Ce n'est pas fini...

Ce serait faire injures aux autistes (près de 500 000 en France) que de qualifier comme tel François Hollande au lendemain de la déroute des « socialistes » aux élections municipales. Par contre, mal voyant et mal entendant conviendraient mieux à  un président de la République  qui choisit un nouveau premier ministre qui, sans surprise, va poursuivre une  politique rejetée par une majorité du peuple de France. François  Hollande n’a pas bien lu les résultats de ces élections locales pas plus qu’il n’a entendu la rumeur croissante des mécontentements et des impatiences  suscités par la politique menée depuis son élection à la présidentielle.

A l’issue d’une brève intervention télévisée, tout en annonçant la nomination de Manuel Valls, le président de la République a signifié qu’il entendait poursuivre la politique entreprise, confirmant ainsi le  virage social-libéral  qu’il a accompli  ces dernières semaines mais sous-jacent depuis plusieurs mois (voire quelques années !).

Requalifier le pacte de responsabilité (voulu et imposé par Bruxelles…) en pacte de responsabilité et de solidarité ne saurait abuser tous ceux qui, à ces élections municipales, ont sanctionné une politique menée à l’encontre des  engagements pris par le candidat Hollande lors de la campagne des présidentielles.

En  choisissant  Manuel Valls comme Premier Ministre François Hollande choisit Jules Moch plutôt que Clémenceau ( comme voudraient nous le faire croire certains éditorialistes parisiens paresseux ou complaisants…) ! La « communication » ne suffira pas pour endormir ceux qui souffrent de la crise générée par le libéralisme mondialisé et ceux qui luttent pour défendre des droits chèrement acquis.

Deux prochains rendez-vous devraient signifier à nouveau le rejet de la poursuite de la politique  d’austérité menée par le tandem Hollande-Valls. Deux cents personnalités ont signé un appel à manifester le 12 avril «contre l’austérité pour l’égalité et le partage des richesses» à l’initiative d’organisations dont le Front de gauche. Enfin, en mai, les prochaines élections européennes confirmeront sans nul doute  le rejet de cette politique de rigueur et d’austérité dictée par Bruxelles.

Faute de jouer vraiment à gauche, François Hollande a pris un premier carton rouge. Sûrement pas le dernier. Valls ou pas !

 

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