YA PLUS DE HARCEL7S DEPUIS QU'ON LEUR A ACHETE DES KALACHNIKOV

« LA SOUFFRANCE SCOLAIRE » Payot, par Emmanuelle PIQUET. Septembre 2014.

 

 

Grâce à un mail, émis et reçu de part et d'autre, j'avais déjà reconnu la tendance culturelle d'Emmanuelle PIQUET. Quand j'ai lu dans la presse quelques lignes relatives à son livre j'ai pensé utile de savoir comment elle justifiait une position résumée par le titre « te laisse pas faire » dans le contexte d'étude de la maltraitance dans laquelle je me trouve.

 

Je n'ai pas été déçu...

 

Mes observations :

 

Sitôt reçu aujourd'hui même, j'ai ouvert le livre à la page « introduction ».

 

Premier paragraphe.

« La majorité des parents seraient épouvantée si des caméras leur transmettaient ce qui se passe, parfois, dans la cour de l'école primaire et du collège en matière de relations. »

On trouve ensuite :

  • « il s'agit là d'une jungle parfois dangereuse... »

  • « Enfants, nous avons pourtant tous été victimes, acteurs ou témoins de cette violence quotidienne... »

  • « ...au cours de nos conférences et formations, les souvenirs reviennent en nombre. Ceux des harcelés, empreints de tristesse et de peur ; ceux des harceleurs, honteux et coupables... »

  • « ..comme si, en serrant les dents et en n'y pensant pas, nous allions aider nos enfants à ne pas être trop blessés dans la cour de récréation. »

  • « ...c'est bien à eux de trouver les ressources qui sont les leurs pour en sortir plus forts... »

  • « Parce que, tout simplement, les apprentissages relationnels faits à l'école sont ceux avec lesquels les enfants vont devoir s'insérer dans leur vie d'adulte. »

  • « ..il s'adresse à ces parents, anciens enfants...en filigrane il s'adresse beaucoup à ces enfants, futurs parents, qui se sentent désarmés et blessés, et qui ne parviennent pas à sortir du cercle vicieux infernal de la violence relationnelle en milieu scolaire. »

 

Le livre refermé j'ai alors remarqué l'illustration de la page de couverture : un corsaire brandissant un sabre d'un air déterminé : « Que personne ne bouge, c'est moi qui décapite ! », ou l'on recommande la transformation du supplicié en bourreau. Belle mentalité !

 

QUELQUES OBSERVATIONS.

 

Il est dit clairement que ce qui se passe dans la cour de récréation est « épouvantable », que c'est « une jungle parfois dangereuse », que « enfants nous avons tous été victimes, acteurs ou témoins de cette violence quotidienne », que les adultes anciens harcelés « sont empreints de tristesse et de peur ». Ce qui amènerait les parents à « serrer les dents et à ne pas y penser » pour aider leurs enfants à « ne pas être trop blessés. »

Il est dit aussi que « c'est bien à eux de trouver les ressources qui sont les leurs pour en sortir plus forts, et que les apprentissages relationnels faits à l'école sont ceux avec lesquels les enfants vont devoir s'insérer dans leur vie d'adulte.

Pour finir l'auteur dit, toujours très clairement, qu'il s'adresse beaucoup à ces enfants « qui se sentent désarmés et blessés et ne parviennent pas à sortir du cercle vicieux infernal de la violence relationnelle en milieu scolaire ».

 

Ce tableau me plongerait dans un profond désespoir si je n'étais déjà informé. Mais cela me donne l'occasion de poser à nouveau quelques questions :

 

Pourquoi des parents, responsables de leurs enfants, les maintiennent-ils dans des structures aussi dangereuses ? En serrant les dents et en n'y pensant pas, comme dit l'auteur ?

 

Comment se fait-il que l'auteur puisse, en même temps, reconnaître que les adultes harcelés dans leur enfance sont encore empreints «de tristesse et de peur » et faire croire que les enfants « trouveront en eux les ressources pour en sortir plus forts ? Pourquoi ne fait-il pas remarquer que les apprentissages relationnels toxiques faits à l'école sront un handicap dans leur vie d'adulte ? Il serait pour le moins normal et utile de relever le danger de ces apprentissages et leurs conséquences.

 

C'est aussi l'occasion de repenser à l'expérience de MILGRAM, qui implique la soumission à l'autorité. Cependant, ici, la chose est bien plus grave puisque ce sont des adultes, parents pour le plus grand nombre qui soumettent à ces conditions des tiers, les enfants, ceux-ci par ailleurs dans l'impossibilité absolue de se défendre seuls ni de comprendre pourquoi ni parents ni enseignants ne leur portent secours, les obligeant au contraire à subir encore et encore...

 

Ce sont ces usages éducatifs culturels qui contribuent à produire 75 % de handicapés psychiques en Europe (selon une étude pilotée en France par le docteur ROBINE à l'INSERM).

Parmi ces 75 %, 30 % sont considérés comme suffisamment atteints pour être dans l'impossibilité de vivre une vie normale. D'autres études confirment cette étude, bravant l'omerta qui règne sur ce sujet. C'est le cas de la « consultation » de l'UNICEF France chez les 6/18 ans qui relève que parmi les enfants et adolescents 36,3 % sont en difficulté psychologique, 28,1 % ont pensé parfois au suicide et 10,8 % sont passés à l'acte.

 

Nous sommes loin des pratiques éducatives qui permettraient aux enfants de vivre une enfance heureuse et ainsi d'arriver à l'âge adulte en bonne santé psychique et affective. Nous nous étonnons (parfois) de l'inexplicable violence d'adultes, parents la plupart du temps, qui martyrisent les enfants et en tuent deux par jour. Si ces tortionnaires avaient eu une enfance heureuse ils n'auraient pas été maltraitants.

 

Cherchons où sont les causes de l'éducation dévoyée que nous pratiquons. Cherchons même les causes des causes, celles qui sont taboues comme le consensus qui classe l'enfance parmi les sujets mineurs et permet, sans soulever un tollé général, de proposer n'importe quoi en matière d'éducation, et comme ici, une école de la violence. Sans jamais accepter de voir qu'il est aberrant de rassembler autant d'enfants aussi longtemps dans un lieu clos, hors la société.

 

 

 

Le 02 janvier 2015

 

 

Raymond SAMUEL

La Charge

26190 LEONCEL

 

Tél. : 0475440620

Courriel : famiresam@orange.fr

 

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