LES GISCARD D'ESTAING, UNE FAMILLE ANOBLIE EN 1922 !

BFM TV ou Ouest France "m'informent" que la République a anobli la famille Giscard!

Valéry Giscard d'Estaing avec ses soeurs et son frère. © BFM Tv Valéry Giscard d'Estaing avec ses soeurs et son frère. © BFM Tv

S'il y a un travers héréditaire chez les Giscard c'est bien celui de rechercher des titres de noblesse! Edmond Giscard, le père de Valéry, a obtenu du Conseil d'Etat de modifier son patronyme en y adjoignant "d'Estaing". Il n'en a pas fallu plus pour que je lise sur le net que la République avait anobli les Giscard! Je ne pense pas que la République en prenant la suite du roi ait eu un jour le pouvoir ou la volonté d'anoblir!

BFM :  https://www.bfmtv.com/politique/les-giscard-d-estaing-une-famille-anoblie-en-1922_AD-202012030090.html

Ouest France : https://www.ouest-france.fr/politique/valery-giscard-d-estaing/mort-de-valery-giscard-d-estaing-la-famille-de-l-ancien-president-decede-a-ete-anoblie-en-1922-7070685

Je n'ai aucune autre qualité pour commenter que mon attachement à un idéal que traduit la devise "Liberté, Egalité, Fraternité" et ça j'y tiens!

J'ai vécu le début de mon âge d'adulte sous Giscard et je garde de lui l'image d'autosatisfaction et de snobisme. Il se serait grandi s'il avait mis fin à l'invention de ses titres d'ancien régime par son père, mais il a préféré s'inventer une idylle avec la Princesse de Galles!

Non Messieurs les journalistes de BFM ou d'Ouest France la République n'anoblit pas! On se contentera d'autres hochets tels que la Légion d'Honneur, l'Ordre du Mérite et autres babioles.

Je ne résiste pas à l'envie de reproduire quelques lignes d'un certain Dominique Galouzau "de Villepin" que j'ai péchées dans l'Express du 2 novembre 2010: 

"Pour rester sur la matrice qui nous occupe, je ne peux que constater à quel point sa présidence - on a envie d'écrire son règne - évoque l'Ancien Régime dans le sens péjoratif du terme. Par son histoire personnelle et familiale, Valéry Giscard d'Estaing incarne la fascination de la grande bourgeoisie pour la noblesse ancienne, fascination à laquelle, comme Jacques Chirac, j'ai toujours été étranger pour ne pas dire hostile.    

Par son langage, son attitude et sa diction, qui fera la joie des chansonniers, le nouveau président ne manque pas d'étonner quand il n'irrite pas en confondant le fait d'être hautain avec la hauteur et la prestance avec le snobisme. Beaucoup critiqueront son admiration pour la personne et le règne de Louis XV, révélant en creux un narcissisme contraire à la modernité qu'il prétendait incarner.    

Sa présidence est également passée à la postérité par son observation sourcilleuse d'un protocole qui l'amenait, par exemple, à se faire servir avant certains de ses hôtes, choquant à juste titre ses visiteurs et nous couvrant, à travers lui, de ridicule. Le constat est d'autant plus accablant que cette mise en scène d'un autre âge voisine avec une volonté criarde de proximité qu'illustrent les "dîners" chez les Français ou l'invitation à petit-déjeuner des éboueurs, sans oublier, bien sûr, les solos d'accordéon.    

On assiste en réalité au spectacle malsain d'un pouvoir qui croit devenir populaire en "faisant peuple" et tente de compenser par la mise en scène de l'image son déficit d'imaginaire. Valéry Giscard d'Estaing a pu souffrir de l'obsession de sa place dans l'Histoire, au mépris de la prise en compte de la psychologie des hommes. Toujours désireux de tutoyer les sommets, l'homme qui avait côtoyé le général de Gaulle ne mesurait peut-être pas suffisamment combien nous avions changé d'époque, dans un temps où un homme ne pouvait plus à lui seul prétendre faire l'Histoire, sans paraître coupé des réalités."    

 

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