À la ferme Emmaüs Baudonne, Gabi Mouesca fait tomber les murs des prisons

À Tarnos dans les Landes, la ferme Emmaüs Baudonne propose à des détenues d'effectuer la fin de leurs peines en milieu ouvert, au sein d'une ferme agroécologique. Ce lieu unique en Europe fait figure de modèle, alors que nos sociétés tardent à trouver des alternatives à un système carcéral barbare et dépassé. Rencontre avec Gabi Mouesca, directeur de la ferme et fervent militant anticarcéral.

[PODCAST]"Je hais la prison. Je considère que c'est une honte pour notre niveau de civilisation d'avoir encore, au cœur de la cité, des outils anti-sociaux de ce type".

Gabi Mouesca, devant la ferme Emmaüs Baudonne © jus Gabi Mouesca, devant la ferme Emmaüs Baudonne © jus

Gabi Mouesca a dédié sa vie à la lutte anticarcérale. Depuis sa sortie de prison il y a un peu plus vingt ans, cet "abolitionniste" n'a cessé de se battre pour faire tomber les murs des maisons d'arrêts et pointer du doigt la dangerosité du système carcéral qui broie les individus, les rend inaptes à la vie en société, et entraîne 63 % des détenu.e.s à récidiver.

"C'est même pas que le système carcéral est inefficace, c'est qu'il est dangereux" assure t-il.

Ancien directeur de l'Observatoire International des Prisons (OIP), Gabi Mouesca a souhaité apporter concrètement sa pierre à l'édifice dans le combat anticarcéral. En 2020, il crée la ferme Emmaüs Baudonne dans les Landes, pour amener des femmes détenues vers l'autonomisation et l'autogestion, elles qui sont particulièrement malmenées et isolées par le système carcéral. A la ferme, elles travaillent la terre, récoltent les fruits et les légumes, et construisent une vraie vie en communauté. Elles ont également un salaire qui approche le SMIC, contrairement à la prison, où le droit du travail et les rémunérations n'existent quasiment pas. La ferme accueille également des détenues transgenre, elles qui sont normalement enfermées avec les hommes et qui vivent un véritable calvaire en prison.

Radio Sauvage est donc allé à la rencontre de Gabi Mouesca à Tarnos, pour comprendre ce projet et la lutte qu'il mène depuis plus de vingt ans. 

Un entretien particulièrement riche, qui fait le tour des revendications anticarcérales, et qui nous invite à repenser notre rapport à la prison. "Je peux tenir le micro moi même vous savez, les basques sont quand même assez autonomes" me dit-il avant de débuter l'entretien.

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