Pédophilie et responsabilité parentale

Prestige social et consentement parental à la pédophilie

La publication du livre de Vanessa Springora  m'amène à m'interroger   de nouveau sur la responsabilité des parents censés être  les adultes  capables  de protéger leurs enfants avant toute autre institution. Ils ne sont évoqués que de manière floue dans les témoignages récents et l'on peut comprendre pourquoi. Par contre je m'interroge sur la discrétion des commentateurs divers et variés à ce sujet.  Cela m'amène à évoquer un fait personnel.

 Au tout début des années 1990 il m'est arrivée de croiser G. Matzneff dans un petit salon de thé rue Cujas en compagnie de ma fille alors jeune adolescente. Nous bavardions quand notre voisin de table, entouré de jeunes gens bon chic bon genre, a tenté avec beaucoup d'humour et d'élégance de participer à notre conversation. Il s'agissait de l'écrivain en question, facilement identifiable à l'époque pour toute personne s'intéressant à la vie littéraire parisienne. Après quelques échanges courtois, il s'est tourné vers ma fille de façon si insistante que j'ai dû le remettre vertement à sa place et quitter les lieux sous ses remarques sarcastiques concernant les mères étouffantes. Ma fille avait visiblement senti le danger et me dit avoir été  gênée face à cet homme. Je lui expliquai les raisons de mon comportement et ce fut l'occasion d'échanges tranquilles   y compris sur les enfants des trottoirs de Manille. 

Je connaissais les attirances pédophiles de cet écrivain mais j'aurais agi de la même façon envers tout homme de cet âge se comportant ainsi. Mais peut-être n'avais-je pas besoin  qu'un écrivain germano-pratin s'intéresse à ma jeune fille, belle et intelligente, pour me sentir exister et être valorisée socialement?

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.