DU CHAT A L'ENFANT - un peu d'ethologie.

BOSSUET : "Dieu se rit de ceux qui déplorent les effets alors qu'ils en chérissent les causes." Et, les mêmes causes produisent les mêmes effets.

DU CHAT A L'ENFANT.
UN PEU D'ETHOLOGIE.

 

Au retour de la ville, comme d'habitude, le chat adopté au début de l'hiver  est venu près de nous très gentiment pour recevoir un petit câlin.
Le câlin donné, voila que le chat est surpris par l'arrivée de son ex maître, notre ex voisin qui fait aujourd'hui sa visite bi-mensuelle à sa maison vide.
Qu'a fait le chat à la vue de son ex maître ? Il a fuit immédiatement vers notre grange pour se réfugier dans la niche aménagée pour lui.

L'affaire vaut bien un certain développement. Que voici :

Nous connaissions ce chat depuis plusieurs années, depuis que la fille de notre voisin le lui a apporté.
Pendant ces quelques années de voisinage avec ce chat, nous avions pu constater son agressivité, sa susceptibilité, son manque de sociabilité. Notamment, une tentative de caresse de notre part s'était soldée par une morsure de mollet !

La fuite du chat aujourd'hui  dénote évidemment la peur que lui inspire son ex maître. Nous pouvons comprendre  la cause de cette peur, notamment grâce à une conversation au cours de laquelle ledit voisin nous avait recommandé de chasser son chat à coups de pied, comme il le faisait lui-même. Il semblait tout fier de montrer qu'il ne s'en laissait pas conter par un chat…
Par ailleurs, il ne séjournait qu'une partie de la semaine dans sa maison et s'absentait parfois une dizaine de jours, laissant ce chat seul.

Ces conditions étaient certainement une partie de l'explication, mais il nous semblait que le manque d'humanité du voisin à l'égard de ce chat n'était pas la cause principale de la violence et de l'hostilité récurrente pour l'espèce humaine, que nous avions constatée chez ce chat, que nous avions baptisé Hermann, et que nous aurions pu appeler aussi Adolf.
Cela ne faisait pas de doute pour nous que ce chat, qui provenait d'un refuge pour animaux abandonnés, avait été longtemps maltraité, et sans doute dès son plus jeune age.
Comme pour certains humains, son comportement pouvait être qualifié de « caractériel », selon le sens qui a été attribué autrefois à ce mot.

Nous pouvons comparer ce chat maltraité à un autre traité avec respect. Nous avons en effet à la maison depuis onze ans, une chatte que nous avons câlinée dès son sevrage et que nous avons considérée comme étant presque membre de la famille.
Avec elle nous avons une relation très profonde et surtout pleinement confiantes. Nous avons de véritables « conversations », réduites bien sur mais bien réelles, grâce à l'expression corporelle de part et d'autre, et un certain nombre de paroles qu'elle comprend. Sans parler des rituels.
Nous échangeons beaucoup par le regard, surtout le sien, merveilleusement expressif. On lit dans ses yeux les mémes sentiments que ceux que ressentent les humains : l'amour (elle nous aime et nous le fait savoir), la crainte (quand elle se demande si elle ne va pas essuyer un refus en demandant des croquettes). Elle nous fixe sans ciller quand elle veut sortir (ou bien miaule sur un ton particulier). Elle m'attends au bas de l'escalier chaque matin, sauf quand elle vient me chercher dans mon lit en me donnant à la foi des caresses interrompues et des coups de tête : « allez, allez, c'est l'heure de se lever ! » Si je ne bouge pas elle s'installe et attend mon bon vouloir...

QUAND ANIMAUX ET HUMAINS SE RENCONTRENT.

Nous avons d'autant plus attaché d'importance à la pathologie du chat baptisé « Hermann » que les attitudes induites par cette pathologie sont très proches de celles qu'on observe chez les enfants en grand déficit de présence et d'attentions parentales. Les mêmes causes produisent les mêmes effets chez les animaux de compagnie, chats et chiens, que chez les enfants, des comparaisons comme celles que nous faisons ici entre ces deux chats peuvent être faites chez les enfants.
On peut citer les harceleurs et aussi les harcelés dans les écoles. Ce sont toujours des enfants qui ont souffert de carences affective, de maltraitance, au moins pendant leur petite enfance.

Ce qui est très grave, c'est que lorsqu'un vétérinaire signale que deux fois sur trois au moins les dysfonctionnements comportementaux des animaux sont dus à un sevrage trop précoce, tout le monde prend acte, alors que, si l'on se risque à dire que la séparation prématurée des nourrissons humains d'avec leur milieu familial habituel produit ces mêmes dysfonctionnements comportementaux on n'obtient qu'un silence glacial. Lorsqu'on a une réponse, c'est toujours celle-ci : « Mais vous voulez donc ramener les femmes à la maison ! ».
Dans ce cas,  évoquer l’intérêt de l'enfant n'est même pas possible.

Hermann va beaucoup mieux. La constance des bons soins reçus par les mêmes personnes lui on redonné une certaine confiance dans certains humains, mais Il nous a montré aujourd'hui ce que nous savions déjà : la guérison complète n'existe pas.

 

LEONCEL le 9 mars 2018

Raymond SAMUEL
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