Au Pays Basque, les paysans luttent pour conserver des terres nourricières

Radio Sauvage s'arrête aujourd'hui au sud de Biarritz, dans la commune d'Arbonne. Depuis plus d'un mois, des paysans et des habitants du coin occupent un domaine de 15 hectares, destiné à être vendu plus de 3,2 millions d'euros à une fortune parisienne. Les militants protestent contre l'accaparement de ces terres nourricières, dans une région qui importe 80% de ses fruits et légumes.

[PODCAST] "OKUPAZIOA!". Difficile de rater le domaine occupé dans la commune d'Arbonne, au Pays Basque. Ce dimanche, une centaine de voitures sont garées aux abords du lieu, jusque dans la commune. Nous qui pensions arriver dans une sorte de ZAD, avec des barricades et une vigie pour contrôler les entrées, cela ressemble plus à une fête de village. Une banderole est tout de même accrochée au barbelé qui délimite le domaine. "La terre doit être nourricière".

La banderole accrochée devant le domaine occupé. © jus La banderole accrochée devant le domaine occupé. © jus

On entend même de la musique au loin, mais plus on se rapproche, moins on comprend les paroles. Evidemment, c'est du basque. L'ambiance "fête du village" se confirme. Une buvette est installée, les groupes s'enchaînent sous la tonnelle prévue à cet effet. Des familles sont installées sous des tentes, et tout le monde à l'air de se connaître ou presque. Une pétition et une caisse de solidarité sont également à disposition. Les slogans sont systématiquement traduits en basque, comme les discours qui ponctuent l'après-midi et nous rappellent pourquoi on est là. 

Une ambiance "fête du village" à Arbonne Une ambiance "fête du village" à Arbonne

On comprend rapidement les enjeux de cette lutte. Comme souvent au Pays Basque, de riches fortunes souhaitent acheter des terres, parfois nourricières comme ici à Arbonne, pour y construire des résidences secondaires. Pour ces fortunes, qui passent parfois une semaine par an dans la région, acquérir des terres dans le Pays Basque est un moyen de parader, de s'afficher auprès de sa classe sociale. Les terres s'arrachent à des prix exorbitants, ce qui contribue à faire grimper le prix du foncier, déjà particulièrement élevé dans la région, et alimente cette bulle spéculative.

 © jus © jus

Après avoir profité du concert et de la buvette, on écoute attentivement les discours de celles et ceux qui sont à l'origine de cette occupation. Notamment les représentants du syndicat agricole ELB (la branche basque de la Confédération Paysanne). Tou.t.e.s appellent à amplifier la mobilisation. Isabel Capdeville, membre de Lurzaindia, une structure qui rachète les terres pour qu'elles conservent leurs vocations nourricières en les louant à des paysans, prend le micro. "C'est la lutte des classes qui se joue ici ! Ces gens là nous prennent pour des gueux, on est des petits pour eux. On a juste le droit aux miettes et encore!"

Isabel Capdeville, membre de Lurzaindia © jus Isabel Capdeville, membre de Lurzaindia © jus

Après son discours devant la centaine de personnes réunies, nous allons voir Isabel Capdeville pour qu'elle nous explique les enjeux de cette lutte, ici à Arbonne. L'interview est à retrouver ici ;

Si vous souhaitez écouter le podcast dans son intégralité sans passer par Spotify ; Route des luttes #4 Au Pays Basque, forte mobilisation des paysans et de la population pour conserver des terres agricoles, menacées par la spéculation foncière | Radio Sauvage | Ecoutez hearthis.at

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