pouvoir rime avec irresponsabilité et impunité totale vers qui pouvons-nous nous tourner pour défendre, sanctuariser les droits fondamentaux ?

Réponse :
#NousSommesCellesetCeuxQueNousAttendions

Résister c'est créer, créer c'est résister.

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