Syrie : deux poids, deux mesures

L'utilisation d'armes chimiques contre des populations civiles est un crime odieux. Une véritable enquête doit être menée pour punir les coupables. Les réactions contre l'utilisation de ces armes ne se sont pas faite attendre. Mais c'est oublier un peu vite que les kurdes aussi ont été victimes d'attaques à l'arme chimique en Syrie par les milices islamistes.

Une réaction à chaud et intéressé

 

La réaction de D.Trump de bombarder la base aérienne de l'armée arabe syrienne est liée à des dynamiques internes aux États-Unis plus qu'un réel soucis du sort du peuple syrien. Le président des États-Unis est empêtré dans des problèmes de politiques intérieur. La réforme de l'Obamacar a été un échec retentissant. Il a démontré qu'il n'était pas capable d'arriver à un compromis sur cette réforme au sein même du parti Républicain. Dans les sondages, l'opinion qui lui est favorable est en baisse constante (au alentour de 40%). Ce bombardement est avant tout une opération de communication qui vise à paraître fort. Cette attaque contre un dictateur honnis va probablement avoir des effets positif sur l'opinion.

Les dégâts occasionnés par les bombardements sont probablement coûteux pour le régime, surtout après 6 ans de guerre civiles. Il n'empêche que cela ne sera pas déterminant dans la guerre. Les militaires russes ont déjà annoncé qu'ils allaient renforcer la flotte aérienne du régime en réponse à l'attaque.

 

Les rebelles utilisent des armes chimiques

 

C'est un secret pour personne : Le régime , comme les rebelles islamistes, utilisent des armes chimiques en Syrie. Mais ce fait est rarement rappelé en France, au point que certains bombardements d'armes chimiques attribués au régime sont remis en doute, notamment à Damas en 2013. Le régime avait été pointé du doigt et cette attaque chimique avait failli enclenché des représailles militaires des puissances occidentales. Pourtant, Une enquête de l'ONU avait conclu qu'il ne pouvait pas savoir qui avait perpétré le crime.Par contre un ancien enquêteur de l'ONU spécialisé dans les missiles balistique affirme qu'il a été tiré d'une zone contrôlé par les rebelles12. En effet, les premières positions du régime était à 10 Km de l'impact alors que le missile tiré depuis une position au sol avait une porté de 2KM. Les zones où ont eu lieu les bombardements à l'arme chimique sont actuellement contrôlées par ces mêmes rebelles. Il est donc important d'être prudent : les deux partis en causes peuvent utiliser subterfuge et manipulation pour arriver à leur fin. Il faut noter que tout les stocks d'armes chimique déclaré par le régime ont été détruit sous contrôle international. Il reste probablement peu d'armes chimiques aux mains du régime. Il est nécessaire qu'une enquête indépendante soit menée sur le terrain pour savoir ce qui s'est réellement passé est punir les auteurs.

 

Quand les kurdes se font gazer, silence radio

 

Quand il s'agit des bombardements d'armes chimiques effectués par les rebelles sur les populations kurdes, il n'y a pas de réaction international. Pas de Missile Tomahawk qui viennent frapper les positions d’où bombardent les rebelles. Pourtant leurs utilisations sur les quartiers à majorité kurde d'Alep est attestée en 201634. Les milices à majorité kurde étaient déjà soutenues par la coalition international anti-Daech à cette époque. Ces armes ont été utilisés à plusieurs reprises contre les kurdes syriens. Quand ces attaques chimiques ciblent une minorité ethnique qui souffre de nettoyage ethnique depuis des décennies en Syrie, les réactions se font toujours attendre.

1http://www.lepoint.fr/monde/attaque-chimique-en-syrie-le-rapport-qui-derange-page-2-19-02-2014-1793755_24.php#xtatc=INT-500

2http://www.french.alahednews.com.lb/essaydetails.php?eid=11370&cid=324

3https://blogs.mediapart.fr/maxime-azadi/blog/130413/alep-des-armes-chimiques-utilisees-dans-le-quartier-kurde

 

4https://fr.sputniknews.com/international/201604091024083765-armes-chymiques-syrie-kurdes/

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