UE : 3 champs de force : la peur, le capitalisme prédateur, la protection du vivant

La structuration de l’échiquier politique de « gauche » à « droite » ne me semble plus adaptée pour structurer nos combats pour défendre le vivant. Un triptyque existe désormais avec ces 3 champs de force, où sont appelés à se transcender et à se dépasser les anciens carcans politiques.

Très clairement, 3 champs de forces se structurent sous nos yeux :
- la peur des autres humains (extrême droite)
- la domination et prédation des logiques financières sur les humains et la Planète (libéralisme, capitalisme)
- la protection de l’intégrité du vivant sous toutes ses formes (l’écologie qui intègre la dignité humaine)

Le 1er a besoin d’un grand nombre de citoyens apeurés et qu’on apeure, se déresponsabilisant et cherchant une protection autoritaire à qui déléguer leurs vies et monter des murs.
Le 2ème est largement financé mais doit faire croire qu’il représente les gens raisonnables, pragmatiques et réalistes pour rester dans la course démocratique, n’hésite pas à employer des méthodes qu’on pourrait prêter au 1er champ de forces. Il tient jusqu’ici en misant sur son face à face permanent avec le 1er qui lui permet de diriger.
Le 3ème champ de force et d’énergie ne demande qu’à advenir en se libérant des carcans, il existe déjà, depuis longtemps, mais sa difficulté principale réside dans le fait qu’il ne peut s’enfermer dans nos modèles institutionnels anachroniques. Il nécessite de revoir intégralement l’approche électorale en tournant le dos à la structuration en partis, en inventant d’autres modalités de contribution à la vie démocratique locale, régionale, nationale, internationale. Ce champ de force ne pourra se déployer à la hauteur des enjeux qui nous font face qu’en reprenant radicalement le chemin de la démocratie, par et avec les habitantes et habitants de cette planète.
Ce champ de force doit se mettre au service de la multiplicité des approches au lieu d’essayer de les capter et de les unifier artificiellement, et faire preuve du plus grand respect de la biodiversité des actrices et des acteurs qui œuvrent depuis tant d’années, dans tous les secteurs, associatif, agriculture, soin, éducation, entreprise, énergie, transport, etc, etc.... si ces gens là ne sont plus ou pas dans un parti, c’est que la forme de parti est caduque (cf Note pour la suppression des partis politiques Simone Weil). Il faut tout repenser. Tout créer. Cultiver les « zones du dehors », les relier, ouvrir les portes.

Vive les citoyennes et citoyens français.e.s et européens pour leurs votes écolo. Bravo et merci spécial pour les jeunes de vous être levé.e.s dans la rue de façon si spectaculaire, artistique, radicale et joyeuse, et de l’avoir aussi fait, malgré tout, au cœur du marasme de cette pathétique campagne française des Européennes, dans les urnes.

Bravo EELV d’avoir fait cette campagne sans beaucoup de moyens, pas grand monde dans le parti, avec des attaques permanentes et des trahisons (Cohn Bendit, Canfin, Nouvian, Bourg), chaque liste ayant ses « prises de guerre écolo » (par exemple la super femme qui lutte contre les paradis fiscaux, Manon Aubry), et pour terminer le tableau, en pleine élection interne pour les municipales (pff).

Et oui, un projet de civilisation désirable peut advenir, pour peu qu’il soit l’émanation des aspirations des habitantes et habitants au service de l’intérêt supérieur des générations futures. Que cet élan mondial cultive ses formes d’expression, de réalités, diverses, multiples, interdépendantes les unes des autres, des Zad aux marches, des asso aux équipes municipalistes, des communes aux parlements, du jardin potager aux entreprises, de l’Amap aux gouvernements, de la crèche à l’université, chacun.e investissant sa place, relié.e aux autres. Prendre ensemble les décisions qui permettront la vie sur terre. Logiques de coopération plutôt que de compétition, d’horizontalité plutôt que de verticalité, d’émancipation plutôt que de domination, de puissance plutôt que de pouvoir.

#NousSommesCellesetCeuxqueNousAttendions
Créer c’est résister. Résister c’est créer

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