Emplois aidés, Emplois Aidants

Les emplois aidés sont d'abord des aidants. Ces personnes ne sont pas les "maillons faibles" d'une prétendue cordée. Elles sont les fils précieux de notre tissu social. Elles nous rappellent que faire société ça se passe en bas, avec tout le monde; que ce n'est pas une course pour atteindre le sommet.

 

 

 © Rafaèle le-Dû © Rafaèle le-Dû
Notre assemblée générale de rentrée a à peine commencé ce lundi midi que leurs représentants déboulent en salle des profs. L'AG des élèves est déjà terminée. Une bonne centaine d'entre eux y ont assisté. En 20 minutes, c'était plié. Ils ont décidé un blocus symbolique du lycée demain matin, puis de se rendre en cortège au Rectorat. Est-ce qu'on est d'accord? Euh, oui, c'est une bonne idée, mais il faut d'abord qu'on en discute... 

C'est donc entrainé au pas de course par des lycéen-nes motivé-es et joyeux-ses qu'un drôle de cortège intergénérationnel s'ébranle ce matin sur l'avenue Philippe Auguste, direction le Rectorat, porte de Pantin, pour demander le maintien dans leurs postes de nos deux collègues emplois aidés, Rachid et Caroline. 150 personnes, des élèves, des étudiant-es, des profs, des surveillant-es, des parents et bien sur, nos deux collègues qui ont appris juste avant les vacances, que leur contrat ne serait pas renouvelé à partir du 31 octobre. Toute la communauté éducative est représentée.

Si la mobilisation fait l'unanimité c'est parce que c'est lui, Rachid, parce que c'est elle, Caroline. Il y a parmi nous des militant-es, des habitué-es des luttes mais il y a aussi beaucoup de gens qu'on ne voit pas habituellement dans les manifs. Si on est là c'est parce qu'on partage la même émotion. Et l'émotion ce n'est pas politique. Quoique.

 En tout cas, les mobilisations se multiplient partout autour de ces hommes et de ces femmes qui sont remerciés du jour au lendemain et ne sont pas remplacés. Ces personnes sont peut-être les plus fragiles des salariés car handicapées, sans diplômes reconnus, trop jeunes ou trop âgées, bref "inemployables" selon les critères de Pôle Emploi et les normes manageriales qui nous servent aujourd'hui d'orientation politique. Mais ces "plus fragiles" s'occupent eux mêmes des plus démunis ou dépendants, enfants, malades, handicapés, personnes âgées, pauvres.... C'est dans les missions essentielles d'aide à la personne, que ce soit dans les écoles, les services publics ou les associations, qu'ils ont trouvé leur précieuse place.

Les emplois aidés sont d'abord des aidants. Ces personnes ne sont pas les "maillons faibles" d'une prétendue cordée. Elles sont les fils précieux de notre tissu social. Elles nous rappellent que faire société ça se passe en bas, avec tout le monde; que ce n'est pas une course pour atteindre le sommet. 

Une délégation a été reçue ce matin. 

Réponse demain, mercredi. 

Lycée Dorian, Paris,75011

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