VIVE LES VACANCES ET LA PAUSE DES ANGOISSES

 

Il est temps que les vacances arrivent non pas pour un repos physique des travailleurs bien que celui-ci soit amplement mérité mais essentiellement pour un repos de l’esprit car ce dernier a été mis à mal sur ces six derniers mois.

En effet, nous vivons en guerre permanente. Je vous parle du conflit de la Syrie qui est le dernier à monopoliser les médias du fait du jeu complexes où tous les acteurs majeurs, Etats Unis, Russie, Iran, Turquie, France jouent leurs partitions dans ce qu’il faut bien appeler le merdier syrien tant on n’y comprend plus rien et tant la sortie du conflit semble improbable sauf à ce que tous les habitants de cette région soient morts. Donc, du coup, on nous sert des images de bombardement, de gaz toxiques et autres horreurs pour que le feuilleton reste numéro 1 au box- office. Et tant pis pour les autres soaps comme le Yémen, l’Irak, l’Afghanistan ou autres, cela ne nous intéresse plus beaucoup et ne fait rien vendre donc on en reparlera si rien d’autre de peut venir combler le vide entre deux pages de pub.

Je vous parle également de la guerre des nerfs avec le jeu de Trump, son USA first et son leadership imposé. Je veux, je veux plus. Vous devez me suivre car j’ai la plus grosse. Il nous en a fait vivre celui-là avec la menace de guerre sur la Corée, puis le j’y vais, j’y vais plus. Je suis plus d’accord avec les iraniens que de toute façon je n’aime pas car ils font rien qu’à m’embêter en Syrie en étant du mauvais côté et en plus dans le processus de normalisation ils n’ont pas choisi les entreprises américaines pour refonder leur économie donc si je n’y vais pas, personne n’ira. Il nous occupe avec ses migrants illégaux qu’il met en prison sans aucune humanité et avec toujours l’idée de construire son mur. Je n’évoque même pas ses démêlés avec la justice entre ses infidélités,  ses problèmes de recrutement interne et la menace de collusion avec les russes pour son élection. Vous rajoutez ses tweets et vous devez bien avouer qu’on sent bien son passé à la télé car il a le chic de vous tenir en haleine mais en prenant bien garde de toujours vous tenir sur le fil du rasoir. Ce mec-là est un film d’horreur à lui tout seul au niveau stress et je ne vois même pas pourquoi les producteurs d’Hollywood continuent à produire de séries sur les morts vivants. Lui il fait bien plus d’audience et crée bien plus de stress qu’eux. Il fait tourner chèvre le grand capital mondial et le commerce international avec ses dénonciations successives d’accord commerciaux et de libre droits de douane ce qui n’est pas très fair-play car après tout jusqu’à présent il existait bien un pacte non-dit des riches de cette planète qui devait se gaver sur le reste de la population. Non, franchement, vouloir devenir plus riche tout seul c’est pas sympa.

Et puisqu’on parle de guerre économique nous venons d’en vivre une belle au Maroc avec ce fameux boycott d’entreprises ciblées qui a fait mal mais on ne sait pas encore trop à qui. La France n’a pas été épargnée avec la super grève à trou de la SNCF qui n’a pas fait reculer d’un poil un gouvernement s’appuyant la croyance général du public persuadé que les cheminots sont de sales privilégiés de la vie parce qu’ils n’ont pas les mêmes retraites de merde qu’eux (au fait, pour cet aspect attendez la réforme de 2019 et vous verrez que vous aurez de nouveau un coup d’avance, heu, en fait, de retard, sur eux) et qu’ils sont comme tous les fonctionnaires des profiteurs de nos impôts. Sur ce point d’ailleurs je tiens à ne pas féliciter les cheminots qui non seulement n’ont rien obtenu (manque d’explications ? Défaut de stratégie ?) mais ont réussi à éclipser les mouvements sociaux dans les universités et les hôpitaux ce qui est pourtant tout aussi important. Mais bon, là aussi les médias ont fait le job pour que l’opinion bêle à l’unisson que oui, nous sommes bien dans un monde marchand. Et donc, en plus de l’angoisse sur les retards des trains et la possibilité ou non d’arriver à son boulot mal payé, le citoyen à l’angoisse d’être un jour malade et de devoir faire 100 kilomètres pour arriver dans un hôpital surchargé où au bout de quelques heures il se verra répondre que le service le concernant est fermé et qu’il faut partir sur un autre site. Le prix de sa vie vient de s’effondrer ce qui n’est pas le cas des produits de première nécessité. Et encore un stress !

Les femmes également nous ont beaucoup stressées avec leur grand déballage du metoo. On découvre les violences faites aux femmes et les abus sexuels qu’on nous balance en prime time. Vous croyez que c’est apaisant dans un foyer lorsque monsieur se demande s’il pourra toujours balancer une ou deux claques à madame sans l’intervention de la police ou qu’il regarde sa moitié en se demandant ce qu’elle a bien pu vivre avant de le rencontrer mais surtout sans qu’elle ne lui donne une réponse qu’il sait ne pas pouvoir supporter ?

Bon, pour ne plus se regarder le nombril on regarde ailleurs pour se détendre et l’on voit des hordes de migrants pour ne pas les appeler réfugiés ce qui serait trop politiquement correct et nous donnerez trop de remords à les refuser ou les parquer dans des camps. Or, c’est insupportable de voir tous ces gens qui se noient dans la mer et qui ne sont surement pas vaccinés. Après tout ils vont se faire bouffer par les poissons et nous mangeons les poissons : est-ce qu’on ne risque pas un jour d’être malade à cause d’eux ? D’ailleurs puisqu’on parle de santé on nous trou le porte-monnaie avec le prix de légumes bio en nous expliquant que le glyphosate n’est pas dangereux pour la santé pendant que partout ailleurs dans le monde les procès se multiplie sur la nocivité de ce produit. Rien à craindre puisque c’est Hulot qui cautionne tout comme l’huile de palme. Décidément encore un eux qui était meilleur à la télé que dans la vrai vie !

Donc oui, il était temps de faire la trêve. Et ce n’est pas la vaisselle ni la piscine de notre méga président qui me gâchera mon repos intellectuel. Rien, plus rien, je ne veux que plus rien ne se passe pendant les deux mois suivants qui puisse refaire monter mon taux de stress et d’énervement. Ni catastrophe naturelle, ni attentat. Tout ça, vous vous le gardez. Même vos revues de l’été qui m’explique que j’ai un gros cul par rapport aux mannequins et qui sont censé me faire culpabiliser au bord de la piscine tout en bouffant des concombres avec la peau, vous vous les gardez aussi ! J’aspire à un repos total pendant deux mois. Mais comme j’ai peur de mal m’habituer et de ne pas supporter le choc de la rentrée, je compte quand même sur les augmentations du gaz et de l’électricité de la mi-juillet pour me laisser un pied dans le bain pendant que nous prenons nos vacances.

 

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