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Billet de blog 27 février 2014

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Les taxis se mobilisent pour leurs intérêts et ceux des usagers.

Lundi 10 février, 5000 à 6000 chauffeurs de taxis se sont mobilisés dans toute la France à l'appel d'une intersyndicale regroupant 7 syndicats dont la CGT et FO.

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Lundi 10 février, 5000 à 6000 chauffeurs de taxis se sont mobilisés dans toute la France à l'appel d'une intersyndicale regroupant 7 syndicats dont la CGT et FO. En Ile-de-France, 300 taxis partant d'Orly ont convergé dans la capitale avec 800 taxis provenant de Roissy. En début d'après-midi, 200 taxis étaient regroupés à un point de convergence situé près du Champ de Mars au terme d'une opération escargot ayant bloqué durant 7 heures les autoroutes reliant les aéroports à la capitale ainsi que le boulevard périphérique.

Cette importante mobilisation visait à protester contre la concurrence déloyale exercée par les Véhicules de Tourisme avec Chauffeur (VTC). Les VTC effectuent le même service que les taxis mais avec des contraintes administratives et fiscales beaucoup moins importantes. Alors que les taxis paient une licence allant jusqu'à 240.000 à Paris, les VTC ne doivent payer que 100 euros. Tandis que les taxis parisiens paient une taxe de 18 euros par trimestre pour avoir le droit d'utiliser les stations, les VTC squattent illégalement ces mêmes stations. Au final, les taxis paient 10 euros de charges sur une course de 35 euros alors que les VTC ne paient que 4,5 euros. Enfin, les taxis doivent attendre les clients en station ou par centrale téléphonique alors que les VTC pratiquent la maraude et profitent d'applications téléphoniques créées exprès pour que les clients puissent obtenir un véhicule quasiment dans la minute.

 C'est ce délai très court de réservation qui a déclenché la grève des taxis. En effet, la loi de finances 2013 a institué un délai minimum de 15 minutes entre la réservation des VTC et leur mise à disposition aux clients. Or le 5 février, le Conseil d'Etat a annulé cette disposition en invoquant le principe de respect de la concurrence libre et non faussée. Mais au-delà de cet élément déclencheur, les taxis se sont mobilisés contre d'autres dispositions de la loi de finances moins favorables à leur égard. En effet, le texte a institué la mise en concurrence des taxis avec les grands groupes possédant les VTC pour le transport assis professionnalisé. Ce transport de malades hors ambulances est une activité subventionnée par la Sécurité Sociale et constitue une importante source de revenus pour les taxis. Si cette loi passe, les taxis vont perdre énormément d'argent et la Sécurité Sociale risque d'agrandir son déficit puisque les VTC pratiquent une politique de tarification consistant à faire payer les clients proportionnellement à l'affluence du moment, et qui est la même qu'utilisent les compagnies aériennes et le TGV.

Toutes ces contre-réformes font suite au rapport Attali de janvier 2008 et commandé par Sarkozy. Entre autres « constats » ne servant au final que les intérêts des capitalistes, ce rapport pour « libérer la croissance » prétend que le nombre de taxis est insuffisant et qu'il faut donc augmenter l'offre. Or le nombre de taxis est suffisant puisque des milliers de licences sont inexploitées ou exploitées illégalement par les entreprises de taxis. Par ailleurs, 10.000 chauffeurs sont affiliés à des centres de réservation téléphonique qui préfèrent bloquer les taxis que leur permettre de récupérer les clients durant les heures d'affluence.

Entre autres (très nombreuses) revendications, l'intersyndicale demande l'arrêt de la distribution des nouvelles licences de taxi ainsi que l'arrêt de la distribution des licences d'agrément délivrées aux VTC. Elle demande aussi la fin de la complicité de l'Etat avec les patrons loueurs qui génèrent une forte plus-value à leur dépens. Par ailleurs, les chauffeurs demandent le regroupement et la nationalisation des centres de réservation ainsi que la mise à disposition des nouvelles technologies à l'usage de l'intérêt collectif des chauffeurs et des usagers et non pour les intérêts privés des capitalistes. 

RB

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