Malaise grave des profs stagiaires

Mes précédents billets évoquaient le suicide d'un jeune prof stagiaire de Toulouse. Des collègues de son établissement ont publié une lettre ouverte dans Politis que j'ai reproduite dans mon dernier billet. Je viens de faire un relevé d'interventions du forum sur le sujet du site neoprofs.org. Pour l'intégral: http://www.neoprofs.org/t98965-lettre-ouverte-des-collegues-du-college-hubertine-auclert

par Osmie Hier à 8:28

Merci aux collègues d'avoir écrit ce texte ; il est bon que l'incurie de l'institution lui revienne dans les dents. Un collège tranquille, pas connu pour ses problèmes...la lettre dément les assertions de ce M.Vial, et ce qui est bien dommage pour ce dernier, c'est que l'équipe avait déjà fait remonter un état des lieux de son établissement : les écrits restent. Deux démissions, un suicide...et rien, aucune réaction, tout va très bien madame la marquise.
Les faits sont clairement exposés, les collègues ont vraiment bien fait.
Des pensées pour eux, et pour la famille du stagiaire.

par XIII Hier à 8:35

Il faudrait que tous les enseignants de France débrayent un jour pour condamner cet état de fait! Ici il y a manifestement une non assistance à personne en danger! Et j'ai l'impression que nous sommes des milliers dans le même cas!

Thalie Hier à 8:39

Oui nous sommes des milliers. 
Chez nous, 20 élèves pourrissent les cours de 4e/3e et il ne se passe rien. Le chef a même du mal à mettre 3j d'exclusion (cela n'a aucun effet selon lui) venir avec son équipe rappeler aux élèves les règles pour raffermir notre autorité (cela n'a aucun effet selon lui). Il n'a pas assez de rapports sur un élève quand on lui demande de faire quelque chose (ce qui est faux). Quand je lui demande les conclusions de ses rdv avec mes élèves il me dit qu'il n'est pas tenu de me mettre au courant (je suis pp). 
Je suis très en colère quand je lis cette lettre. 
Il est temps de s'unir pour révéler tout cela au grand jour.

par Osmie Hier à 8:46

Il faudrait déjà que les collègues connaissent les faits, que l'on en parle au-delà de la presse locale, et que l'on sorte de l'individualisme du moment. Ces drames vont se multiplier si l'institution n'affirme pas son autorité. Affecter des stagiaires sur des postes difficiles, ne pas répondre aux signalements des collègues, fermer les yeux sur les incivilités, mentir sciemment dans la presse en prétendant qu'un collège ingérable est un bahut pépère, tout ceci témoigne de l'abaissement de l'institution, qui a décidé de se coucher et de se laisser piétiner au lieu d'imposer son autorité et de remettre à leur place comme il se doit des adolescents qui cherchent les failles et les limites. 
Il m'est arrivé de ne pas apprécier un professeur, mais jamais je ne l'aurais insulté, jamais je ne lui aurais jeté un œuf à la tête : cela ne me serait pas venu à l'esprit, et si je l'avais fait, j'aurais eu un sacré retour de bâton, et chez moi, et au lycée.
On piétine une institution qui se couche ; ce qui m'agace, c'est que ceux qui décident cet aplatissement général ne sont pas ceux qui se font directement piétiner dans les classes. J’aimerais bien que ce M.Vial prenne les classes du stagiaire jusqu’à la fin de l'année, pour voir, et pour rire un peu.

Thalie Hier à 9:35

Pareil Jane, mon cde ne veut pas rencontrer les familles et quand j'ai eu le malheur d'écrire sur le carnet d'une élève : "veuillez prendre contact avec l'administration" car j'avais déjà rencontré les parents x fois + nombreux coups de fils, je me suis fait remonter les bretelles assez sérieusement alors que je ne l'ai jamais, jamais entendu parler comme cela à des élèves. 
Ainsi va le monde...Les profs sont les coupables idéaux pour les élèves cela on le savait déjà et c'est l'âge qui le veut mais désormais nous le sommes aussi pour les parents, pour l'administration et quelquefois même pour les surveillants et CPE ! Yeahhhh !

par gauvain31 Hier à 9:41

A quand une telle lettre à la une du Monde ou de Médiapart?

 

par XIII Hier à 8:35

Il faudrait que tous les enseignants de France débrayent un jour pour condamner cet état de fait! Ici il y a manifestement une non assistance à personne en danger! Et j'ai l'impression que nous sommes des milliers dans le même cas!

Oui , pour moi cela pourrait relever du pénal

par moonie Hier à 14:51

Cette lettre devrait être remontée à Médiapart. Cette politique des établissements de mettre la faute sur l'enseignant à chaque incivilité d'un gamin, à éviter les conseils de classe, à n'exclure aucun élève perturbateur relève du management libéral et non d'une institution nationale et publique.

Docteur OX Hier à 19:50

des années de discours de l'excuse et d'une bienveillance débile envers les élèves les plus pénibles laissent place maintenant à la TROUILLE et à la LACHETE dans les hautes-sphères et à l'ANGOISSE et au DESESPOIR chez des collègues qui n'en peuvent plus. C'est trop tard, c'est devenu "normal" et "ingérable". Pour beaucoup de jeunes, les profs sont des animateurs sans autorité et l'école est un lieu où peut faire ce que l'on veut. La crainte et le respect sont complétement absents chez de nombreux élèves qui arrivent dès la sixième. Continuons comme ça. Mon Dieu, quand je pense aux parents des classes modestes qui élèvent convenablement leurs enfants et qui ne peuvent pas faire autrement que de les mettre dans certains établissements complétement pourris par une minorité de délinquants. HONT

Rabelais Hier à 20:14

Franchement, quand je comptabilise le nombre de stagiaires de ma promo qui ont failli démissionner dès décembre mais qui ont choisi la voie des antidépresseurs , tous ceux qui ici souffrent encore en stage , il faut effectivement se poser des questions.
Les conditions de travail innommables dans nombre de collèges ,la pression des espe/tuteurs/IPR ,l'exigence de bienveillance comme réponse à toutes les questions, à toutes les situations, le discours contradictoire avec la réalité du terrain, tout ceci met en danger le professeur stagiaire et pas seulement dans sa foi et sa vocation, mais dans son intégrité corporelle.

par gauvain31 Hier à 20:24

+1000 exigence de bienveillance pour les élèves, jamais pour les profs. Certains qui encadrent les jeunes stagiaires ne s'appliquent pas à eux-mêmes ce qu'ils exigent de ces jeunes stagiaires. C'est profondément malsain. La bienveillance est souvent prônée de la part de ceux qui en sont dépourvus. 

Est-ce que ces encadrants au sens large ont-ils conscience de ce décalage?

par tit871 Hier à 20:27

on infantilise les profs et on les culpabilise, apprenez aussi chers collegues à ne pas vous laisser faire ( quand on est titulaire), on peut avoir tendance à rester l'élève que l'on a été.On merite le respect et la hierarchie a le devoir d'entendre ce quelle ne veut pas entendre.

par Rabelais Hier à 20:31

Tout à fait...je ne ressens aucune bienveillance de la part de ceux qui la prônent et lors du stage, les professeurs, fussent-ils reconnus par leurs pairs puisque diplômés, sont traités avec dédain , parfois malveillance.
Jamais lors des préavis dans le privé je n'ai été aussi peu reconnue, alors même que je n'avais passé qu'un vague entretien lors de mon embauche.
Non seulement il est difficile pour certains professeurs débutants de se positionner devant une classe  mais ce qui est déplorable, c'est que finalement, leur autorité leur est déniée par leur condition péjorative de stagiaire.

par Lefteris Hier à 21:24

Exactement : je n'ai ressenti que des formules creuses à l'IUFM, des slogans, mais aucune bienveillance. Que de la menace voilée en permanence, des listes à émarger pour les réunions stériles le soir , des réprimandes collectives ,la mise en accusation implicite des enseignants si les élèves étaient odieux. 

par sena Hier à 23:42

La mise en difficulté des enseignants découle de fait des courants pédagogiques   dits "progressistes" qui nient la réalité de leur échec en reportant toute la responsabilité de la situation actuelle sur la culpabilisation des professeurs...

 

par Leperenoelnoir Aujourd'hui à 9:40

Ce discours culpabilisant je l'ai vécu également.  Dernier exemple en date lors des entretiens pour les fameux points de Rep ( avec ad joint de l IA bedonnant et DRH débordée comme chacun sait). J'ai poireaute 1h30  après  l'horaire de convocation,  mon entretien à duré 12 minutes qui ont consiste à remettre en cause mes pratiques en me coupant grossièrement la parole sans m'en laisser en placer une. La plus belle connerie qu'ils m'ont sorti :"les réformes pour la REP ont échoué à cause des enseignants,  avoir travaillé en Rep n'est donc pas un bon point pour vous ".

par lyanna Aujourd'hui à 11:20

Je ne voudrais pas tomber dans le piège du raccourci hâtif... Mais j'étais stagiaire en maths l'an dernier à Toulouse. La charge de travail et la malveillance dont on était victime (à l'espe comme avec le corps d'inspection dans certains cas) ont pu être ingérables pour beaucoup. Certains en parlent encore quand on se croise en formation...

par Lefteris Aujourd'hui à 12:22

Tu as raison de pointer ce fait : la charge de travail inutile. On surcharge les stagiaires de rapports, de travaux à rendre, de listes à fournir, pour qu'ils n'aient pas le temps de souffler , des trucs qui ne servent à rien. Des formateurs inventent des devoirs, de leur propre initiative,  outre le fameux mémoire.Il y a une sorte de bizutage, de volonté de montrer qu'il faut absolument en baver, ne faire que travailler , travailler. Un peu comme comme le temps infini demandé à construire des tabeleaux de séquences, séances activtés, compétences, que dénonçait récemment quelqu'un sur ce forum. Résultat, des stagiaires tendu en permanence, épuisés, se levant aux aurores et même avant pour préparer, rognant sur leur sommeil, n'ayant aucun loisir.

par gauvain31 Aujourd'hui à 12:26

Je ne suis pas étonné , une stagiaire de maths m'avait raconté l'an dernier une des aberrations de la formation de l'ESPE en Maths: ils doivent suivre des cours et des examens en plus de faire leur stage et leur mémoire (et à ce qu'elle m'a dit , c'est le seul Espe de France qui ferait ce genre de choses); je vous passerai ses commentaires concernant l'attitude des formateurs...

 

par Honchamp Aujourd'hui à 15:57

Tant mieux, car je plains ces pauvres stagiaires . 

Comment a-t-on pu en arriver là ? C'était presque mieux du temps de Châtel quand il n'y avait plus de formation...
Finalement, en créant les ESPE , on a donné un pouvoir énorme à tout un tas de gens, souvent planqués, ou les mêmes depuis des années. Ou encore des "nouveaux" aux dents longues. 
Et qu'est-ce que c'est que ces IPR  hyper-exigeants avec des débutants ? 
Sinon,l'anecdote que je raconte à qui veut bien l'entendre est que je connais des ex-formateurs IUFM (Licence + CAPES) qui se disent désormais  "enseignants en master". ça classe autrement !

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.