BOTTER EN TOUCHE

J'ai revu et complété le précédent billet intitulé "cachez ces enfants que je ne saurait voir" et l'ai pourvu d'un nouveau titre : Botter en touche...

L'actualité, en effet, rend le sujet plus brûlant encore.



BOTTER EN TOUCHE PLUTÔT QUE DEFENDRE LES ENFANTS. POURQUOI ?

 

LA LUTTE CONTRE LA VIOLENCE FAITE AUX ENFANTS, CE N'EST PAS POUR AUJOURD'HUI... NI POUR DEMAIN.

 

 

Les violences faites aux enfants sont un domaine miné. Il faut savoir rester à la périphérie ou ne s'aventurer dans son champ qu'en respectant les tabous et interdits. Plus que les autres sujets celui-ci est férocement encadré. On verra plus loin pourquoi.

 

Les tabous et interdits qui sont la règle de tout ce qui touche à l'enfance se révèlent absolument infranchissables quand il s'agit de la garde ou scolarisation des nourrissons et jeunes enfants.

Lorsque ce sujet est évoqué la technique employée est toujours la même : Pas d'examen véritablement objectif, on botte en touche !

 

Monsieur Jean-Marc EYRAUD alors Premier ministre n'y avait pas manqué au mois de mars en refusant de choisir la « lutte contre la violence faite aux enfants » comme « grande cause nationale pour l'année 2014 »

 

L'idée que les enfants bénéficient de beaucoup de services, de trop de bienveillance même est assez répandue. La crèche, les garderies, l'école maternelle, les colonies de vacances, les allocations familiales et l'énorme place occupée par le système éducatif sont portés au crédit de l'enfance. Il m'est arrivé de lire dans la presse locale un titre furibard : « Tout pour la petite enfance ! ».

 

En réalité, un glissement sémantique pernicieux et révélateur attribue aux enfants ce qui est destiné à la commodité des parents et du monde adulte en général. A part les allocations familiales rien de ce qui est cité ci-dessus n'apporte de bien-être aux enfants et beaucoup de choses lui nuisent. L'école à une mission utile pour eux, mais l'on ne s'offusque guère de « l'usage » qui est fait des enfants qui deviennent dans la pratique et sous le nom d'élèves de la matière première condamnée à alimenter le système éducatif.

Un certain nombre de parents, cependant, (beaucoup ?), protestent contre la confusion qui est faite entre « éducation » et « instruction » à propos de l'Education nationale. En vain. L'éducation est ainsi réduite (hélas) aux compétences et contraintes de l'école, elle-même aux mains de dirigeants ignorants dans le domaine de la santé mentale, affective et physique de l'enfance, domaine qui n'est d'ailleurs pas dans leur mission. Les parents sont ainsi conduits et encouragés à abandonner leurs responsabilités éducatives.

 

Mais revenons au Premier ministre et à la « Grande Cause Nationale pour l'année 2.014 ». Le choix de la lutte contre les violences faites aux enfants s'imposait ainsi que l'avait bien exposé la demande présentée par l'épidémiologiste Anne TURSZ et le Sénateur André VALLINI. Cette demande exposait en effet le drame insupportable à toute conscience humaine de la mort de deux enfants martyrs PAR JOUR sous les coups d'adultes criminels.

Si cette demande n'a pas été entendue, c'est que des forces importantes, ayant par ailleurs l'oreille du Pouvoir ou bien faisant partie du Pouvoir ou encore en mesure de faire pression sur lui et de surcroît socialement protégées, ont intérêt à ce que les maltraitances à l'égard des enfants ne soient pas mises en évidence.

Ces forces ne se manifestent pas uniquement en France. C'est un phénomène ssez largement occidental. Ce qui a notamment été mis en évidence en Espagne en 2004 par le vote d'une loi sur les violences domestiques qui excluait les enfants de ce champ.

Quelles sont ces forces qui sacrifient les enfants et en regard, quelle est la puissance de celles qui militent et luttent pour instaurer leur respect ? Il est évidemment essentiel de bien répondre à cette question.

 

Pour avoir une meilleure connaissance de la puissance et de la localisation des défenseurs de l'enfance j'ai relu plusieurs ouvrages écrits par des spécialistes éminents choisis parmi les auteurs les plus représentatifs parmi ces défenseurs.

 

  • Premier ouvrage :

    « L'école à deux ans, est-ce bon pour l'enfant ? » (Odile Jacob 2006). Ouvrage collectif dont Claire BRISSET, Alain BENTOLILA, Hubert MONTAGNER, Bernard GOLSE.

 

  • Deuxième ouvrage :

    « Les oubliés » (Seuil – 2010). Auteur : Anne TURSZ.

 

  • 3ème ouvrage :

    « Poser des limites à son enfant » (Jouvence - 2004). Auteur : Catherine DUMONTEIL-KREMER.

 

  • 4ème ouvrage :

    « Pour une enfance heureuse » (Robert Laffont – 2014) Auteur : Catherine GUEGEN.

     

  • 5ème ouvrage :

« Accueillir » (Erès – 2013) ouvrage collectif – auteur retenu : Sylviane GIAMPINO.

 

Parmi ces livres, j'ai choisi les appréciations et propositions qui me semblaient le mieux possible permettre d'apprécier la volonté des auteurs à lutter contre la maltraitance.

Voici ces appréciations, propositions et les brefs commentaires que j'ai cru pouvoir faire :

 

- ClAIRE BRISSET : « chacun s'accorde à dire que les crèches, jardins d'enfants, classes passerelles etc...correspondent très exactement aux besoins. ».

Mon observation : « On ne peut mieux botter en touche ; circulez il n'y a rien à voir... ».

 

- Alain BENTOLILA : « ...il est vain de regretter l'heureux temps où tous les petits enfants bénéficiaient plus longtemps de la chaleur du foyer familial... » et « ...la seule question qui mérite d'être posée est : comment assurer, à un moment crucial de développement d'un enfant, une qualité d'accueil et d'accompagnement qui lui donne les meilleures chances d'épanouissement. ».

Mon observation : « Selon l'auteur la seule question légitime c'est : « comment améliorer les modes de garde ». Il n'est donc pas question pour lui de juger les systèmes de garde, améliorés ou non, pour savoir s'il sont compatibles avec les besoins fondamentaux de l'enfant (que l'auteur signale pourtant fort justement comme primordiaux à cet âge). Par ailleurs, il avoue qu'autrefois les enfants bénéficiaient d'un temps heureux mais il refuse de s'intéresser aux conséquences de la disparition de ce temps. Tant pis pour les enfants, les adultes d'abord...

 

- Hubert MONTAGNER : « ...il ne s'agit pourtant pas d'utiliser ce débat pour réactiver la nostalgie des mères au foyer et pour les culpabiliser de leur activité professionnelle, qui constitue une évidente conquête de la modernité... »

Mon observation : Ici encore, priorité à l'adulte. Les enfants ne sont pas pris en ligne de compte. 

 

- Bernard GOLSE regrette que : « ...le travail des femmes ne soit toujours pas profondément intégré par notre société qui se serait, sinon, donné les moyens d'offrir aux jeunes enfants des lieux d'accueil de qualité, permettant aux mères de travailler en toute sécurité d'esprit. »

Mon observation : Il n'y a pas d'examen de la validité des modes de garde par des tiers. Le droit prioritaire des mères à travailler invalide la sollicitude pour les enfants et la responsabilité parentale. 

 

- Anne TURSZ : « Mais la maltraitance est un drame qui perdurera tant qu'on ne se sera pas attaqué à ses racines profondes. Or, on l'a vu à propos des visites à domicile auprès des futurs parents, il existe des mesures préventives efficaces » et « ...les moyens financiers nécessaires pour mettre en œuvre les stratégies de prévention qui permettent de repérer ces parents vulnérables susceptibles de devenir maltraitants. »

Mon observation : On remarquera que la prévention est réduite à la seule démarche de repérage des parents susceptibles d'être maltraitants. L'auteur ne demande pas avec la vigueur que pourrait faire espérer ses compétences, ses fonctions et son livre, d'engager l'action vers l'étude de ces « causes profondes » pourtant citées, sans, toutefois, être décrites. 

 

- Catherine DUMONTEIL-KREMER : « ...il nous faut réfléchir à une autre manière de communiquer avec nos enfants... »

Mon observation : Oui, bien sûr, mais en l'état c'est un vœux pieux. Une meilleure attitude avec nos enfants, communiquer autrement avec eux, cela ne peut résulter que de la connaissance et du traitement des causes profondes qui l'interdisent. Il faut connaître ces causes.

 

  • Catherine GUEGEN : « ...dans les structures d'accueil des petits la formation et le nombre d'intervenants devraient être réévalués... » et « ...promouvoir la parentalité positive, apprendre, cultiver l'échange empathique à l'école, en famille, serait bénéfique... ».

    Mon observation : Les outils scientifiques que nous offre Catherine GUEGUEN avec son livre sont tout à fait exceptionnels et essentiels. Ils manquaient cruellement jusqu'à aujourd'hui. Nous pouvons saluer avec enthousiasme cette avancée spectaculaire. Aussi, quelle déception de voir que les solutions proposées ne sont là aussi que des vœux pieux ! L'Everest a accouché d'une musaraigne.

 

- Sylviane GIAMPINO : « ...l'expérience des différents modes d'accueil et le point des recherches actuelles montrent bien qu'il n'y a pas de bon ou de mauvais modes de garde en soi... » et « ...le mode d'accueil devient un véritable outil de prévention des troubles psychologiques. »

Mon observation : Selon l'auteur les système de garde réduiraient le nombre des troubles psychologiques. A n'en pas douter, les troubles visés sont ceux que les mères auraient si l'institution ne les délivrait pas de leurs enfants. C'est encore une attaque contre la fonction parentale avec interdiction de s'intéresser aux troubles provoqués chez les enfants par la séparation trop précoce et la garde par des tiers. La priorité des adultes sur les enfants est encore une fois affirmée.

 

Il est terrorisant de voir que des spécialistes de l'enfance qui sont presque tous parmi les plus favorables aux enfants et à la lutte contre les maltraitances bottent aussi en touche, refusant de faire la lumière sur les conditions dans lesquelles vivent maintenant les très jeunes enfants, qui sont mis en collectivité dès le berceau, et sur les conséquences des conditions qui leur sont ainsi imposées.

Tous les auteurs ci-dessus, pourtant, savent que pour l'essentiel, les maladie mentales, les troubles psychologiques, les difficultés comportementales etc. qui affectent les enfants, les adolescents et les adultes ont leur origine dans la petite enfance (à part, évidemment, les maladies congénitales).

Comment est-il possible que l'ensemble de la communauté nationale se refuse obstinément à investiguer honnêtement dans tout le parcours imposé aux nourrissons et jeunes enfants ? Pourquoi refuse-t-on de voir l'inadaptation de ce parcours aux besoins manifestes des enfants  (qui sont de mieux en mieux connus) ? Pourquoi ne dénonce-t-on pas les mauvais traitements, les maltraitances ? Pourquoi respecte-t-on l'omerta qui règne sur la relation de cause à effet entre ce parcours et les troubles mentaux et comportementaux ultérieurs et sur les conséquences qui en résultent pour la santé publique ? Qui bloque la connaissance, sélectionne les informations, répand des mensonges, inhibe les spécialistes que l'on voit, comme indiqué ci-dessus, offrir préventivement et avec empressement, des gages de leur allégeance au féminisme (sans jamais signaler que hors la grossesse et l'allaitement naturel le père est maintenant aussi qualifié que la mère pour s'occuper de l'enfant du couple) comme si ils craignaient des représailles ?

Voila qui fait penser à un certain terrorisme. Dans ce cas il y aurait donc des sortes de terroristes ? Qui sont-ils ? s'agit-il d'une idéologie menaçante, dominante et protégée ?

 

IL FAUT ABATTRE LE MUR DU SILENCE (comme le disait déjà cette très grande Dame qu'était Alice MILLER).

 

Il est urgent de dire au grand jour ce que certains (sans doute) murmurent sous le manteau :

 

Ce terrorisme c'est le FEMINISME RADICAL. Les terroristes ce sont celles et ceux qui représentent aujourd'hui ce mouvement à caractère nettement totalitaire ou qui le soutiennent inconditionnellement.

 

POURQUOI LE FEMINISME FONDEMENTALISTE BLOQUE-T-IL LA RECHERCHE DES CAUSES DE LA MALTRAITANCE DES ENFANTS ?

 

Parce que cette recherche conduirait obligatoirement à mettre en évidence le fait que les « conquêtes féminines » acquises ou revendiquées sont en général en contradiction avec les besoins des enfants. Par exemple, apporter la preuve que la mise en collectivité des nourrissons et jeunes enfants porte atteinte à leur construction psychique et affective serait faire échec à la « libération de la femme », conduirait à accepter son « aliénation » dans le maternage, l'éducation et les tâches ménagères, toutes choses déclarées préalablement viles (le père, pourtant maintenant aussi compétent -ou plutôt pas moins incompétent- que la mère est toujours largement disqualifié).

 

Le féminisme a donc énoncé et fait accepter un certain nombre d'idées et lancé des slogans propres à accompagner son offensive tels que : « vôtre enfant ne sera pas socialisé si vous ne le mettez pas en collectivité dès le berceau, et en plus il ne sera pas prêt à aller en maternelle si vous ne l'habituez pas très tôt à la crèche ».

Pendant des décennies des spécialistes de l'enfance d'obédience féministe l'ont répété par tous les moyens, investissant les médias et particulièrement la presse féminine, occupant les postes-clé, faisant des conférences et des stages (j'ai assisté à l'un de ces stages). Le fondement de l'argumentation déployée étant que si l'enfant n'acceptait pas la collectivité c'était parce que la mère n'était pas zen ! Et de préconiser (toujours aux mères, le père n'était jamais cité) de laisser leurs enfants dans la joie et la bonne humeur. Ainsi, l'enfant serait immanquablement ravi !

On retrouve cette propagande jusque dans les cours de formation des élèves éducatrices de jeunes enfants (rien n'a été laissé au hasard).

 

Le féminisme fondementaliste a l'apparence d'une religion puisqu'il est interdit d'en faire la critique comme cela est généralement le cas pour les religions. Pouvoir lui-même, porté par le Pouvoir central, implanté dans tous le postes clé, le féminisme peut pratiquer librement un large contrôle social.

 

Il est utile de lire et d'écouter la plus activiste des féministes pures et dures du moment, Madame VALLAUD-BELKACEM ministre des Droits des Femmes. Le discours qu'elle a prononcé le 14.06.13 lors du colloque organisé au Sénat à l'initiative de Anne TURSZ et du Sénateur André VALLINI est un bon exemple.

Ce colloque était destiné à lancer la lutte contre les violences faites aux enfants, comme je l'ai dit au début de ce billet..

Au cours de ce discours jamais Mme VALLAUD-BELKACEM n'a traité de la maltraitance des enfants. Elle a utilisé la tribune offerte pour dénoncer uniquement les violences faites aux femmes (ce que je ne lui reprocherais pas en d'autres circonstances) et affirmé que la maltraitance des enfants était exclusivement la conséquence de la violence faite aux mères (par les pères évidemment). Pour notre ministre, les violences intra-familiales ne peuvent être que celles des hommes sur les femmes, celles subies par les enfants ne pouvant être qu'un ricochet de ces dernières. Le seul coupable, c'est l'homme (ce sur quoi l'expérience, le bon sens et les statistiques non truquées -dont l'une au moins de celles de l'O.M.S.- ne sont pas d'accord).

 

Lors de ce même colloque, Madame BERTINOTTI, autre féministe pure et dure, alors ministre de la famille (!) a, elle aussi, prononcé un discours. Au cours de cette intervention elle a utilisé une manœuvre qui passe généralement inaperçue et qui consiste à réserver le mot de maltraitance aux cas de violence grave tels que ceux susceptibles de donner la mort. Toute la gamme des maltraitances/violences subies par les enfants mais s'intégrant dans notre culture et nos usages (comme les premiers de tous : le sevrage forcé à la fin du congé de maternité, le réveil également forcé pour le transport vers le lieu de garde, les traumatismes dus à la séparation et aux diverses ruptures, la chambre séparée, les confrontations et toutes les petites et grandes violences habituelles qui résultent de l'indisponibilité des parents, de l'ignorance, de la désinformation etc.), a été soigneusement passée sous silence. La manœuvre étant d'empêcher préventivement d'inclure dans le projet de lutte contre les violences l'examen des mauvais traitements ordinaires, culturels, institutionnels, organisationnels ou traditionnels, ceux que subissent plus ou moins tous les enfants et qui risquaient, s'ils étaient pris en compte, de conduire à la mise en cause, là aussi, des « conquêtes féminines ».

 

Madame BERTINOTTI avait prononcé un autre discours au Sénat à l'occasion des débats sur le projet de loi autorisant le mariage de personnes du même sexe. Elle avait alors affirmé que la famille « restait le lieu de la sécurité et de la protection pour les enfants, et elle s'était appuyée, pour cette affirmation, sur le fait que « un enfant sur quatre ne vivait pas avec ses deux parents, un sur cinq dans une famille monoparentale et un sur neuf dans une famille recomposée » ! Selon elle, être orphelin (ou demi orphelin) est un gage de « sécurité et de protection » ! Madame BERTINOTTI a eu le front de transformer la souffrance des enfants lors de la dislocation des familles en un sentiment de sécurité et de protection ! Pour affirmer de telles impossibilités il faut se sentir solidement soutenu et avoir le pouvoir d'imposer un point de vue normalement indéfendable. C'est bien évidemment là une position extrémiste. Mais cet extrémisme est devenu la norme et un consensus national (et international) oblige à l'accepter comme telle. Il en résulte que, placé en regard de cet extrémisme (qui s'ignore) c'est le contradicteur honnête signalant exactement les faits (ainsi en contradiction avec la norme) qui est appelé extrémiste !

 

L'offensive féministe radicale actuelle apparaît comme étant une résurgence de la violence manifestée par les pionnières au moment de la création du MLF, violence largement amplifiée nous dit un témoin privilégié de l'époque, par les lesbiennes.

Ce témoin c'est Evelyne SULLEROT qui a été l'une des principales protagonistes dès la décennie 1950. Elle a été, notamment, co-créatrice du Planning familial. Elle nous livre un témoignage de première main pour nous permettre de reconnaître cette filiation entre la violence du mouvement féministe de l'époque et la violence destructrice des féministes radicales d'aujourd'hui. Elle écrit en effet dans son ouvrage « Pilule, Sexe, ADN » :

  • « ...les lesbiennes encouragèrent de toutes leurs forces la naissance d'un monde féminin déculpabilisé, ardent, fortement narcissique, avec mères omnipotentes, les hommes étant exclus du domaine de l'amour et de celui de la famille... »

  • « ...elles construiraient une famille conforme à leur désir et à leur convenance, sans hommes, sans pères. Des enfants il n'était plus du tout question. »

  • « ...je n'ai pas supporté ce dérapage vers la guerre des sexes entraînant la négation du couple parental et l'élimination des pères. ».

 

Voila qui éclaire les discours des ministres féministes d'aujourd'hui et voilà la partie visible du mur gigantesque sur lequel se brise le moindre projet de lutte contre les traitements inadaptés, les mauvais traitements et les maltraitances graves que subissent les enfants, à demi orphelins pour presque la moitié, après un demi-siècle environ de bouleversements sociaux et de domination de l'idéologie féministe radicale. L'évocation même de ces catastrophes est prohibée.

La société dans son ensemble (comme les auteurs cités ci-dessus) a abandonné les enfants afin de ne pas entrer en lutte contre ce féminisme radical.

Il semble bien que l'homme, comme les mâles de toutes les espèces animales, ne soit pas fait, congénitalement, pour combattre des femmes même quand celles-ci se déclarent ennemies. Il est temps cependant de prendre conscience que ce rôle du mâle est défini par nature au profit du couple mère-enfant. Protéger la mère c'est (cela devrait être) protéger l'enfant. Mais depuis que le couple mère-enfant est gravement disjoint et que la mère est tenue de refuser la protection du père l'enfant est doublement en carence de protection, la construction familiale étant détruite.

 

La violence ordinaire, celle qui est déniée, sert de socle à la violence reconnue comme maltraitance grave. La responsabilité de cette maltraitance déniée est pleine et entière face aux 730 enfants-martyrs environ (le nombre exact n'est même pas connu) qui meurent chaque année sous les coups d'adultes criminels parce que déshumanisés (presque toujours par les violences qu'ils ont eux-mêmes subis dans leu enfance). Un certain nombre de ces enfants-martyrs meurt dans des conditions atroces voisines de celles exercées par le gang dit « des barbares » si médiatisé. Seuls quelques cas sont retenus par les médias, les autres se produisent dans l'ignorance générale.

 

L'OMS estime que 10 % des enfants européens sont maltraités. C'est un nombre élevé. Cependant il est certain que beaucoup de nuisances plus ou moins graves, qui devraient être appelées des maltraitances n'ont pas été retenues. C'est le cas notamment des souffrances éprouvées à l'école où 40 % des élèves iraient la peur au ventre d'après une étude récente (jamais citée bien entendu) en raison du mode de vie incompatible avec les besoins de l'enfance qui est induite par cette école (qui provoque plusieurs suicides par an). C'est aussi le cas, bien sûr, du parcours imposé à quasi tous les nourrissons et jeunes enfants de zéro à sept ans, sujet principal du présent billet et brièvement évoqué ci-dessus. Ces nuisances devraient être l'objet principal d'études scientifiques. Ce n'est pas le cas.

 

Des études se pratiquent sur les adultes (c'est à dire trop tard). Je cite une étude au niveau européen (pilotée en France par le docteur ROBINE) qui a fait l'objet d'un article du magazine Science et Vie. L'étude a permis de fixer à 30 % environ le nombre des adultes qui seraient atteints de troubles susceptibles d'altérer sérieusement la qualité de leur vie. La même étude estime que si l'on prend en compte les troubles plus léger, c'est 75 % des Européens qui vivent avec des troubles psychiques.

Il n'est plus douteux depuis longtemps que les troubles comportementaux des adultes proviennent très majoritairement des épreuves qu'ils ont subis dans leur petite enfance. Cette estimation à 75 % nous donne donc une bonne indication du nombre d'enfants dont la formation et le développement ont été (plus ou moins gravement) altérés par leur éducation. Ce qui n'est pas pour étonner quand on a enfin compris que depuis plusieurs décennies nous faisons suivre un parcours gravement pathologique à nos enfants dès le berceau (dès la conception même dans de nombreux cas).

 

Comment expliquer cette incroyable contradiction entre les réalités défendues officiellement, par le politiquement correct, et la réalité du terrain ?

 

C'est que l'homme n'est pas « le seul animal raisonnable » ainsi qu'il a été dit et admis. Au contraire, l'espèce humaine se distingue par sa déraison. L'homme est le seul animal qui tue sur ordre, boit sans soif et maltraite ses petits. Au nom d'idéologies la plupart du temps.

 

Faut-il désespérer ?

 

La question est posée : est-il possible qu'un courant nouveau se lève avec assez de puissance pour ramener la pensée humaine vers les fondamentaux, les bases qui régissent la vie et la perpétuation de la vie ?

Saurons-nous protéger les enfants des idéologies délirantes, des dérives que produit un encéphale prodigieusement productif mais capable du pire comme du meilleur ?

 

Parce que nous n'avons pas de tâche plus importante et plus urgente à mettre en chantier que celle qui consiste à élever une génération d'enfant heureux. Les enfants heureux pendant toute leur enfance ne deviennent pas des parents maltraitants. En prime, ces enfants sont en bonne santé psychique, affective et physique. Ils ne se retrouveraient plus en grand nombre, devenus adolescents et adultes, dans les misions locales, les hôpitaux, les prisons etc. comme c'est le cas aujourd'hui, comme c'était (un peu moins) le cas hier et comme cela le sera (un peu plus) demain si les mentalités dominantes actuelles se propagent encore.

Cette situation peut être illustrée par le tonneau des Danaïdes, ces personnages de la mythologie condamnés à remplir un tonneau sans fond.

Mettons plutôt un fond au tonneau.

Les membres d'une génération nouvelle élevés sans violences seraient le résultat. Ils seraient créatifs, productifs, en mesure de prendre de bonnes décisions et de constituer des communautés efficaces. Contrairement aux membres des générations actuelles ils seraient en capacité d'être heureux en famille et dans la société.

 

Quelle que soit l'entrée à partir de laquelle nous cherchons à comprendre l'origine des dysfonctionnements des individus et, partant, de la société, nous sommes ramenés immanquablement vers les six à sept premières années de la vie, et principalement vers les trois premières.

 

Lisons encore Evelyne SULLEROT : « Il faut s'attendre à ce que les coutumes et les croyances que, désormais, la connaissance scientifique contredit soient, tôt ou tard, frappées de nullité. ».

Puisse-t-elle dire vrai (et à condition que ce ne soit pas déjà trop tard).

 

 

LEONCEL le 28 mai 2014 (révisé le 30.08.14).

Raymond SAMUEL
La Charge

26190 LEONCEL

 

Tél. : 0475440620

Courriel : famiresam@orange.fr

 

N.B. L'annexe ci-dessous est un exemple pris parmi une littérature scientifique habituellement boycottée (pour les raisons exposées ci-dessus).

 

«  Les traumatismes de l’enfance affectent les gènes et le cerveau – l'importance des soins maternels »

 

Par Catherine Crépeau </edimestre/e/296> , édimestre , Montréal,

Canada

 

Les résultats de l'étude confirment les observations effectuées sur des

rats, selon lesquelles les soins maternels jouent un rôle significatif

sur les gènes qui contrôlent la réponse au stress.

 

Les soins maternels agissent sur le fonctionnement de l'axe

hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HHS) chez le rat, par la

programmation épigénétique de certains récepteurs dans le cerveau. Chez

l'enfant humain, les mauvais traitements altèrent les réponses au stress

modulées par l'axe HHS et augmentent le risque de suicide.

 

Dans des études antérieures effectuées sur des rats, les chercheurs ont

démontré que des comportements maternels simples - comme le fait de

lécher ses petits - pendant la petite enfance ont un effet important sur

les gènes et le comportement, et que cet effet est permanent. Ces effets

sur l'expression des gènes et les réactions au stress peuvent toutefois

être inversés chez l'adulte par des traitements connus pour influencer

le marquage épigénétique.

 

Les échantillons de cerveaux utilisés dans le cadre de la dernière étude

provenaient de la Banque de cerveaux des suicides du Québec, qui est

administrée par le docteur Turecki de l'Institut universitaire en santé

mentale de l'Hôpital Douglas. Cette banque a été fondée par le Groupe

McGill d'études sur le suicide (GMES), grâce à l'appui du Bureau du

coroner du Québec, pour promouvoir les études sur le suicide.

 

N.B. Autre lecture conseillée : « Pour une enfance heureuse » de Catherine GUEGUEN.

 

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