Comment fait on pour se réabonner ? Est-ce bien sérieux ?

Je sais, elles ne sont pas toujours faciles à prendre les décisions qui engagent notre vie virtuelle.

Je sais, elles ne sont pas toujours faciles à prendre les décisions qui engagent notre vie virtuelle.

Mais les choses étant ce qu’elles sont, je sens que je vais peut-être me réabonner à Médiapart dès la semaine prochaine après m’être fait virer. Ca ne fera pas plaisir à tout le monde.

Non, ce n’est pas pour que le CA de Médiapart fasse des envieux.

C’est d’abord parce que ces dernières heures de self défense, fatigantes mais nécessaires, annoncent d’autres fatigues. Il faut lutter pour survivre. Et il y a des moments où se taire trop fait trop mal.

Et puis, ce serait trop injuste, inconséquent, de laisser mes contradicteurs militants seuls ici, désemparés, à la recherche de nouvelles proies, planqués comme des blak-bass à grande bouche dessous les nénuphars.

- dites donc, vous avez de l’appétit !

- non, mais faut bien faire face !

Tant qu’à souffrir, je préfère que nous soyons plusieurs à porter le fardeau du mode de fonctionnement actuel du Club.

Je serai à côté d’eux. Et inversement. Il vous suffira de tourner la tête pour voir que quand je serai eux, ils seront moi.

En cas de fortes chaleurs participatives, on se protégera, même dans des tranchées différentes. S’il fait froid, on se tiendra chaud. On sera alternativement le poêle Godin des autres. Mais attention : pas de fumée sans feu ! N’est pas Landru qui veut.

En plus, comme on aura suivi des cours de pissechologie participative rue Brûlon, on se donnera mutuellement les bonnes pilules. En fonction de l’âge de ses artères, de la date d’abonnement et de ses antécédents blogueux. On s’imposera d’être sur Facebouc avec, dans la liste d’amis, une photo d’Edwy Plenel.

Je ferai quand même attention, me gardant à droite, à gauche, du côté de chez swan et de celui de villepin. Parce qu’ils seraient bien à double tranchant, mes nouveaux potes.

Faut pas faire l’ange non plus ! Il paraît qu’il y en a qui les ont vu donner des coups, conseiller sur ce qui est bien de penser ou pas, sermonner et fustiger. Ils sortent souvent de leurs gonds. C’est un pli qu’ils ont pris contre la prétendue censure de Médiapart.

Ce qu’ils font, ce n’est pas de leur faute, jamais. Mais toujours celle des autres. Quand ils font du mal à des abonnées, c’est sans le faire exprès. Enfin, je crois.

Le projet n’est pas sans danger: il faudra que je résiste à la tentation de me considérer avec eux comme le nombril du monde d’ici, le gardien du temple des convenances. Faudra hurler en permanence à la censure en faisant charger les plus faibles d'entre nous pour qu'ils prennent les coups après avoir pris plusieurs pseudos. Nous, vierges effarouchées mais tranquilles, on se cachera derrière les réactions d'en face. On gueulera à l'injustice qui nous frappe et contre la journaliste responsable du Club.

Ils m'apprendront tout ça. Ils seront mon squelette, je serai leur ventre mou.

J’en tirerai très vite un avantage : je ne serai plus considéré comme un salaud-de-désabonné-qui-s’est-désabonné-pour-des-raisons-pas-très-jolies-casses-toi-pov-con. Avec un peu de chance, une abonnée ne me fera pas passer pour un pourri de tripoteur de Drupal.

Ce qui sera triste, c’est qu’un jour, on se méfiera les uns des autres. Un jour, ils ne m’aimeront plus. Moi non plus. Le naturel reviendra au galop et les mises à l’index aussi.

Si ça se trouve, en attendant, avec leurs alliés (eux s’autorisent à vivre en bande), on pourra ensemble s’en prendre à Médiapart, à la « censure à sens unique », aux « bandes organisées » d’abonnés qui s’apprécient et sévissent dans le Club en ne faisant pas de billets sérieux. On n'est pas sur Meetic, ici, merde ! Mort à l'humour, qu'on dira.

On fera désabonner des abonnés et on fera un combat juste: faire réintégrer des injustement bannis le 16 mai 1843 après la prise de la smala d’Abd El Kader par le duc d’Aumaleconsécutivement à une lettre d’une vingtaine de personnes.

Va savoir si je me trompe ! Un jour, ce sera le bonheur: Médiapart, purgé, refera des petits, en génération spontanée.

On verra arriver les élections de 2012, cara al sol.

On ne peut pas toujours faire sa tête de cochon.

 

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