Les phrases qui tuent

En attendant la repentance austéritaire

Il y a déjà au moins une vingtaine d'année la ritournelle était obsédante : "L'hôpital doit être géré comme une entreprise" - " Nous ferons mieux avec moins" étaient les propos rabâchés à toute occasion par les directeurs de l'hôpital psychiatrique de C. dans la banlieue est de Paris. Propos relayés ad nauseum par les nouveaux cadres infirmiers, non plus sortis du rang mais formés au management moderne sans grande expérience de terrain.

Et, hélas, souvent repris par les médecins chefs soucieux de préserver leur relation avec l'administration. A cette époque je n'en ai jamais vu un seul s'associer aux mouvements de grève et aux revendications des personnels soignants. Les temps changent, mais le mal est fait.

J'aimerais savoir aujourd'hui si ces zélés exécutants des consignes ministérielles d'austérité apprécient les résultats de leur action : l'entreprise -hôpital est au bord de la faillite et ils ont fait effectivement beaucoup mieux en terme de cadavres avec moins de soignants et des moyens réduits. Et ce sont les fabricants de blue-jeans et les couturières à domicile qui s'activent pour fabriquer des masques de protection pour les soignants.

Que la honte soit sur eux!

Quant aux politiques qui déclarent,  les yeux fixés sur la ligne bleue des Vosges et le menton volontaire,que "nous sommes en guerre", ils demeurent fidèles à la tradition qui veut que dans ce pays on soit toujours en retard d'une guerre. Et il faudrait leur faire confiance!

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