George Floyd, la victime de trop !

J’ai longtemps hésité à faire ce post, non pas que je ne sois pas écœuré et choqué par ces images qui ont fait le tour du monde, montrant un policier blanc assassiner par strangulation un jeune homme noir. Non, j’ai hésité parce que je n’ai pas voulu que ce soit une nième tribune d’un noir en colère contre le racisme anti noir.

George Floyd, assassiné le 25 mai 2020 à Minneapolis lors d'un contrôle de Police George Floyd, assassiné le 25 mai 2020 à Minneapolis lors d'un contrôle de Police

J’ai longtemps hésité à faire ce post, non pas que je ne sois pas écœuré et choqué par ces images qui ont fait le tour du monde, montrant un policier blanc assassiner par strangulation un jeune homme noir.
Non, j’ai hésité parce que je n’ai pas voulu que ce soit une nième tribune d’un noir en colère contre le racisme anti noir.

En effet j’aurais tant aimé que ce soit un blanc anonyme qui rédige cette tribune, montrant ainsi que nous partageons la même indignation au delà de la couleur.
Oui j’aurais tant aimé voir des tribunes de personnes de toutes couleurs blanc, jaune, noir, dénonçant cette acte abominable et criminel.
Car en effet, le combat contre le racisme n’est pas le combat des noirs contre les blancs mais c’est celui de l’homme contre l’intolérance et la bêtise.
En effet, comme l’a si bien dit Toni Morison, « l’idée de race dans la société est une construction humaine, si nous enlevons tout cela, que vous reste-t-il en tant que personne? Êtes-vous toujours fort? Vous aimez-vous toujours? Qui êtes vous ? »
On pourrait même aller encore plus loin, une fois qu’on a retiré l’uniforme, le statut et la couleur que reste t’il ?
Ne sommes-nous pas plus, qu’une couleur de peau ou un uniforme ?

Ce qui m’agace le plus dans cette histoire, c’est le silence coupable des nombreux blancs partout dans le monde qui pourtant désapprouvent autant que moi le racisme, mais regardent ce spectacle affligeant sans rien faire ni rien dire.
Comme si la souffrance avait une couleur, et elle n’était pas blanche ? Comme si on ne pouvait être solidaire que de la souffrance de ceux qui nous ressemblent. Cette réaction primitive est la preuve même de notre incapacité à voir l’humanité en chacun des hommes et des femmes qui peuplent ce monde.
Comment peut-on considérer avoir construit une grande civilisation alors que nos réactions face à la souffrance de l’autre sont si primaires ?
Comment peut-on encore ignorer que nous sommes une seule et même humanité après la pandémie du coronavirus qui a frappé tout le monde entier sans distinction de couleurs ?

L’histoire de George Floyd était jusqu’à aujourd’hui une affaire banale dans l’actualité sinistre des abus racistes envers les noirs. Mais là c’est trop, nous devons réagir avec courage et empathie. Nous devons voir George Floyd en chacun de nous, une victime de la bêtise et de l’intolérance humaine.
Nous devons voir dans ce dernier cri qu’il adressa à sa maman avant d’expier, le cri à notre terre mère et à tous ses habitants, implorant que justice soit rendue et que plus jamais un tel drame ne se produise.

Puisse ce cri résonner jusqu’au tréfonds de nos âmes et sonné le glas de l’injustice, de l’intolérance et du racisme.

Puisse l’humanité sortir par le haut de ce drame.

Puisse son âme trouvée la paix.

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