Président, gouvernement, parlementaires : lâchez du pouvoir. Maintenant.

#GiletsJaunes, #NuitDebout, #NousToutes, #Criseditedesbanlieues, #leszad, mobilisations citoyennes dans tous les pans de notre société : Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les ministres, Mesdames et Messieurs les député.e.s, Mesdames et Messieurs les sénatrices et les sénateurs, il vous faut lâcher du pouvoir Maintenant.

Aucune mesure, d’aucune nature, ne pourra répondre à la colère des gens.
Les raisons de la colère sont tellement multiples qu’il est impossible d’y répondre.
La seule option que je voie est d’ordre institutionnelle.

Et c’est maintenant qu’il faut le faire.
Il vous faut sacrifier une part de votre pouvoir et le transmettre, avec confiance, dans les mains des femmes et des hommes de ce pays.

Il est temps de reconnaître que la démocratie représentative telle que nous l’avons connue depuis la Révolution française touche à sa fin. Les démocraties occidentales ne cessent de s’affaisser. Mortellement. Entravant toute chance de survie de l’humanité.
La révision constitutionnelle est déjà d’ores et déjà un échec annoncé.

Il est temps d’expérimenter, doucement mais authentiquement et radicalement, d’autres façons de tendre vers l’idéal démocratique que nous n’avons jamais éprouvé.

Les femmes et les hommes de ce pays doivent avoir le droit de décider des règles qui régissent leurs vies et celles des générations futures.
Les femmes et les hommes de ce pays veulent prendre leur place à la table des décisions, et cette demande est légitime.
Et c'est même une chance. Peut être d'ailleurs la seule chance de s'en sortir. Affronter collectivement notre futur. Partager le poids des immenses décisions à prendre pour la survie de l'espèce.

Voilà cette option qui s'offre à nous : offrir dès maintenant 10% de l’Assemblée nationale aux citoyen.ne.s français.
Idem, 10% du Sénat.

Les françaises et français pourront directement décider d'accepter, de s'abstenir ou de rejeter les projets de lois proposés par le gouvernement ou les propositions de loi sur 10% des sièges de nos parlements.

Expérimentons une dose de démocratie directe au cœur du Parlement qui restera, dans un premier temps, à 90% représentatif. Faisons cohabiter les deux systèmes dans un premier temps. Apprenons de sa mise en œuvre. Pas à pas.

Il est indispensable et vital de créer un espace décisionnel aux voix des françaises et des français.
Un impact. Réel.
Une reconnaissance.
Une existence.
Une dignité.
Une légitimité.
Un moyen de participer à mettre fin aux abus de pouvoir sur lesquels les citoyen.ne.s n’ont aujourd’hui aucune prise.
Un moyen de sortir de la colère pour construire, décider, proposer, contrôler.
Immédiatement.

Avant que la révolution (qui n’est aujourd'hui plus une hypothèse) n’embrase notre pays, il nous reste une méthode expérimentale, douce à explorer.
Une aventure humaine inédite.
Nous ne sommes pas mûr.e.s pour une constituante.
L’est-on jamais, rien n’est moins sûr, ce sont les synchronicités de l’Histoire qui s’imposeront à nous, mais nous manquons collectivement sérieusement de pratique démocratique pour ne pas répéter les errements du passé.

Commençons par 10% pendant un an. C'est peu, mais ça sera déjà beaucoup. Voyons ce que ça donne. Evaluons. Améliorons à partir des échecs que nous connaîtrons.
Puis lorsque le résultat sera déclaré satisfaisant par les citoyen.ne.s, passons à 20%, puis 30% puis 50%, etc… Dessinons au fur et à mesure d’autres règles du jeu institutionnelles, sans les figer dans le marbre. A une démocratie représentative figée et mortifère, remettons de la vie, du souffle, construisons une démocratie vivante !

Je suis sûre et certaine que nous serons étonné.e.s, impressionné.e.s positivement par les résultats de ces expérimentations.

La France pourra s’enorgueillir d’être le premier pays au monde à expérimenter une dose de démocratie directe dans son parlement.
Nous pourrons dans le même temps l’explorer au Parlement européen aussi, refaisons communauté d'êtres vivants, sociaux.

Après avoir pris un tel retard et nous être mis gravement en danger nous-mêmes, pourquoi ne pas reprendre le flambeau de l’esprit de l’idéal démocratique d’Olympe de Gouges et notre héritage collectif de la Grèce antique ?
L'idée si puissante, jamais égalée, de reconnaître chacune et chacun comme un être capable d'agir, de penser, de se déterminer.

Alors ?

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