Mexique: visages d'étudiants indignés

Ils étaient environ un millier à protester au pied de la première chaîne de télévision du pays, Televisa. Sur les hauts mur du puissant conglomérat audiovisuel qui possède l'essentiel des ondes du pays, des pancartes géantes vantent les contenus du groupe: sport, séries télévisées (telenovelas), téléréalité et information.

Ils étaient environ un millier à protester au pied de la première chaîne de télévision du pays, Televisa. Sur les hauts mur du puissant conglomérat audiovisuel qui possède l'essentiel des ondes du pays, des pancartes géantes vantent les contenus du groupe: sport, séries télévisées (telenovelas), téléréalité et information.

En réalité, Televisa est une machine à cash qui vomit de l'information totalement biaisée à la solde du plus offrant. Seule une émission, Punto de Partida laisse place à l'enquête. Le reste de ses contenus informatifs est dominé par des journalistes affichant leur mépris pour les mouvements sociaux. Les journaux télévisés sont ponctués de publicité et il est parfois difficile de faire la part entre les reportages et les publi reportages.

Le reste des contenus: du sport, des telenovelas véhiculant les clichés d'une société inégalitaires, des talks show stupides, le tout agrémenté de publicité.

 

 

Aujourd'hui, les jeunes Mexicains du mouvement YoSoy132 qui militent pour la transparence de l'information et contre le retour au pouvoir d'un parti répressif font fort: ils projettent un documentaire court rappelant les complicités entre la chaîne et le pouvoir, lorsqu'il s'agit d'annoncer comme inéluctable la victoire d'un candidat à la présidentielle malgré une fraude électorale. Symboliquement, ces étudiants ou jeunes travailleurs mettent leur tête dans la télé, pour s'opposer au visage qu'on leur impose: celui d'Enrique Peña Nieto, présenté comme le meilleur candidat depuis 7 ans maintenant.

 

Des étudiants en théâtre miment le candidat du PRI, Enrique Peña Nieto méprisant des femmes victimes de violence. Des étudiants en théâtre miment le candidat du PRI, Enrique Peña Nieto méprisant des femmes victimes de violence.

 

"Lisez, étudiez, choisissez votre candidat".

Ivan, 24 ans: "être jeune et ne pas être révolutionnaire, c'est contradictoire".

 

 

Photos: Raphaël Morán, Vladimir Tlali, creative commons.

Pour tout comprendre du mouvement des étudiants mexicains, c'est ici.

Et pour suivre la campagne électorale mexicaine sur Twitter, c'est ici.

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